RETOUR EN ALGERIE – BACK TO ALGERIA

Alger, 31 mars 2019 – Algiers, march 31st 2019

Retour en Algérie, sur la terre de mes ancêtres où j’ai vu le jour voilà déjà si longtemps…

J’ai choisi de faire cette traversée par bateau, sur la compagnie Algérie Ferries en compagnie d’un de mes fils, Antoine, et d’Edouard, un ami né également en Algérie. Le voyage est prévu du dimanche 31 mars au vendredi 12 avril. A bord, nous retrouvons un ami de mon fils, Abdel, qui se rend aussi en Algérie.

Nous sommes partis de Marseille vers midi, sous un ciel bleu et froid.

Back to Algeria, on the land of my ancestors where I was born a so long time ago …

I choosed to make the crossing by boat, on the company Algeria Ferries with one of my sons, Antoine, and a friend, Edouard, also born in Algeria. The trip is scheduled from Sunday, March 31st to Friday, April 12. On the boat we find a friend of my son, Abdel, who also makes this trip.

We left Marseille towards noon, under a blue and cold sky.

IMG_9918.JPG

Vers minuit, le navire est passé entre les îles Baléares de Majorque et Minorque, sans que je puisse observer, caché par la côte, le port de Port Mahon d’où certains de mes ancêtres sont partis bien avant les années 1858. Sans le vouloir, je prends la route de leur exil, comme pour remonter le temps afin de mieux comprendre ce qu’a pu être leur vie.

Mais je veux aussi tout savoir de cette Algérie qui s’éveille depuis quelques semaines à un vent de liberté.

Le commandant nous a permis pendant la traversée d’entrer dans le poste de pilotage. Magnifique paysage où je peux observer la puissance du navire, la beauté de la mer. J’imagine aussi ce qu’a pu représenter ce voyage pour mes ancêtres, partagés entre la douleur de leur exil et l’espérance d’une vie nouvelle. Car tout au long du dix-neuvième siècle, de nombreux habitants de l’île de Minorque, appelés aussi Minorquins ou Mahonnais ont été chassés de leur pays par la misère.

Au petit matin, Alger s’offre à nous dans toute sa beauté resplendissante, avec un vent frais et des nuages qui obscurcissent ce paysage saisissant de beauté. J’aime profondément ma ville natale.

Around midnight, the ship passed between the Balearic Islands of Mallorca and Menorca, without me being able to observe, hidden by the coast, the port of Port Mahon from where some of my ancestors left well before 1858.

But I also want to know everything about Algeria, which has been awakening for a few weeks to a wind of freedom.

The captain allowed us during the crossing to enter the cockpit. Beautiful landscape where I can observe the power of the ship, the beauty of the sea. I also imagine what could represent this trip for my ancestors, shared between the pain of their exile and the hope of a new life . For throughout the nineteenth century, many inhabitants of the island of Menorca, also called Minorquins or Mahonnais were driven out of their country by misery.

In the early morning, Algiers offers itself to us in all its resplendent splendor, with a fresh wind and clouds which darken this striking landscape of beauty. I deeply love this city.

IMG_0269.JPG

Gilbert Sanslaville

NOSTALGIE DU TEMPS QUI PASSE

FB_IMG_1528241582007
Nostalgie du temps qui passe, file, s’enfuit et me laisse pantois ; comme j’aime ces moments qui deviennent alors une éternité, là où le bleu du ciel l’emporte sur toute autre considération.
Grain de poussière que nous sommes dans l’infini espace, que restera t’il de nous quand les flots du temps se creuseront en se fracassant sur le rivage, là où, jeunes gens, nous courrions, sandales à la main, insouciants, le cœur ouvert sur la vie, si éloignés de cette vieillesse encore lointaine mais déjà prête à nous dévorer…
Gilbert Sanslaville 桑吉伯

Miyajima, Japon

Étonnant pays que TAIWAN

17 mai 2018

今天早上在大安站 Ce matin à la station Da An, j’ai rencontré une situation qui serait quasiment impossible de trouver en France et que je n’ai d’ailleurs jamais vue jusqu’à ce jour, sauf aujourd’hui à Taïpei.

J’attends le métro pour me rendre à la station Dongmen, rangé sagement à l’emplacement réservé pour monter dans la rame, quand je vois apparaître ce que je pense être une employée du métro et qui, elle, se pose là où justement il ne faut pas se mettre, à l’emplacement réservé pour les sorties de rame. Grand étonnement de ma part car les taïwanais sont très disciplinés comme je le constate tous les jours.
Mais très vite je comprends car, dès que le métro s’immobilise, elle entre et prend en charge une personne en fauteuil roulant qui l’attend.

Mais l’histoire n’est pas finie. Je rentre dans la rame, m’assieds sur un siège, quand brusquement des voix s’élèvent, mon voisin se redresse et se lève, d’autres personnes s’animent, tout converge vers un vieux monsieur qui se trouve sur le quai et hésite à monter. Manifestement, ce monsieur n’est pas très sûr que cette ligne de métro soit la ligne qu’il doit emprunter. On le conseille à force d’arguments et je comprends qu’on lui indique la ligne précise qu’il doit prendre. Tout cela dans une grande bienveillance à son égard.

Jamais, au grand jamais je n’ai rencontré une telle situation en France. Un grand nombre de nos concitoyens, et aussi l’administration du métro parisien, devraient venir à Taïwan pour se rendre compte de ces comportements très civiques et de l’organisation remarquable du transport en commun qui existe ici.

dav

Mais ma journée d’étonnement n’était pas finie. Ce soir, après avoir quitté l’université, je me suis promené avant de prendre le métro à la station Guting. J’ai découvert un nouveau quartier tout proche, et pris un jus d’orange au Mos Burger. Très vite on m’a demandé ma nationalité, une dame s’est enquis de mes conditions d’existence, m’a offert des frites et s’en est allée.

Cerise sur le gâteau, en arrivant à ma station Xinhai, il est alors un peu plus de 19 heures, en sortant de la rame je remarque une dame de nettoyage laver, gratter le sol pour lui rendre sa propreté.

Pays étonnant que Taïwan où le sens de l’hospitalité n’est pas un vain mot. C’est de plus un pays où collectivement les gens croient en leur avenir, en l’avenir de leur futur, à la grande différence de la France où depuis longtemps le pays a abandonné toute ambition collective.

Gilbert Sanslaville

LOVE BETWEEN GENERATIONS – L’AMOUR ENTRE GENERATIONS

17 avril 2018

Les galets roulent, ils s’entrechoquent dans le lit de la rivière, emportés par le flot tumultueux du courant, musique joyeuse et lumineuse sous ce ciel de printemps que le soleil réchauffe après les frimas de l’hiver ; semblables pour moi à tous ces mots qui se cherchent dans une course éperdue pour trouver le ton juste, l’émotion peut-être éphémère, mais authentique quand brusquement le temps semble s’arrêter, gouttes de rosée du petit matin, avant de basculer sur ces nouvelles petites feuilles qui s’ouvrent à la vie, à l’image d’une journée nouvelle où rien n’est écrit…

Koya San.JPG

Photo d’une maman et de son bébé, Koya-San en juillet 2017

Tout cela évoque pour moi un récit que j’ai lu autrefois sur une tradition du Japon. Mais peut-être n’est ce qu’une fable. Autrefois, disais-je, les japonais allaient chercher dans l’estuaire des rivières et des fleuves des galets, pas encore bien arrondis et polis par l’eau. Ils remontaient ensuite le cours d’eau qui les avaient transportés et les remettaient à l’eau pour que l’usure du temps, de la course folle de la vie, les ramènent à la mer afin que leurs decendants puissent les ramasser, juste avant qu’ils ne basculent dans les profondeurs de celle-ci, bien ronds, bien polis afin d’agrémenter leurs jardins, comme une marque d’amour dans la ronde infinie des générations…

Gilbert Sanslaville

HAPPY DAY IN TAMSUI – JOUR TRANQUILLE A TAMSUI

Tamsui, 7 avril 2018

Pluie matinale qui habille de sa fraîcheur le gris du ciel et du coeur. Vivre loin de son pays n’est pas toujours une chose facile, et pourtant c’est aussi une chance de découvrir une nouvelle façon de penser le monde, dans les rapports sociaux, humains, près d’une nature toujours omniprésente. Combien d’arbres ai-je pu ici côtoyer, tout comme au Japon d’ailleurs, abîmés par le temps, par l’âge, les attaques de la vie, mais soutenus par des poteaux, des câbles, restés debout grâce à la main de l’homme, et cela en est d’un spectacle totalement banal, habituel. Je ne m’étonne plus de voir ici cette osmose entre les êtres humains et la nature à laquelle nous appartenons et que nous oublions si souvent.

La fatigue du travail à la maison pendant cette semaine de vacances où l’université est fermée commence à me peser, ce matin je n’ai pas mis les pieds dehors, excepté sur mon balcon pour étendre le linge, et c’est en début d’après-midi que je décide de prendre le métro pour me rendre à Tamsui, à une demi-heure de Taïpei.

IMG_1466

C’était au 19ème siècle un port important qui, par la suite, a été détrôné par Keelung. Et pourtant, le passé y a laissé son empreinte avec les vagues d’occupations successives d’Espagnols, de Hollandais, de Japonais, et on retrouve cela aussi dans l’architecture. C’était pour moi une première visite, je n’ai pas tout vu, je n’ai d’ailleurs pas cherché à tout voir ; je voulais simplement aujourd’hui ressentir l’atmosphère de cette côte, d’une ville dont je vois tous les jours le nom dans le métro et dont on m’a dit que c’est un incontournable. Il y a aussi une autre raison plus personnelle, c’est que nous sommes au bord de la mer, face la Chine, et respirer les embruns marins, sentir l’air iodé dans les poumons me ravit toujours ; c’est une sorte de retour à l’enfance pour moi qui suis né dans la Haute Casbah d’Alger, face à la mer Méditerranée, dans un décor inoubliable, balcon ouvert sur la vie…

Avant d’arriver à Tamsui, dans la rame de métro je suis interpellé en anglais par une dame qui me demande où je vais ; ma réponse ne semble pas la rassurer et je comprends vite, à son regard, que je ne suis pas dans la bonne rame de métro. Un peu avant Tamsui, la ligne se sépare en effet en direction de deux terminus différents, Tamsui et Xinbeitou. Evidemment, avec mon sens de l’orientation, j’ai pris Xinbeitou. S’ensuit alors toute une discussion entre cette dame et des étudiants ; l’heure est grave, je suis le seul européen, tous ces gens semblent se préoccuper de mon sort, et allez savoir si je ne vais pas me perdre, sans retour possible. Une autre dame prend les choses en main et m’indique qu’elle descendra avec moi à Shipai, pour que je prenne le métro suivant, ce qui me permettra d’atteindre sans encombre Tamsui. Patiemment, une fois descendus, elle attendra avec moi, et dès que je serai monté en voiture, elle s’éclipsera sur le quai, sans doute pour rentrer chez elle, non sans m’avoir demandé une nouvelle fois si je vais bien à Tamsui.

Etonnant pays où les gens sont attentifs lorsqu’ils constatent une difficulté, sans jamais s’imposer, tout en restant en retrait, mais en n’abandonnant pas l’étranger qui est perdu ou qui risque de l’être.

J’imagine la même situation à Paris, dans un métro sale, déjà bien vétuste, qui craque de partout, malodorant où généralement on se un fraie un chemin, au besoin en jouant des coudes, sans trop se poser de question, avec comme décor une quête sauvage, improvisée qui chercherait à vous culpabiliser, ou une guitare se mettant brusquement à vouloir étouffer le bruit de la rame, comme un contre-feu à un Métropolitain parisien bien fatigué et surtout fatiguant pour ses usagers.

Le long de la rivière Tamsui, beaucoup de monde, de familles avec enfants, d’échoppes, sous un ciel toujours gris. Temps de week-end, comme le temps arrêté sur les choses toutes simples de la vie.

IMG_1286.JPG

IMG_1294.JPG

Sur l’eau, des canoés tout jaunes qui donnent une touche de lumière.

IMG_1284.JPG

Et aussi des bateaux qui relient le petit village de Bali en face de Tamsui.

IMG_1300.JPG

Et beaucoup de jeunes gens.

IMG_1308.jpg

IMG_1356

IMG_1333

Des cafés ou restaurants aussi, à l’occidental. Un métissage des terriens, cela fait toujours du bien, contrairement à ce que l’on voit de plus en plus en Europe et en France, comme un sale retour aux années 30 qui ne pense qu’à exclure !!! Mes jeunes années en Algérie m’ont prémuni à jamais de tout ostracisme ou racisme, tant j’aime la diversité, le métissage, la culture des autres, et quand cette culture est différente, et bien je m’enrichis de cette différence !

IMG_1402

Un peu plus tard, je m’attablerai façe à la rivière avec des pastas aux fruits de mer, une bière taïwanaise, un crayon car il faut bien noter ces petits moments futiles mais ô combien précieux.que C’est une gorgée de bonheur que je sirote dans ce beau pays taïwanais…

C’est aussi dans de tels moments que l’on peut s’interroger sur la finalité de l’existence, sur les choses importantes. Oui, ne passe t’on généralement pas à côté de sa vie, occupés à la gagner pour la perdre sans que l’on ne s’en rende vraiment compte. Et tout cela asservis aux marchés, à la rentabilité à tout prix, au libéralisme pour le plus grand profit des grands financiers et capitalistes qui ne laissent au petit peuple que des miettes, tandis qu’eux se gavent sans honte et sans retenue ; plus, toujours plus, jamais assez, un appétit insatiable pour s’enrichir ; certains sont d’ailleurs si riches qu’ils pourraient vivre des milliers d’années sans travailler, assis sur des rentes qu’ils ont forcément dépouillées à des millions de gens partout dans le monde, en les exploitant avec des salaires de misère, et pour ces derniers, c’est une lutte permanente afin de survivre ! Et non, l’argent ne pousse pas tout seul, il a bien fallu que des petites mains le produisent avec abnégation.

Toutes les entreprises ne sont pas ainsi, bien sûr ; mais c’est le système libéral à outrance qui produit de telles monstrueuses énormités où les laissés pour compte sont de plus en plus nombreux de par le monde, et aussi en France.

Toute cela m’éloigne de Tamsui, me direz-vous. Mais non, pas du tout vous répondrais-je.

Un paysage habité par les palmiers et une végétation luxuriante.

IMG_1458

Oxord Collège, fondé par Leslie Mackay, missionnaire canadien, arrivé à Taïwan en 1871.

IMG_1462

IMG_1415

Au contraire, immergé dans ce fleuve humain qui prend plaisir à déambuler, à se faire des selfies, à goûter à tout ce qu’il est possible de dénicher dans les petites échoppes alimentaires, chez les vendeurs ambulants ou dans les restaurants que l’on trouve partout, avec ce sentiment de liberté, d’harmonie avec la nature si bien protégée ici, on a ce privilège rare de ralentir le temps, peut-être même de l’arrêter quelques instants pour respirer toute la beauté et la poésie d’un pays que je découvre chaque jour un peu plus, et dans lequel je me sens si bien.

Gilbert Sanslaville

TOWER 101, JOYAU ARCHITECTURAL de TAÏPEI 台灣

Vendredi 6 avril 2018

La Tour 101 à Taïpei se remarque de loin par son esthétique, sa pureté de ligne, son caractère très asiatique qui se relie à la grande histoire de la culture chinoise et, bien sûr, taïwanaise.
Pays étonnant que Taïwan, avec la beauté de ses paysages, son sens de l’accueil, sa vitalité économique et le désir de ses habitants de toujours progresser, d’améliorer leur cadre de vie.

Ici, le métro est d’un modernisme et d’une propreté que la France est loin, mais vraiment très loin d’égaler.

Voici quelques jours, je me suis rendu au pied de la Tour 101 en utilisant le métro, ligne rouge, direction Xiangshan, station Taipei 101 World Trade Center.

On reste ébloui par l’esthétique de cette tour qui semble monter à l’assaut du ciel avec ses 509 mètres et ses 101 étages.

IMG_1002.JPG

IMG_1120.JPG

De l’année 2004 à l’année 2010, elle était la plus haute tour du monde avant d’être supplantée par la Tour de Dubaï. Mais les records ne m’intéressent vraiment pas ; c’est une très belle tour, pleine d’harmonie, scintillante sous le soleil et j’espère ne pas me tromper en précisant qu’on distingue des têtes de dragons aux encoignures extérieures. C’est une beauté asiatique, taïwanaise, sûre d’elle même qui se laisse admirer avec volupté.

Sa structure s’inscrit dans l’art chinois avec une forme futuriste qui s’inspire du bambou. Oui, je ne me suis pas lassé, pendant ces quelques heures, d’admirer la Tour 101.

C’est aussi une beauté qui se protège des tremblements de terre au-delà de 7 sur l’échelle de Richter ; nous sommes ici sur une faille très active du Pacifique et, dans mon studio, j’ai toujours une lampe frontale près de moi pour le cas, comme lorsque j’étais au Japon, où il faudrait évacuer en urgence les lieux suite à un tremblement de terre ; on n’est jamais assez trop prudent, et il faut aussi vivre ici en tenant compte des risques telluriques. A la station de métro 大安 Daan sur la ligne rouge, tout comme dans d’autres stations d’ailleurs, un écran de télévision rappelle les gestes à faire en cas de séisme, se recroqueviller tout en se déplaçant pour évacuer, se protéger la tête avec ses bras, rester calme et cette information est très pédagogique avec un personnel qui se tient à la disposition des voyageurs pour les aider.

La Tour est aussi conçue pour résister aux typhons fréquents dans cette région du monde, grâce à sa structure et à une énorme boule d’acier de 800 tonnes au 88ème étage pour limiter ses mouvements en cas de très fortes rafales.

Au pied et autour de la Tour, a été aménagé un magnifique centre commercial où les boutiques rivalisent de luxe, avec des vitrines somptueuses de bijoux, de vêtements, des vasques d’orchidées que je ne me suis pas lassé de contempler et de photographier.

IMG_1170.JPG

IMG_1256.jpg

Brunch

IMG_1219.JPG

En montant dans les étages supérieurs, je me suis offert un montant de détente dans quelque chose qui pourrait ressembler à un bistrot, un salon de thé et, en levant les yeux, on peut remarquer toute l’architecture intérieure de la Tour 101 qui supporte les étages que, lors de mon voyage précédent à Taïpei en 2017, j’avais allègrement montés par un ascenseur ultra-rapide pour arriver à sa terrasse panoramique d’où on peut admirer toute la ville.

IMG_1181.jpg

En sous-sol, j’y ai découvert un nombre incalculable de boutiques, de restaurants, et cela m’a brusquement ouvert l’appétit pour y déguster des noodles que j’ai eu le plaisir de porter à mon palais avec des baguettes 筷子 – Kuàizi – que je maîtrise, à défaut de maîtriser la langue chinoise.

Il y a beaucoup de monde autour de la Tour, aussi de jeunes élégantes qui ont accepté que je les photographie, la beauté de cette prouesse architecturale due à l’architecte C.Y. Lee, de nationalité chinoise, né en 1938 dans la Province du Guangdong rivalisant avec la beauté des taïwanaises qui savent jouer de la mise en scène.

IMG_1026.jpg

On trouve aussi au pied la Tour une magnifique œuvre d’art de Kang Muxiang, artiste taïwanais, constituée de câbles d’acier ayant servi pour l’ascenseur le plus rapide jusqu’au 89ème étage de janvier 2005 à mai 2010 et qui ont servi à transporter 6,6 millions de visiteurs. La longueur totale de ces fils de cables est de 500 kilomètres, soit la distance de la côte de Taïwan du nord au sud.

IMG_1132

J’aime beaucoup cette approche spécifiquement asiatique qui s’attache aux objets ayant servi aux hommes, aux femmes, aux enfants et, par ce fait, ont quelque chose d’humain de par leur fréquentation avec nous. On retrouve aussi cela dans l’oeuvre de Jirô Taniguchi, mangaka japonais.

C’était un moment de respiration, un sentiment de plénitude après mon cours intensif au Mandarin Training Center, et si j’ai choisi la Tour 101 pour écrire ce court texte, c’est aussi pour m’associer au volontarisme de ce pays où le sentiment de sécurité et de respect est très fort, où on joue collectif, où jamais depuis mon arrivée je n’ai vu quelqu’un essayer de tricher pour prendre le métro ou le train. On peut s’y promener à peu près partout, même de nuit sans éprouver un sentiment d’appréhension.

C’est tard le soir que j’ai regagné mes pénates, dans mon quartier près de la station Xinhai.

Gilbert Sanslaville

ESCAPADE A YINGGE

Dimanche, 1er avril, c’est une douce journée qui s’annonce avec un temps déjà chaud, un ciel très bleu, haut, une sensation de plénitude. Je me lève tôt ce matin, premier jour de vacances pour une semaine. J’en ai bien besoin avec tous ces efforts et ce travail mené à l’université. Apprendre le chinois n’est pas chose facile pour moi. Is is hard to study chinese langage, but I don’t give up !

J’ai rendez-vous avec trois amies taïwanaises à la gare de Yinge, petite ville mais haut lieu de la poterie taïwanaise.

Métro jusqu’à New Taïpei Station, puis train pour Yingge, avec un trajet d’un peu moins de 30 minutes. J’aime cette ambiance bon enfant que l’on rencontre dans les trains taïwanais qui sont toujours très propres et surtout à l’heure, avec un chef de train qui donne le départ. Ici, en un peu plus d’un mois, je n’ai vu aucun contrôleur ni dans le métro, ni dans un train. Non, vraiment, rien à voir avec cette France où la resquille est pour certains un sport national. A Taïwan, où je l’ai déjà constaté lors de mon premier voyage, chacun paie son ticket, personne ne saute au dessus d’une borne pour passer sans tricher. Ici, j’ai le sentiment que l’on joue collectif.

Ce matin, j’ai confectionné des pans bagnats, et aussi des sandwiches au fromage, pour faire découvrir à mes amies ce que l’on mange en France.

IMG_0633.JPG
Doremi.JPG

Après être arrivés, nous nous rendons dans un parc, au pied d’une immense statue où a lieu une cérémonie du thé, avec de très nombreuses personnes qui nous font l’honneur de partager leur savoir. Il fait très chaud, l’ambiance est attentive et je suis curieux de découvrir ce rite, comment pourrais-je l’appeler, cet art du thé où les gestes sont lents, réfléchis, dans une osmose entre la femme ou l’homme et le thé.
IMG_0648.JPG

IMG_0564
IMG_0620

IMG_0606.JPG

Je déguste plusieurs thés, dont Wulong Cha 烏龍茶, ce thé que les taïwanais apprécient particulièrement.

IMG_0646.JPG

IMG_0683

Nous allons visiter un peu plus tard le Yingge Ceramics Museum, musée moderne depuis les céramiques traditionnelles jusqu’à leur utilisation dans l’industrie.

IMG_0756.JPG

IMG_0819.jpg

IMG_0830.JPG

IMG_0749.JPG

IMG_0839

IMG_0850.jpg

Je ne me lasse pas de cette céramique qui nous parle de ces temps reculés, avec l’écriture comme une parole qui se fraie un chemin pour parvenir jusqu’à nous…

IMG_0851.JPG

En fin d’après-midi, collation dans un espace dédié du musée, où il fait bon se poser et discuter, beaucoup en anglais et un peu en chinois dont les bases sont pour moi encore très incertaines.

IMG_0867.jpg

Un peu plus tard, promenade dans les rues de Yingge ; je ne me lasse pas de toutes ces boutiques et vendeurs de plats.

IMG_0910.JPG
IMG_0917

IMG_0930.JPG

Et l’art au coin d’une rue…

IMG_0971.JPG

Le soir, retour en train puis en métro dans mon petit studio, avec une pointe de nostalgie devant la fuite du temps…

IMG_0991.JPG

Gilbert Sanslaville
桑吉伯

REGISTRATION FORM – DOSSIER D’ISCRIPTION

Vendredi 23 février 2018

Je quitte l’hôtel dans la matinée après avoir dormi difficilement. Décalage horaire, stress de ma recherche de studio, difficulté peut-être aussi à gérer cette nouvelle période de ma vie et aussi, surtout, cette soif de tout connaître de Taïpei, de ce pays, d’apprendre sa langue et ses caractères traditionnels dont on m’a dit en France qu’ils étaient si complexes que cela en déroutait plus d’un.

Je me renseigne à la réception de l’hôtel. Il faut que je prenne la ligne rouge du métro, direction Xiangshan, changer à la station Chiang Kai-Shek Memorial Hall, puis prendre la ligne verte direction Xindian et descendre à Guting.

Maintenant que je suis parti, cela va mieux, je me sens plus détendu. Et puis, le métro n’a plus vraiment de secret pour moi, depuis mon premier voyage à Taïpei en juillet 2016

Je découvre avec étonnement l’université, de beaux bâtiments en brique rouge de part et d’autre d’une large avenue, des espaces verts bien entretenus, une atmosphère agréable. 

Université

Mandarin Training Center

Mais j’arrive trop tard, les bureaux sont fermés et il faut que je revienne à 14 heures.
J’en profite pour faire le tour du quartier, très bourgeois, avec de petites rues où les maisons sont souvent très coquettes. J’irai manger au starbucks tout proche.

Autour de l'université

Rue près de l'université

De retour à l’université, je fais la queue comme tous les autres étudiants pour prendre l’ascenseur. Je remarquerai plus tard qu’à chaque fois que l’ascenseur se remplit, il y a toujours quelqu’un pour appuyer sur le bouton qui permet de maintenir la porte ouverte, pour faciliter l’entrée de chacun.
Je rentre dans un amphithéâtre où le personnel de l’université nous présente la formation en chinois, il y des occidentaux mais aussi et surtout beaucoup d’asiatiques. Tout le discours se fait en chinois et en anglais, et j’avoue ne pas comprendre grand-chose à ce qui est énoncé. Heureusement, à la sortie une étudiante volontaire pour l’accueil des nouveaux se présente avec un drapeau français ; cela me rassure, tout comme de jeunes étudiants français, aussi perdus que moi je pense.

Passage devant une responsable pédagogique pour évaluer le niveau de chacun. Pour moi, ce sera le cours basique. Cela me convient parfaitement car mes bases en chinois sont incertaines. J’ai enfin ma carte d’étudiant international !!

Le soir, j’ai rendez-vous à la réception de l’hôtel avec Kevin, taïwanais, ami de James, un ami taïwanais que j’avais rencontré lors de mon précédent voyage, afin qu’il soit présent lors de la signature du contrat de location. Je le remercie très chaleureusement pour sa présence.

Tout se passera bien lors de cette signature, et je rentrerai le soir, fatigué par ma journée, mais content d’avoir dans ma poche les clefs de mon logement à Taïwan.

Gilbert Sanslaville

ARRIVAL IN TAÏWAN – LOOKING FOR AN APARTMENT ARRIVEE A TAÏWAN – RECHERCHE D’UN APPARTEMENT

Mercredi 21 février

Arrivée vers 7 heures du matin avec près d’un quart d’heure d’avance sur l’horaire annoncé.
Passage au contrôle de police avec mon visa obtenu voilà quelques jours à Paris, puis à la douane. Direction le MRT, métro qui va me conduire à Taïpei où j’ai réservé une chambre d’hôtel pour trois jours, près de la station de métro Xi Men 西 門 ; l’aventure commence.

Je passe mon après-midi à rechercher un peu désespérément un studio meublé avec cuisine, car il n’est pas facile de consulter les offres de logement sur internet publiées en chinois, parfois aussi en anglais mais ma connaissance de la langue de Shakspeare n’est pas fameuse. Il faut ensuite téléphoner aux propriétaires, mais je n’ai pas encore de numéro de téléphone à Taïwan et de toutes les façons une conversation en anglais s’avèrerait des plus difficiles pout moi et aussi pour mon interlocuteur qui aurait les plus grandes difficultés à me comprendre. Je réussis toutefois à communiquer par messagerie et je visite tout de même environ 7 studios près de la station Xi Men, ils ne me plaisent pas, étant notamment dépourvus de cuisine.

YuChin, une amie taïwanaise m’a trouvé deux offres de studio, nous les visitons un peu plus tard dans l’après-midi mais je suis très difficile et cela ne me convient toujours pas.
Le soir, en allant dîner tous les trois avec un de ses amis, Tristan, elle trouve sur internet deux autres offres ; je me décide pour celle qui correspond le mieux à ce que je recherche, au moins sur la photo et nous appelons le propriétaire pour le visiter le soir même. Il se trouve sur la ligne 1, Wenhu Line, près de la station Xinhai, pas très loin du zoo de Taïpei, dans une petite maison mitoyenne à d’autres maisons, au premier étage, avec une minuscule cuisine qui me permettra de cuisiner pour moi bien sûr, mais aussi pour mes amis taïwanais. Le quartier est très plaisant, la rue conviviale et chaleureuse.

Photo rue appartement Taïpei

Je ne serais jamais assez reconnaissant à ces deux amis qui me permettent de dormir tranquille ce soir dans mon hôtel.

Gilbert Sanslaville

DESTINATION TAÏWAN


Mercredi 21 février

Départ par le vol d’Air Eva, compagnie nationale taïwanaise à 11h20 de Paris Charles-de-Gaulle. C’est mon quatrième voyage en Asie et la magie qui présidait aux précédents a disparu, peut-être parce que celui-ci est plus réfléchi, plus construit, avec un objectif bien précis, apprendre le chinois et ses caractères traditionnels, écrire un vrai journal de voyage avec la découverte de cette culture taïwanaise et de ce pays qui me rappelle étonnamment mon Algérie natale. Je reviendrai plus tard sur ce point très précis car c’est pour cela que je suis aussi revenu à Taïwan.

Je suis assis près d’une famille qui vient de Calais et il ressort de ma discussion auprès de mon voisin que, selon lui, l’épouvantail des migrants est agité par une certaine classe politique à des fins électorales, même s’il ne faut pas minimiser l’importance de cette question. Mais souvenons-nous qu’en 1962, notamment à Marseille, certains hommes politiques très connus voulaient ramener les Rapatriés en Algérie pour s’en débarrasser. Il y a cette phrase malheureusement célèbre et cruelle prononcée en juillet 1962 par Gaston Defferre : « Qu’ils aillent se réadapter ailleurs » (Publié par l’Obs le 6 juillet 2012). C’est peut-être pour cela que les Pieds-Noirs ont eu à coeur de parfaitement s’intégrer à la société française dont ils étaient des membres à part entière malgré leur statut de rapatrié. Ils avaient certainement à prouver quelque chose, montrer qu’ils étaient tout à fait respectables, loin de l’image qu’on voulait bien en donner.
Beaucoup de métropolitains ont la mémoire très courte, ils ont oublié ce qu’est l’exil loin du pays natal pour cause de guerre ou de catastrophe économique. On ne part jamais de gaîté de coeur de chez soi. Et bientôt, nous verrons aussi apparaître l’exil climatique, il a commencé d’ailleurs ; alors sachons nous organiser pour accueillir tous ces flots de réfugiés qui, la plupart du temps, quittent leur pays pour sauver tout simplement leur peau.

sdr

Nous survolons l’Europe, Istamboul, plus tard le nord de l’Inde, tout en prenant nos plateaux repas peu après notre départ et avant notre arrivée à Taïpei. Je ne résiste pas à un verre de vin rouge et à un camenbert. C’est parfois dur la vie…

IMG_20180221_130426 2.jpg

La nuit va bientôt régner en maître au sein de l’avion, d’abord par les hublots qu’il faudra rapidement baisser, et puis avec le décalage horaire lorsque nous rencontrerons la vraie nuit avec l’entrée progressive en Asie. Il faut en effet rajouter sept heures à l’heure française pour avoir l’heure de Taïpei.

Gilbert Sanslaville

DEPART POUR TAÏWAN – DEPARTURE FOR TAIWAN

Mardi 20 février

Train pour Paris, destination Taïwan, aboutissement d’une longue réflexion pour apprendre le mandarin, avec ses caractères traditionnels, au Mandarin Training Center de Taïpei pour une période de trois mois, en République de Chine. C’est aussi un au-revoir avec ma famille qui a la générosité de me laisser ainsi partir pendant une longue période.

Le chinois, écriture mystérieuse, ésotérique pour un occidental, avec ses traits, ses courbes, ses points qui s’inscrivent dans une histoire plongeant ses racines dans un passé lointain, à l’heure où les hommes inventaient cette forme d’écriture en s’inspirant de ce qu’ils observaient dans la nature, dans le monde du vivant, où toutes les combinaisons sont possibles. D’ailleurs, il n’y a ni majuscule, ni séparation entre les mots, ce qui impose à l’esprit de trouver le bon assemblage et développe ainsi la capacité d’observation de chacun, et aussi une sensibilisation à l’art et à la poésie, tant ces caractères sont harmonieux et beaux.

Comme très souvent, le train est affiché à l’heure mais il partira finalement avec 6 minutes de retard ; je me demande parfois si, en France, le rapport au temps et à l’exactitude, toujours en décalage avec ce qui est prévu, n’est pas devenu quelque chose de culturellement établi, et il faudra sans doute beaucoup de patience pour qu’enfin les choses se fassent telles qu’elles sont annoncées.

Rendez-vous le soir avec un de mes fils dans un restaurant marocain à Paris, Le Tajine, où nous dégustons un délicieux couscous qui me rappelle cette cuisine algérienne et pied-noir que ma mère, aujourd’hui disparue, nous faisait toujours avec beaucoup d’amour.

Gilbert SANSLAVILLE

AUTOMN OF LIFE – L’AUTOMNE DE LA VIE…

IMG_20171024_220937_086

Maybe the autumn of life is the season that gives things all its flavour, probably because time is henceforth counted and the depths of our real-life with their difficult moments permit us to reach the most important of our way. With lucidity to better appreciate beauty and poetry that life offers still us, specially when we accept to live new experiences to accomplish us in spite of our age…

L’automne de la vie est peut-être la saison qui donne le plus de saveur aux choses, sans doute parce que le temps y est désormais compté et que la profondeur de notre vécu, avec ses moments forts et difficiles, nous permet enfin d’atteindre l’essence de l’essentiel. Avec cette lucidité pour mieux goûter la beauté et la poésie de ce que la vie veut bien nous offrir et que l’on accepte de vivre…

Gilbert Sanslaville

DERNIER JOUR A KAGOSHIMA

Ce samedi matin est la dernière journée de mon séjour à Kagoshima. Après avoir visité le marché aux poissons de la ville, qui m’a aussi ramené à mon premier séjour au Japon en 2015 tel que je l’ai relaté dans mon article précédent, je vais passer tout ce temps qui me reste pour courir les rues, afin de ressentir en moi, pour mieux tenter de la comprendre, cette âme japonaise si proche et respectueuse de la nature, de ses traditions millénaires. Parce que le peuple de ce pays s’inscrit dans une histoire qui plonge ses racines dans les temps les plus reculés, et qu’il fait sans cesse vivre dans son quotidien et le respect de sa culture ancestrale. Ce qui n’est pas toujours le cas dans tous les pays.

Un beau couple en tenue traditionnelle.
IMG_4770.JPG

C’est ce que j’aime profondément au Japon, cet appétence pour la vie, le goût du beau, de l’esthétique, de l’organisation, du respect des choses ; une façon de continuer l’oeuvre de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui ont construit et développé ce pays avec la fidélité à des valeurs inscrites au plus profond de chacun.

Et quand la nature se cabre et modifie, parfois brutalement, cet équilibre précaire entre terre, mer et ciel par ses caprices aveugles et dramatiques, alors ce peuple courageux montre sa capacité à faire face avec détermination, pour tout reconstruire et, au-delà de ses malheurs, pour lancer de nouveaux ponts sur l’avenir et sans cesse se réinventer.

J’admire ce pays et son esthétique que l’on retrouve partout, dans ses paysages et son organisation urbaine, dans ses gratte-ciels dont beaucoup ont une beauté à couper le souffle, dans ses jardins et sa vie sociale où chacun s’efforce de ne pas empiéter sur la liberté des autres, avec ce respect mutuel quand, de façon tacite et non nommée, l’intimité de chacun dans les lieux publics est garantie par une distance qui en devient la norme.

C’est peut-être pourquoi je trouve que le Japon est un pays où le silence s’entend véritablement, même lorsqu’il est en pleine activité, dans une sorte de balancier entre une vie sociale intense et le retour sur soi, comme s’il fallait se protéger au coeur même de la cité des excès de toutes sortes et, en premier de lieu, d’une exubérance déplacée qui s’apparenterait à un non-respect des autres.

Elle est bien loin, cette France que je trouve si souvent étriquée à force de se couper de ses racines naturelles, et de ne pas avoir compris qu’elle est devenue une puissance moyenne, loin de son empire colonial dont elle garde, de façon très inconsciente, une nostalgie douloureuse.

Mais loin de toutes ces considérations, me voici de retour en fin de matinée à mon hôtel où, après un petit temps de repos, je repars me promener en début d’après-midi dans les galeries commerciales. C’est jour de fête aujourd’hui. Et je vais aussi y retrouver mes amis.

Le temps des petits…la curiosité, l’envie de jouer.
IMG_4751.JPG
La bienveillance des grands.
IMG_4763.JPG

On mange à toute heure, et c’est très bon.
IMG_4756.JPG

Dans un magasin de thé.
IMG_4771.JPG

Lorsque j’ai sollicité des japonais pendant mon voyage afin de les prendre en photos, je ne me souviens pas avoir essuyé un refus.
Prendre des clichés, c’est aussi, dans un certain sens, tenter d’arrêter le temps, de le coincer entre deux portes pour qu’il n’arrive pas à s’enfuir trop vite afin de pouvoir entrer en résonance avec une personne, un paysage, une émotion et parfois, un sentiment…

Une belle élégante.
IMG_4782.JPG

Un peu plus tard, dans les rues de Kagoshima la fête bat son plein.
IMG_4790.JPG

IMG_4791.JPG

IMG_4795.JPG

IMG_4815.JPG

La nuit tombe mais les rues sont toujours aussi animées.
IMG_4817.JPG

Des odeurs, l’envie de se sustenter…
IMG_4850.JPG

Les jeunes toujours très présents, avec leurs kimonos, ces vêtements traditionnels très beaux et élégants, comme la continuation d’un passé qui se conjugue au présent.
IMG_4863.JPG

La nuit est vraiment tombée, c’est une autre ambiance qui se fait jour et tout se transforme.
IMG_4867.JPG

IMG_4871.JPG

Images du Japon, quand la vague et tout ce qu’elle représente dans l’imaginaire des habitants resurgit…
IMG_4882.JPG

Un spectacle.
IMG_4927.JPG

Comme une invitation à aller se coucher.
IMG_4948

Le Japon mystérieux qui se cache derrière un masque. Arriverai-je un jour à découvrir son âme ?

IMG_5010

Gilbert SANSLAVILLE

Samedi 15 juillet 2017

RONDE SUR LA VIE A L’ETAT BRUT…

Au cœur d’une ancienne forêt royale,
Croisement d’un passé révolu et d’un présent en attente,
Havre de paix
Irrigué par ce petit canal
Où, jadis
Cheminaient le long de ses berges
Des chevaux robustes
Pour, dans leur sillage entraîner
Des bateaux chargés
Du labeur des hommes.

La forêt vit, respire, chantonne
Au travers des gazouillis
Et du feulement
D’une faune cachée
Qui ne se laisse pas deviner
Si facilement.

Sous les feuilles,
Le long des berges,
Apparaissent parfois,
A qui sait être attentif à leur présence
De petits fruits rouges
Qui se balancent
Au gré du souffle du vent,
Ces délicieuses fraises des bois
Qui enchantent ton palais.

Tout est calme et silencieux…

Le pouls de la vie
Bat sa propre mesure
Loin du tumulte
Et du fracas de la société des hommes.

Le murmure de la rivière
Et ses éclats de lumière
Transpercent ton cœur.
Et tu t’abandonnes
Au pas de deux des nuages
Qui dessinent,
Loin, très haut dans le ciel
La carte des passions humaines.

Libellules aquatiques,
Berges envahies par les herbes folles,
Tu quittes le monde des hommes.

La terre respire et transpire
Des amours passées
Sur ces chemins si souvent traversés
Par les pas des couples d’amoureux
Dont les chuchotements
Se sont évanouis
Dans le grand sablier du temps suspendu
Aux lèvres des femmes
Murmurant « Je t’aime »,
Et qui, dans un tressaillement
S’abandonnaient aux caresses
De celui qui avait su trouver
Le sésame pour atteindre leur cœur…

Que reste- t’il des amours passées ?…
Passions orageuses,
Tumultueuses.

« Rien », lui direz-vous…

« Bien sûr que si », vous répondra-il.
« Demeure comme l’écho
Du sang de la vie,
Une invitation à la curiosité,
A l’étonnement,
Pour se dépouiller de tous les oripeaux
Qui empêchent de voir, d’écouter, de sentir
La lumière du prisme des yeux de l’amour,
La mélodie de ses paroles,
Le parfum du corps de l’être aimé,
Qui ne cesse d’habiter le cœur des hommes… « 

Gilbert SANSLAVILLE

UN ESCARGOT BLEU

Parce qu’il faut bien habiller la vie de couleurs joyeuses, à l’image de ces maisons du Connemara en Irlande, et chasser la grisaille quotidienne des jours sans consistance et sans faim, pour retrouver le bleu de la vie, voici ce petit haïku que j’avais écrit pour une petite fille, Eleana, voilà plusieurs années. Elle s’amusait alors avec un escargot. Cela m’a inspiré ces quelques lignes.

Un escargot bleu
sur ma main, tes yeux étonnés,
ciel en reflet.

Gilbert Sanslaville

Le vieux chêne et l’étang

Petit matin froid où la nature est encore engourdie par un hiver si long qu’elle peine à sortir de son endormissement. Tout est calme et silencieux. Le ciel est habité par d’épais nuages noirs, ils rendraient presque obscure cette campagne que tu as connue plus joyeuse.

Tristesse des heures avec cette neige qui tourbillonne et ensevelit la nature.

Le vieux chêne semble propulser à l’assaut de je ne sais quel dieu ses longues branches décharnées et dépouillées de toute feuille en une offrande ultime, comme si la vie s’était retirée de son grand corps enserré par un lierre persistant.
Et pourtant, de petites mésanges bleues, des rouges-gorges, des pinsons virevoltent autour de son imposant tronc et piquent son écorce, à la recherche d’une quelconque nourriture ou, allez savoir, en un rituel primitif comme pour le conjurer de ne pas abandonner. Ce sont les oiseaux de nos contrées qui n’ont pas déserté le cœur des hommes.

C’est un long frémissement, une respiration sourde qui, peu à peu, monte de la terre pour secouer cette torpeur mortelle qui s’était emparée d’elle pendant ces longs mois d’hiver.

Le vieux chêne s’arque-boute sur ses racines imposantes pour aller chercher au plus profond de lui-même cette force brute qui l’habite, afin de renaître à la vie, quand chacun croyait son combat terminé…

Tressaillements d’eau…
Ton regard survole la surface de l’étang.

Fin de journée orageuse, chaleur lourde, suffocante en l’absence de tout vent.
Ce microcosme un peu sauvage, ce bout du monde semble tranquille, presque immobile.

Mais l’étang est animé d’une vie souterraine simplement perceptible à quelques mouvements ténus à sa surface.
Bruits d’eau mouillée dus à la remontée de minuscules poissons, de têtards en vadrouille ; plumes délicatement serties sur des oiseaux migrateurs à la surface de l’eau, en partance pour un long voyage, à la merci des flux aquatiques, prêtes à se déployer.
Galets que tu fais rebondir plusieurs fois – réminiscences de l’enfance – avant de les voir happés par ces profondeurs invisibles, sombres, saumâtres…

Croassements de grenouilles dans un chant d’amour envoûtant…

La peau aqueuse de l’étang est parsemée de tressaillements, de ronds qui naissent, se métissent ou, quelquefois, se télescopent, dans un chevauchement de vies à l’infini, à l’image des rencontres de l’existence.

Gilbert SANSLAVILLE

LE TEMPS…

Le temps, le temps si présent sous ce ciel bleu d’été qui me rappelle les étés de mon enfance algérienne sous un soleil qui inondait d’amour chaque instant de notre vie, quand la douceur habillait les jours et les nuits, qu’elle nous enveloppait d’une quiétude rassurante…

Le temps jamais ne s’arrête, il poursuit sa route comme les planètes autour du soleil, telles les galaxies dans leur course au sein de l’infini espace, mais il s’inscrit aussi dans le balancier de ma pendule bretonne qui égrène chaque seconde, comme les petits pois sous la main de ma mère aujourd’hui disparue, pour préparer le repas dominical.

Que reste-t-il de toutes ces heures, des heures avant minuit où il fallait prendre la vie à bras le corps pour construire son chemin, le façonner en luttant afin de remonter vers la lumière ; oui, que reste-t-il de toutes ces heures d’après minuit quand le sommeil nous emportait vers nos rêves, comme pour mieux nous conforter dans nos choix, dans l’unicité de notre personnalité.

Le temps passe, il glisse tel le vent sur les feuilles des arbres, les toits des maisons, le long des sentiers, dans les campagnes lointaines, chargé par nos émotions et nos sentiments, ce vent chaud du désert habité par l’amour et l’amitié, à la rencontre des autres et des choses de la vie.

La pendule de mon enfance et maintenant de ma vie d’adulte, installée dans le salon de ma maison en balcon sur le jardin fleuri par ce printemps joyeux, continue vaillamment à égrener les secondes, les minutes et les aussi les heures quand, à chaque tour du cadran, imperturbable, elle se met à sonner ce temps qui, à force de liberté, a fini par nous échapper et qu’il s’est mis un jour à ricaner, à se gausser car ce temps insaisissable est brusquement devenu le temps perdu, envolé qui se rétrécit à vue d’œil. C’est le temps du repos, de la retraite, quel joli nom que ce mot de retraite quand il s’apparente à une mise à l’écart de la vie de la cité, où brusquement nous perdons toute utilité sociale, nous devenons des retraités… La retraite, tu parles de ce mot forgé par nos sociétés technocratiques. Je préfère le mot espagnol, la jubilacion, avec ce j – la jota – qui se prononce avec le raclement de la gorge, comme une émotion qui remonterait de très loin pour nous faire mesurer le temps parcouru.

Le temps, le temps de vivre, le temps d’aimer, le temps de mourir à la vie… Tu es poussière et tu retourneras à la poussière murmurait déjà l’Ecclésiaste dans l’Ancien Testament. Lorsque l’on est jeune on a beaucoup de mal à mesurer une telle assertion. Mais le temps nous rattrape bien vite et, un jour, on comprend enfin qu’il faut parfois vivre sa vie envers et contre tout, avec raison mais aussi avec passion pour rester debout, curieux de tout et curieux sur tout, en symbiose avec la communauté des hommes et de la nature jusqu’à la dernière seconde, pour en demeurer des membres à part entière.

Gilbert SANSLAVILLE

JARDIN D’HIVER ou comment chiner tous ces petits moments de bonheur… Quand le voyage est aussi un voyage intérieur

C’est un jardin qui surplombe les routes maritimes de la vie ; la vue y est imprenable mais il reste néanmoins, de par sa situation, protégé des grandes bourrasques quand elles s’abattent aux changements de saison, que les masses d’air s’y mesurent et luttent dans un ballet étourdissant.

Jardin à certains égards luxuriant, ouvert sur l’océan, habité par des roses que tu as su acclimater sur ce sol parfois austère mais si riche d’ensoleillement, avec cette attention permanente pour elles qui t’a permis de les accompagner, comme un témoignage de ton existence passée et des émotions qui t’ont enivré de bonheur…

La vie actuelle est tellement trépignante ; rien ne stagne, tout bouge et se transforme ; les choses les mieux établies sont parfois celles qui sont le moins assises ; les échanges passent de plus en plus par la correspondance électronique avec si peu de caractères qu’il faut savoir les déchiffrer et bien vite ; l’époque n’est plus celle du courrier épistolaire où il fallait cultiver la patience pour attendre la réponse à sa missive ; le temps déroule sa vieille carcasse et ton intérêt pour ce tourbillon s’émousse… Tu ne te retrouves plus dans ces lol (« a lot of laugh »), mdr (« mort de rire »). On t’a dit un jour qu’avec toi, il fallait passer beaucoup plus de temps quand on utilisait les sms car tu ne comprenais pas toujours la signification des messages reçus et que tu t’obstinais, bien malgré toi, à construire des phrases toujours construites. Question de génération peut-être…

Là au moins, dans ce jardin en balcon sur l’océan, les heures prennent tout leur sens et leur saveur. Ce n’est pas qu’il faille craindre de se jeter dans la mêlée mais l’hyper compétitivité devient de plus en plus une guerre économique et sociale, du chacun pour soi. Les dégâts n’ont pas fini de se compter dans nos sociétés qui se prétendent policées mais intègrent de moins en moins. Il n’y a qu’à constater le flux croissant des laissés pour compte.

Le temps, lorsque l’on peut s’en emparer, possède au moins une vertu. Il ralentit le rythme des choses et permet de mieux en prendre la mesure. Semblable au balancier de ta pendule bretonne qui égrène les secondes comme l’on écosse des petits pois en les sentant rouler sous ses doigts, bien vivants et parfumés, croquants, prêts à se laisser mijoter pour un partage autour de la table familiale et des amis.

Jardin d’hiver, jardin intérieur où il fait bon prendre son temps, découvrir de nouveaux auteurs, des talents inédits, partir à la rencontre d’écrivains que l’on avait un peu oubliés afin de renouer un dialogue fécond avec le meilleur de la vie. Car l’écriture a la vertu rare de nous faire redécouvrir la pensée des autres en effet miroir avec tout ce que l’on porte en soi.

J’aime mon jardin d’hiver qui a conservé ce parfum un peu suranné, ancien mais tellement vivant où tout ce que l’on a pu vivre et aimer reste intact, tant la force des émotions et des sentiments ne peut être rayée d’un trait de plume ; chacun peut y garder inscrit au fond de soi cette jeunesse du moment, fut-elle éloignée dans le temps, non dans un esprit passéiste et réducteur, mais comme un battement sourd où, l’espace d’un instant, l’on a pu atteindre une éternité qui jamais ne s’effacera…

Ces souvenirs d’autrefois nous appartiennent. A chacun d’en faire ce qu’il veut. Ils sont semblables à une pierre précieuse enchâssée dans un bijou ancien qui jamais ne nous quitte mais se fait oublier, tout en restant si présente. Ambiguïté des sentiments et de la vie.

Jardin où la lenteur permet aussi de gagner en profondeur et en intensité, dans un hymne à la vie, surplombant cette petite crique bretonne où, enfant, tu venais ramasser bigorneaux et crustacés avec des yeux émerveillés par la beauté et la force de l’océan, avec pour compagne ce crachin qui jamais ne mouillait mais t’accompagnait déjà dans ta jeune vie.

Gilbert SANSLAVILLE

LE MARCHE AUX POISSONS DE KAGOSHIMA ET DE TSUKIJI A TOKYO, COMME UN RETOUR AUX SOURCES DE MON PREMIER VOYAGE AU JAPON…

Ce matin, lever de bonne heure pour me rendre avec mes amis au marché aux poissons de Kagoshima.

Plusieurs hôtels de la ville s’organisent pour proposer régulièrement à leurs clients une visite du marché, et c’est dans une ambiance très agréable que nous nous y sommes retrouvés avec une quinzaine de personnes, découvrant des espèces de poissons le plus souvent inconnues de moi.

Le poisson, c’est quelque chose de très important au Japon ; je m’en étais rendu compte lorsque j’étais venu pour la première fois dans ce pays en 2015. J’avais alors visité à Tokyo le grand marché de Tsukiji, immense, très animé où les grossistes viennent passer commande très tôt le matin pour approvisionner leurs clients. On comprend très vite à quel point sont essentielles ces ressources océaniques et maritimes d’où le Japon tire une grande partie de son alimentation. Ce pays est une île, ne l’oublions pas et l’insularité a façonné sans nul doute le caractère et la culture de ses habitants ; c’est peut-être aussi pourquoi il n’est pas toujours facile de comprendre la société japonaise pour nous autres, européens.

Voici quelques photos du marché de Tsukiji à Tokyo que je n’avais alors pas cessé d’arpenter pour en découvrir toutes les richesses et essayer de comprendre la façon dont il était organisé.

Si j’ai choisi de plutôt vous présenter les photos que j’avais prises du marché au poissons de Tsukiji, c’est parce qu’il est le plus grand marché aux poissons du monde avec quelques 450 espèces différentes, pour 2 500 tonnes de poissons qui y transitent chaque jour. Tsukiji veut dire « terre récupérée » puisque le marché a été construit sur des terres gagnées sur l’embouchure de la rivière Sumida, ce qui en dit long sur l’osmose que le Japon entretient avec son espace maritime.

Véhicules pour transporter le poisson.
IMG_6680.JPG

Préparation du poisson sous de grandes halles.

IMG_6684.JPG

Poissons pour tous les goûts.
IMG_6713.JPG

Et crustacés.
IMG_6735.JPG

Poissons aux couleurs chatoyantes.
IMG_6795.JPG

Un marché animé.
IMG_6815.JPG

L’appétit de bon matin.
IMG_6807.JPG

Réception des commandes.
IMG_6812.JPG

J’aime beaucoup cette photo, elle nous dit beaucoup de choses à la fois sur la dureté du métier et sur le travail en équipe.
IMG_6864.JPG

Un monstre sorti des profondeurs de l’océan
IMG_6835.JPG

Trop tard, je n’avais pas vu l’interdiction de photographier.
IMG_6842.JPG

La richesse des océans.
IMG_6848

Un marché moderne avec parfois des moyens de transport rudimentaires.
IMG_6873.JPG

Les japonais vont déjeuner de poissons.
IMG_6897.JPG

Les marchés aux poissons de Tsukiji et de Kagoshima, comme d’ailleurs de tous les marchés aux poissons du Japon, sont au coeur de la culture et de la façon de vivre des japonais.

Gilbert SANSLAVILLE

Samedi 15 juillet 2017

VOYAGE DANS LE TEMPS… PLUTON OUVRIRA T’IL UN JOUR LA PORTE DES ENFERS POUR ENGLOUTIR QUICONQUE S’EN APPROCHERA ?

C’est quoi dans le fond le voyage ? Découvrir le monde au hasard de ses pérégrinations sur des terres inconnues, loin de chez soi, dans un autre pays , un continent lointain où les choses se déclinent différemment ; au coin de sa rue, un quartier où l’on ne met jamais les pieds ? C’est un peu de tout cela…

Mais le voyage, c’est aussi se transporter dans le passé à la source des origines de l’humanité et des cultures en s’appuyant sur ce qui est connu, en imaginant ce qu’a pu être la vie de tous ceux qui nous ont précédé ; ou, au contraire en se projetant dans le futur, en extrapolant la vie et le devenir de tous ceux, nombreux, très nombreux qui viendront après nous. Et là, le voyage, c’est tout autre chose dans la mesure où cela nous relie à la ronde des générations, à l’évolution de l’univers, de la vie. On se met brusquement à voyager dans le temps, à sortir de notre quotidien pour découvrir ce qui, dans le passé a existé bien avant nous, dont nous avons le plus souvent perdu la mémoire et ce qui, dans le futur, peut arriver, apparaître, dont nous n’avons pas la moindre idée. Mais ce n’est peut-être pas tout à fait différent d’ailleurs des voyages que l’on effectue de nos jours.

Y-a-t-il une éthique dans le voyage ? C’est une formule qui commence à apparaître, ce voyage solidaire de populations dans la détresse ou la pauvreté. J’y reviendrai plus longuement dans un autre texte.

Mais je voudrais aujourd’hui me pencher sur tous ces voyages dans le temps, à l’aune de nos responsabilités envers la vie, l’évolution, tout ce monde du vivant qui foisonne quand la matière inerte s’éveille – à dessein ou selon un hasard qui ne dit pas son nom ? – et crée toutes ces merveilleuses créatures du monde végétal ou animal, microscopique ou au contraire plus conséquent, sachant qu’il y a une véritable osmose entre tous les êtres vivants, ce qui permet aussi aux différentes espèces, dont la nôtre, de s’adosser les unes aux autres afin de prospérer et d’évoluer.

Je voudrais ici aborder, à propos du site très contesté de Bure dans le département de la Meuse, le problème du nucléaire et de tous ses déchets qui empoisonnent la terre, parfois pour des centaines de milliers d’années. Vous me direz, très justement d’ailleurs, quel est le rapport entre Bure, le nucléaire et le Voyage. Justement, si nous polluons gravement et si nous détruisons des espaces naturels, comment pourrons-nous encore Voyager, surtout si ces atteintes à l’environnement ont pour conséquence de chasser durablement des populations de leur territoire et de détruire leur culture, leur habitat et mode de vie. Que de mémoires humaines alors à jamais perdues !

L’Homme n’est-il pas en train d’être dépassé et dévoré par sa Créature Nucléaire qui lui échappe de plus en plus ? Pour le plus grand péril de l’humanité. Il n’y a qu’à constater certains territoires qui nous sont désormais interdits pour des milliers d’année, à Tchernobyl en Ukraine, à Fukushima au Japon. Notre Terre, petite planète bleue, aux ressources naturelles limitées commence à rétrécir sous l’effet des destructions portées à l’environnement par l’homme.

Le projet du stockage de Bure vise à entreposer d’ici la fin du XXIème siècle plus de 80 000 mètres cubes de déchets nucléaires à 500 mètres sous terre dans une roche argileuse datant de 160 millions d’années, dans 250 kilomètres de galeries afin d’y emprisonner à jamais leur radioactivité, sachant que selon les scientifiques les radionucléides ne remonteront pas à la surface avant 400 000 ans sous l’effet de l’érosion et des infiltrations d’eau. Certains de ces déchets extrêmement dangereux ont une durée de vie très longue, 24 000 ans pour le plutonium 239, plus de 2 millions d’années pour le neptunium 237. Ces mêmes scientifiques nous promettent que leur radioactivité sera alors 1 000 fois inférieure à ce qu’elle est actuellement.

Mais ce beau scénario tiendra t’il la route si un incendie se déclare dans le sous-sol sous l’effet de la chaleur des déchets nucléaires ou au moment de leur descente, si les sols bougent en raison de séismes ou de mouvements tectoniques, en cas de modification importante du climat, réchauffement climatique ou glaciation, sachant que dans ce dernier cas la pression sera très importante sur les sols du fait du poids de la glace, sans oublier les variations de température qui peuvent avoir une incidence à la fois dans le sous-sol et le lieu de stockage.

Et si une guerre éclate, ce stockage souterrain peut être aussi un enjeu pour s’emparer de matières nucléaires à des fins de destruction massive. Qu’en sera-t-il de leur surveillance permanente dans le temps ? Comment protéger et se protéger d’un tel monstre nucléaire tapi dans les entrailles de la terre, pendant si longtemps ? Nos descendants ne risquent-ils pas de relâcher leur surveillance, en s’habituant à une telle présence ou pour des raisons budgétaires et financières ?

Autre problème, celui de la Mémoire de ce lieu maudit habité par Pluton, dieu des Enfers qui, tout au long de ces 2 millions d’années n’aura de cesse de chercher à sortir à tout prix de son tombeau pour les raisons que j’ai évoquées plus haut afin d’engloutir quiconque s’en approchera ou cherchera à y pénétrer ; le temps jouera pour lui. Cerbère sera bien là pour courir la campagne et étendre l’étendard de la mort sur tous ceux qui seront à sa portée, et on sait combien le nucléaire peut menacer sur des centaines de kilomètres, sur terre, dans les sols ou l’atmosphère.

Faut-il transmettre cette Mémoire aux générations futures ? Sous quelle forme durable ? Par des symboles ou par l’écriture ? Saurons-nous rendre lisible, clair – des centaines de milliers d’années, 700 000, 800 000 ans et plus, 2 000 000 d’années peut-être – la localisation de nos déchets nucléaires ? Que nous léguons en toute irresponsabilité à nos descendants ou à une autre espèce si la nôtre devait disparaître dans les méandres de l’histoire…

Ou au contraire faudra-t-il effacer cette Mémoire afin que personne n’ait l’idée d’aller voir ce qui se passe sous le sol de Bure ?
Les finlandais ont également choisi le stockage profond avec leur projet Onkalo (La cachette) afin que nul ne s’y aventure dans le futur.

Mais a-t-on réfléchi que les générations futures chercheront peut-être à fouiller leur sous-sol à des fins de recherche scientifique ou archéologique, d’exploitation et qu’ils libèreront alors à Bure les enfers et une véritable catastrophe écologique de destruction massive.
Si nos ancêtres avaient connu une évolution jusqu’à une société nucléaire avancée et ce type de stockage, avec un oubli progressif de l’enfouissement de ces déchets nucléaires au plus profond de la terre, qu’en serait-il de nous qui creusons, forons sur terre ou sous la mer ? Y a-t-on pensé parmi les tenants du nucléaire ?

La vie est constituée de pages qui s’écrivent tous les jours et nous sommes en train d’en perdre la clef par nos comportements irrationnels, égoïstes, à courte vue, préoccupés par un gain rapide, sans réflexion en profondeur sur les conséquences en matière d’environnement et d’écologie.

Le Voyage, c’est parcourir l’espace, la géographie mais aussi explorer le temps passé et celui qui est à venir…

Gilbert SANSLAVILLE

ORAN 1956-1960 ou UNE CERTAINE IDEE DU BONHEUR en ALGERIE…

Le voyage, c’est aussi remonter le cours du temps en quittant un rivage devenu familier où l’on s’était établi au fil des années, pour enfin retrouver des souvenirs enfuis, enkystés, une mémoire qui parfois se délite comme une côte rocheuse sous les coups de butoir d’un océan déchaîné, à l’image des choses de la vie pas toujours bienveillante…

Voyager dans le temps pour se réinstaller dans une identité perdue, une histoire familiale oubliée ou rejetée, sur un territoire devenu étranger pour interpeller les figures de ses ancêtres sans qui nous ne serions pas là ; c’est convoquer tous ces êtres emportés dans la spirale des siècles et des années, se réapproprier ce qui constitue la chaîne des générations, ces sédiments de vie qui font partie de nous, parfois à notre insu d’ailleurs, parce que nous perdons très souvent la mémoire de nos pères et de nos mères, afin aussi de mieux transmettre à tous ceux qui sont en train de nous succéder ce qui constitue la force de ce rameau humain auquel nous appartenons depuis la nuit des temps, comme une énergie qui ne s’est jamais éteinte…

Ce blog, je le dédie à ma famille, à mes parents, à ma terre natale l’Algérie, le pays le plus cher à mon coeur, car c’est là que j’y ai vu le jour.

Et avant de vous parler de la guerre d’Algérie qui m’a marqué profondément, je voudrais évoquer ma vie à Oran, que je situe de mémoire entre 1956 et 1960.

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

C’était un immeuble dont l’adresse était symbolique de la colonisation en Algérie- Maison ou villa Ros, je ne sais plus – boulevard du corps expéditionnaire, à Oran.

Un immeuble de quelques étages, avec sur le toit une terrasse où le linge était étendu sur des fils pour sécher grâce au vent puissant qui soufflait. Tu aimais y accompagner ta mère pour l’aider et aussi pour poser tes yeux émerveillés sur le ciel si bleu d’Afrique.

Cet immeuble, c’était d’abord quelque chose qui s’apparentait à une grande famille avec les voisins aux origines multiples, français bien sûr mais aussi espagnols et indochinois.

Français mais métissés par leurs ancêtres mahonnais ou andalous. Votre voisin de palier avait fait la guerre d’Espagne et s’était exilé en Algérie, y trouvant une douceur de vivre qui n’allait pas durer.
Et puis il y avait ton copain d’enfance, Thierry dont le père français avait fait la guerre du Vietnam et qui s’était marié avec une indochinoise. La famille venait de l’ancienne colonie française d’Indochine. Elle était sans doute originaire du Vietnam.

Tout ce petit monde s’était retrouvé au hasard des pérégrinations de la vie dans cet immeuble dont l’adresse rappelait que nous étions dans un pays de conquête, construit dans le bruit et la fureur, la guerre coloniale avec toutes ses injustices, mais aussi ouvert sur la vie et les autres au-delà de leurs différences. D’ailleurs, ta mère employait une dame algérienne qui s’occupait de la maison et dont tu gardes en mémoire plus de cinquante années après ton départ d’Oran son prénom, Jera – mais tu n’es pas certain de l’orthographe. En tout cas tu te souviens très bien que le « J » de son prénom se prononçait comme la jota en espagnole, dans un raclement de la voix. Elle faisait partie de la famille et tu ne l’as pas oubliée.

Tout près se situait un jardin où tu allais t’amuser avec ta mère et ton petit frère pour essayer d’attraper les papillons et jouer à la balle. Tu as encore des photos de toi quelque part dans des cartons oubliés et fanés par le temps, avec une casquette posée sur la tête pour te protéger des rayons ardents du soleil, caché parmi les papyrus, avec la joie dans les yeux de vivre sur cette terre à laquelle tu avais fini par t’identifier.

C’est de cette époque que date ton attrait pour l’Afrique noire, ce monde mystérieux et inconnu que tu découvrirais bientôt à travers l’œuvre de Jules Verne, avec notamment son roman « Un capitaine de quinze ans ». Combien de fois ne t’es-tu pas embarqué dans tes rêves éveillés sur le Zambèze pour découvrir un monde brut, protégé de l’incursion des hommes, dans une nature généreuse et primitive, comme un matin du monde où tout devenait possible au côté de ces tribus africaines.

Et puis tu as découvert cette passion pour l’Asie au contact de tes voisins indochinois avec leur sensibilité toute fine sur les choses de la vie, ce goût d’une esthétique dans laquelle tu t’es très vite retrouvé. Et qui t’habite plus que jamais.

Villa Ros, c’était une petite société multiculturelle où chacun avait à cœur de partager, de se frayer un chemin dans cette Algérie où tout était à construire dans le respect de l’autre, la tolérance et l’ouverture à la vie…

Gilbert SANSLAVILLE

KAGOSHIMA, AU COEUR DES CAMPAGNES OU LE JAPON ET SES TRADITIONS ANCESTRALES, DANS TOUTE LEUR MODERNITE…

Aujourd’hui, après une nuit où je n’ai pas très bien dormi en raison de la chaleur très forte qui plane sur la ville de Kagoshima, peut-être aussi à cause de la climatisation que j’éteins en me couchant, parce que je n’aime pas avoir cet air frais qui finit par me réveiller, je me prépare pour une sortie que nous allons faire avec mes amis dans la campagne environnante, chez un couple qui tient une exploitation de thé.

Auparavant, je prends mon petit déjeuner japonais, riche de légumes ; avec aussi sa soupe miso composée de graines de haricots de soja fermentées ainsi que d’une algue très appréciée, le wakamé. Cela me change du petit déjeuner français ; j’avoue que j’ai toujours beaucoup de mal à apprécier une cuisine si éloignée de celle que je pratique depuis mon enfance et, pourtant j’essaie de m’initier à ces saveurs nouvelles qui me ravissent de plus en plus.

Nous partons pour cette exploitation de thé et je découvre des paysages inédits qui m’enchantent toujours autant, avec de drôles d’hélices dont je comprendrai plus tard l’utilité. De l’intérêt d’aller rencontrer les acteurs de terrain, pour apprendre comment ils travaillent et quels sont les rapports qu’ils entretiennent avec la nature.

IMG_4460.JPG

Le temps est étonnement changeant. Peut-être est-ce dû à la proximité de l’océan.

IMG_4465.JPG

Sans doute un volcan. Il ne faut pas oublier que l’île de Kyushu est une terre de contrastes avec ses paysages montagneux et volcaniques, ses onsens, ses plaines verdoyantes, avec l’océan toujours proche. Terre d’eau menaçante en cas de tsunami et terre de feu avec ses volcans, dont le Mont Aso, volcan qui culmine à 1 592 mètres.

IMG_4469.JPG

Nous arrivons bientôt à destination et je découvre le village ainsi que la maison où habite le couple d’agriculteurs. C’est une campagne sculptée par la main de l’homme où la dimension artistique est toujours présente.

IMG_4506.JPG

IMG_4504.JPG

IMG_4500.JPG

C’est une jolie maison avec un bel intérieur traditionnel, tout en bois et, en entrant, j’y ressens l’âme du Japon dans sa complexité, sa sensibilité.

Nos hôtes.
IMG_4481.JPG

Et encore, un joli moment partagé.
IMG_4491.JPG

IMG_4497.JPG

Nous partons bientôt pour rejoindre l’exploitation de thé, installés à l’arrière d’une petite camionnette, le vent dans les cheveux, accrochés aux ridelles, les yeux perdus dans le paysage qui défile.

IMG_4545.JPG

Nous quittons le village pour monter plus haut dans les collines environnantes.

IMG_4508.JPG

IMG_4511.JPG

Quand le monde des morts côtoie le monde des vivants, dans une harmonie toute nippone, silhouettes en reflet des temps passés…

IMG_4510.JPG

A vrai dire, je n’avais jamais approché une plantation de thé et j’ignorais tout jusqu’à présent de cette culture. C’est généralement qu’on boit son thé en humant ses parfums sans se poser la question de son origine, de la façon dont il pousse et est cueilli ; paradoxe de nos sociétés modernes où l’apparence des choses fait oublier leur essence profonde ; et pourtant, si l’on maîtrisait mieux la connaissance de tout ce que l’on approche, en s’intéressant à l’envers du décor, pour remonter à leur source et à toutes ces petites mains qui, souvent telles des artisans, façonnent les objets de notre quotidien ou participent à la transformation des plantes, peut-être serions-nous alors mieux en harmonie avec la nature.

Nous arrivons sur l’exploitation où se trouve la machine à cueillir le thé, avec ces hélices haut-perchées déjà rencontrées lors de notre trajet en voiture. C’est la première fois que je découvre cet engin par la grâce duquel je peux prendre mon thé matinal. Champs de thé en vagues qui se suivent, comme un océan que la brise ride doucement pour atteindre le rivage, à la rencontre de la cueillette pour laquelle ce couple d’agriculteurs consacre toute son énergie.

Très loin, au bout des champs, du village et de la forêt, l’océan nourricier, ruban bleu de tous les espoirs…

IMG_4539.JPG

Dans la direction opposée, la montagne, à l’assaut du ciel si bleu aujourd’hui…

IMG_4517

IMG_4518.JPG

IMG_4512.JPG

Et voici les travaux pratiques, dans la bonne humeur grâce à la gentillesse de nos hôtes.

IMG_4524.JPG

Explication du fonctionnement de la machine qui passe entre les plants de thé, coupe les feuilles jeunes et tendres avec sa lame descendante, du moins c’est ce que j’ai compris des explications données.

IMG_4529.JPG

IMG_4533.JPG

IMG_4530.JPG

Nous allons bientôt savoir à quoi servent ces hélices autour des champs de thé qu’elles dominent, perchées sur des poteaux, telles les projecteurs que l’on rencontre autour des terrains de foot. Mais ici, point de spectacle, mais de l’efficacité au service du travail patient et parfois ingrat des hommes, celui de cultiver la terre. Chacun champ dispose d’un compteur électrique que l’agriculteur peut activer pour mettre en marche les hélices qui réchaufferont l’air ambiant en cas de gelée. Ici, point d’amateurisme, mais au contraire une prévision rationnelle de ce qu’il convient de faire lorsque dame Nature vient contrarier le dur labeur des hommes. C’est une culture très nippone d’organisation de la vie sociale et économique pour faire face aux aléas climatiques. Peut-être pourrait-on d’ailleurs importer en France cette technique pour nos vergers et nos vignes, et je ne l’ai d’ailleurs jamais rencontrée lors de mes voyages métropolitains.

IMG_4544.JPG

Des explications sur le fonctionnement du boîtier électrique.

IMG_4547.JPG

IMG_4548.JPG

De plus près, une hélice.

IMG_4552.JPG

C’est le retour dans la maison de nos hôtes et, debout à l’arrière de la camionnette, je ne me lasse pas de contempler le paysage qui s’offre à moi, comme autant de tableaux vivants d’un Japon à la fois respectueux de ses traditions et de sa culture ancestrale, mais également ouvert sur la modernité et le monde pour mieux construire son futur.

IMG_4562.JPG

IMG_4568.JPG

IMG_4570.JPG

Avec l’océan tout au loin, à la frontière du ciel toujours très bleu, avant de plonger au-delà de la ligne d’horizon pour suivre la courbure de la terre…

IMG_4571.JPG

Et bientôt le village.

IMG_4574.JPG

La maison de nos hôtes, aux tuiles vernies avec ces arbres artistiquement taillés et son charme un peu hors du temps, qui nous ramène au coeur des choses.

IMG_4576.JPG

Nos hôtes nous invitent à déjeuner et nous passons un très beau moment en leur compagnie. Cela restera un moment très fort de mon voyage, tant je souhaitais pouvoir rencontrer des japonais et mieux connaître leur façon de vivre et de penser.

Cette corbeille de fruits sucrés dont je me suis régalé ; j’ai ramené en France leurs noyaux et je ne sais pas encore s’ils s’ouvriront à la vie.

IMG_4579.JPG

Nous repartons dans l’après-midi, après avoir chaleureusement remercié ce couple qui nous a ouvert avec beaucoup de chaleur sa maison.

Le ciel se charge de nuages tandis que nous longeons une rizière, mais il retrouvera un peu de son bleu lorsque nous approcherons de la route côtière.

IMG_4580.JPG

Sur la route côtière.

IMG_4599.JPG

Une enseigne.
IMG_4602.JPG

Un cargo, comme un lien entre les hommes.

IMG_4604.JPG

Retour à l’hôtel, la tête habitée par tous les paysages traversés, la découverte de cette exploitation agricole, la culture du thé et l’accueil de ce couple.

Oui, aujourd’hui, j’ai touché à l’âme nippone. Ce voyage n’est pas un voyage touristique, mais au contraire quelque chose de plus profond qui emprunte à l’authenticité des choses, à l’essence d’une culture.

Je me prépare pour rejoindre sur les hauteurs de Kagoshima un grand hôtel où a lieu une fête nocturne organisée par le Yacht club.

Gilbert SANSLAVILLE

Vendredi 14 juillet 2017

FLÂNER A KAGOSHIMA – TO STROLL IN KAGOSHIMA…

Le voyage, c’est aussi le temps de flâner, de prendre son temps, de ne surtout pas se précipiter pour tout découvrir dans un temps raccourci où il faudrait être efficace, à l’image de nos sociétés modernes où les individus sont toujours évalués pour leurs performances.

Dans mon activité professionnelle et sociale, j’en ai rencontré de ces hommes et de ces femmes habités par une fièvre permanente d’efficacité dont je me rendais souvent compte, après coup, que ce n’était que du papillonnage sans aucun intérêt et, qui de plus ne cessaient de stresser leur entourage immédiat, que cela soit des collègues ou des subordonnés.

Non, non et non, le voyage c’est aussi humer l’air du temps, comme on respire le crachin matinal, ou le soleil qui se dégage doucement des brumes quand elles voudraient l’emprisonner ; pour être libre d’aller, d’aimer, de découvrir et surtout d’exprimer les richesses intérieures qui sont les nôtres, et que la société ne reconnaît souvent que très rarement, car pas assez performantes, trop sensibles et trop à l’écoute des autres. Un comble !

Perdre son temps pour mieux se l’approprier, le faire sien ; cultiver ce temps si précieux que la société avec ses hochets de consommation ne cesse de nous voler, s’emparant en cela de nos vies en nous dépossédant de notre âme. Et bien plus tard, souvent à la soixantaine, on se rend enfin compte du baratinage de ces bonimenteurs qui, tels de mauvais drôles, n’ont cessé d’exploiter la conscience professionnelle, le goût du travail bien fait, la bienveillance de nombre d’entre nous pour mieux nous attacher à des choses sans importance véritable mais qui, l’espace d’un temps vite révolu, après être devenues l’alpha et l’oméga d’un tout, se voient supplantées par de nouvelles idoles, comme dans un feuilleton de mauvais aloi où l’on ne cesse de ré-inventer l’eau chaude… C’est du vécu, croyez-moi. Et je pense que beaucoup d’entre vous reconnaîtrons des situations qu’ils ont aussi déjà vécues.

Après la journée d’hier, riche en découvertes, voici un moment plus calme où je me plais à découvrir, d’abord seul, puis avec mes amis, cette belle ville de Kagoshima.

Au centre ville, tout prêt de mon hôtel, se situent des galeries marchandes couvertes qui sont bien utiles lorsqu’il fait chaud ou que la pluie pointe le bout de ses gouttes. J’étais descendu dans cet hôtel lors de ma première visite à Kagoshima voilà deux ans ; sa place centrale, son confort et le très bon accueil que j’y avais reçu m’ont vite convaincu d’y revenir.

Ce sera bientôt, dans quelques jours – mais je serai déjà parti – le temps d’une fête locale et j’en découvre les préparatifs dans ces galeries où déambulent une foule affairée et insouciante.

Le Japon traditionnel.

IMG_4283.JPG

IMG_4286.JPG

Galeries marchandes.

IMG_4300.JPG

IMG_4308.JPG

IMG_4311.JPG

Un magasin.

IMG_4315.JPG

Après avoir parcouru ces galeries, je retrouve mes amis et nous allons bientôt déjeuner dans un restaurant au sommet d’un ensemble de grands magasins. J’y découvre un havre de calme et de douceur, y compris jusqu’aux toilettes artistiquement aménagées.

Sur le chemin du restaurant, ces motrices.

IMG_4317.JPG

IMG_4319.JPG

Au restaurant, avec de beaux bouquets.

IMG_4328.JPG

IMG_4326.JPG

Les toilettes, où l’on peut causer sur une banquette, et puis aussi s’isoler avec dans un cadre futuriste, avec de multiples touches qui font de ce WC un objet complexe aux fonctions multiples…

IMG_4336.JPG

IMG_4347.JPG

Puis, toujours avec mes amis, nous partons près du port, un de leurs enfants devant faire un stage dans un restaurant.

Sur le chemin, nous passons devant un immeuble avec escalier extérieur pour permettre aux habitants de se réfugier en hauteur en cas de tsunami.

IMG_4354.JPG

Passage devant une boutique de glaces à déguster, où la tronçonneuse sert à découper des blocs de glace qui sera ensuite pilée et mélangée à des parfums, un vrai délice. Ce n’est pas massacre à la tronçonneuse, rassurez-vous.

IMG_4358

IMG_4364.JPG

Port de Kagoshima avec au loin le volcan très impressionnant Sakurajima.

IMG_4372.JPG

IMG_4398.JPG

Après avoir raccompagné mes amis à leur appartement en fin d’après-midi, j’ai aimé flâné pour rejoindre mon hôtel, aussi me perdre dans des petites rues sans prétention mais si révélatrices de la façon dont vivent les japonais. Je trouve un autre bâtiment avec la mention explicite de « TSUNAMI ESCAPE BUILDING » . Pas rassurant, me direz-vous, mais c’est la réalité du Japon soumis aux mouvements des forces de la nature parfois dévastateurs.

IMG_4429.JPG

Un peu plus loin, c’est un panneau sur le Sakurajima et son panache menaçant, avec cette belle écriture japonaise de caractères empruntés au chinois. Et puis aussi ce chouette dessin d’un restaurant chinois.

IMG_4440.JPGIMG_4447.JPG

Une belle journée au pays du Soleil levant.

Gilbert SANSLAVILLE

Jeudi 13 juillet 2017

AUTOUR DE KAGOSHIMA

Le décalage horaire ne disparaît pas immédiatement et je me sens encore vaseux, avec parfois une envie irrépressible de dormir. Je ne me suis pas tout à fait adapté à l’heure japonaise.

Nous partons mercredi matin au sud de Kagoshima, dans la pointe méridionale de l’île de Kyushu, parfois nommée « le pays du feu » en raison de son intense activité volcanique. Découvrir un pays étranger avec une voiture permet de sortir des chemins habituels desservis par les lignes de train ou de bus ; c’est un autre regard que l’on porte alors sur les choses. Je me murmure à moi-même qu’il faudrait que je fasse traduire mon permis de conduire en japonais pour avoir la possibilité de louer moi-même un jour, lors d’un prochain voyage, une voiture pour pouvoir aller dans ces villages, ces lieux reculés, si éloignés que jamais je ne pourrais les visiter sans cela.

A une trentaine de kilomètres, en suivant la côte, nous allons voir un bateau sur cale que possède un ami japonais qui nous accompagne. Dans quelques jours auront lieu des régates, et il souhaite se rendre compte de l’état du bateau.

Toujours cette idée de voyage, de déplacement, de course pour arpenter le monde et s’arpenter soi-même en se connaissant mieux. En plongeant dans ce Japon encore si mystérieux pour moi, où les villages ne sont jamais très loin de la côte, parfois posés à flanc de montagne.

IMG_4070.JPG

Nous longeons donc sur des kilomètres des habitations, des villages qui se protègent comme ils le peuvent mais qui seraient bien impuissants face à des tsunamis de plusieurs mètres, voire de plusieurs dizaines mètres de hauteur.

IMG_4086.JPG

C’est peut-être pour cela que tout le Japon est imprégné de cette notion d’éphémère qui se manifeste si bien lors de la floraison des cerisiers au mois de mars et d’avril de chaque année, cette floraison qui remonte vers le nord et parfume tout le pays.

IMG_4100.JPG

Nous rencontrons aussi des ports et notamment un port pétrolier avec d’immenses cuves de carburant. Qu’en serait-il de la pollution et des dégâts causés par un tsunami ? Question sans réponse – mais nous avons pourtant le triste exemple de Fukushima – qui montre la fragilité et aussi la force d’un pays, toujours prêt à se battre pour relever les défis de la vie et d’une nature qui, si elle sait se montrer généreuse, est aussi parfois d’une redoutable cruauté.

IMG_4091

Visiter un pays, ce n’est pas seulement s’intéresser à ses paysages, mais c’est aussi se pencher sur ce qui constitue l’essence même de son âme, de sa force de vie, et pour cela, il faut beaucoup de temps et de patience… D’humilité aussi.

Le long de la côte, digue qui paraît si fragile face à la force de l’océan…

IMG_4099.JPG

Petite pause avec mes amis.

IMG_4109.JPG

Paysage maritime avec une végétation luxuriante.

IMG_4121.JPG

Et des panneaux imagés pour protéger petits et grands.

IMG_4129

Nous continuons notre route pour visiter un monastère enfoncé dans la montagne et, pour cela, nous traversons une forêt qui porte encore les stigmates de tempêtes passées, avec des arbres arrachés, couchés, la terre déchirée…A l’image de l’existence, dans un archipel où la vie des hommes est étroitement liée à la nature.

IMG_4175.JPG

Il y a dans tout le Japon une esthétique des formes, des couleurs, des choses qui renvoie à l’essence même de la vie, avec aussi ce souci de protéger les arbres, de leur donner parfois une béquille pour leur permettre de prolonger leur existence, malgré leur grand âge.

IMG_4180.JPG

L’entrée du temple et de ses jardins, comme l’irruption soudaine dans un monde caché, parfois oublié de la mémoire des hommes où, pourtant, la beauté et l’esthétique nous rappellent que la véritable richesse qui nous rattache au monde du vivant n’est pas là où beaucoup pensent la trouver…

IMG_4186.JPG

IMG_4190.JPG

Le temple et ses jardins.

IMG_4206.JPG

IMG_4213.JPG

IMG_4238.JPG

La vie est aussi une route…

IMG_4249.JPG

Et nous quittons bientôt ce lieu chargé de spiritualité, dans un monde moderne où celle-ci est de moins en moins présente, comme si l’homme était devenu étranger à son propre milieu qui l’a vu apparaître et se développer. Ces oriflammes semblent battre à l’unisson des grandes forces de la nature, du vent qui glisse sur les feuilles, rebondit, s’échappe pour s’enfoncer dans les profondeurs de la forêt, avec je ne sais quel message…

IMG_4255

Cela me rappelle un livre de poésie chinoise sur les formes du vent, sur ces formes qu’il peut prendre au gré de ses disgressions lors de ses courses sans fin, et sur les formes qu’il sculpte sur tout ce qu’il rencontre au fil du temps… N’est-ce-pas ce que nous faisons aussi tout au long de notre vie, par nos rencontres, nos projets, notre façon d’appréhender les choses… Et dans ce sens, cela illustre pourquoi, lors de notre mort nous n’emportons rien avec nous, mais qu’au contraire nous ne laissons que des traces, des influences sur les autres, tout comme nous en recevons…

Les nourritures terrestres…

IMG_4269.JPG

Nous nous arrêtons pour déjeuner dans un restaurant encaissé le long d’une route, tout en bois foncé, adossé à un talus le long duquel coule un petit cours d’eau où sont retenus des poissons qui seront pêchés à la demande et bientôt servis au client.

Il fait frais et cela nous repose des fortes chaleurs qui sévissent. Je découvre un plat original fait de pâtes que l’on plonge dans une eau froide qui tourne en rond dans un récipient et que l’on va chercher avec des baguettes. Je maîtrise depuis assez longtemps cette originalité asiatique que l’on utilise pour manger, ces fameuses baguettes, et j’apprécie beaucoup leur usage.

IMG_4264

IMG_4271

Avec les amis.

IMG_4274.JPG

Après nous être restaurés, nous partons à Ibusuki pour un bain de sable fort agréable. Enveloppés dans un vêtement fourni par l’établissement, nous nous laissons recouvrir, allongés sur la plage face à l’océan et à l’abri du soleil sous une sorte de paillote, par du sable chaud que des personnes plutôt âgées nous mettent sur le corps, avec la tête posée sur une serviette. Ce sont des minéraux marins véhiculés par l’eau chaude issue de l’activité volcanique qui délassent, reposent le corps jusqu’à ce qu’il se mette à suer, éliminant des toxines. Je tiens un quart d’heure, sentant bientôt ma circulation sanguine s’accélérer. On finit toujours ce bain de sable chaud dans un onsen, ici tout proche de la plage ; c’est une plongée tout nu, une fois la douche prise, dans un bain d’eau très chaude, mais je n’y reste pas longtemps.

IMG_4276.JPG

L’établissement pour bain de sable chaud avec son onsen et…sa petite digue qui paraît bien modeste face à la puissance de l’océan.

IMG_4278.JPG

Nous rejoindrons un peu plus tard un autre onsen, véritablement superbe, en balcon sur la mer et là, j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de magique à être entre ciel et terre – le ciel était très bleu, lumineux – dans cette eau très chaude, comme dans un bain primitif qui pourrait régénérer les corps et les âmes. Depuis le général Mac Arthur, les onsens ne sont plus mixtes au Japon. Mais ce serait trop long d’expliquer ici pourquoi, quoiqu’il ne faille jamais dédaigner l’histoire pour comprendre un pays, et en particulier le Japon.

J’ai terminé la soirée dans ma chambre d’hôtel, déclinant l’invitation à dîner de mes amis, afin de me reposer, car si la journée avait été passionnante, me dévoilant certains aspects du Japon dans son intimité intrinsèque, j’avais vraiment besoin de repos. Les kilomètres parcourus, les activités de sable et d’eau et cette tension pour appréhender tout ce que je découvrais du Japon, avaient eu raison de ma résistance.

Gilbert SANSLAVILLE

Mercredi 12 juillet 2017

KAGOSHIMA, LES RETROUVAILLES…

Au mois d’avril 2015, je m’étais rendu à Kagoshima sur les conseils de Junko, une amie japonaise et d’Alain son mari français. J’avais notamment été sur une presqu’île où se dresse la silhouette imposante du volcan Sakurajima qui culmine à 1117 mètres d’altitude. Cela avait été un moment étrange de faire le tour d’une partie de cette presqu’île qui est habitée par ailleurs, et où sont notamment cultivés des daikons, gros radis chinois, dans une atmosphère où la cendre volcanique est partout présente, le ciel chargé et où j’avais parfois ressenti un sentiment d’oppression, de solitude aussi, à la fois de retour au côté primitif de la vie et paradoxalement à une fin de quelque chose, tant tout me paraissait fragile, instable, flottant dans une irréalité. Je portais d’ailleurs un masque pour éviter de respirer trop de particules en suspension. Le volcan est en effet très actif. Les japonais ont construit des canaux, des bassins et des digues pour canaliser les coulées de lave et ils ont aussi édifié des abris pour se protéger en cas d’éruption soudaine.

IMG_0786

IMG_0942.JPG

Après avoir pris un ferry pour me rendre sur la presqu’île, j’étais monté dans un bus qui m’avait déposé une vingtaine de kilomètres plus loin près d’une plateforme d’où l’on pouvait observer facilement le volcan. Peu de monde dans le bus, encore moins sur la plateforme, et moi qui étais revenu sur mes pas sur une distance de quelques kilomètres pour observer les ouvrages construits afin de se prémunir de la colère de la terre… J’ai croisé sur la route quelques rares voitures et je n’ai rencontré aucune âme qui vive. C’était assez angoissant mais aussi euphorisant, tant l’émotion de me retrouver sur ce Japon unique, loin des circuits touristiques habituels m’avait aussi permis de ressentir beaucoup d’humilité face à la nature puissante, parfois sauvage mais tellement vivante, et aussi comme une complicité avec l’essence même des choses.

Arrivé de nouveau à Kagoshima cette année, après avoir revu mes amis venus me chercher à mon hôtel, nous nous sommes promenés dans un quartier très commerçant tout proche, aux rues couvertes pour éviter, je pense, les retombées de cendre volcanique quand le volcan se met à tousser, ce qui est assez fréquent en fait. Mais on retrouve très souvent au Japon ce type de rues dans quelque chose qui pourrait s’apparenter à des halles couvertes pour se prémunir des assauts du ciel. J’étais assez fatigué de mon voyage Paris-Hong Kong-Osaka-Kagoshima, avec escales et quelque chose comme 15 heures d’avion. C’était un vrai bonheur de me retrouver là, avec mes amis, au Japon.

Nous avons été dîner dans un restaurant sympathique, à la très belle décoration intérieure tout en bois clair, avec de belles calligraphies comme je les aime et qui invitent à la découverte de ce que l’on ne connaît pas encore, tant la poésie de l’écriture de la langue japonaise remonte à des temps anciens où l’homme commençait à vouloir traduire dans une représentation nouvelle tout ce qu’il observait et l’émouvait…et aussi pour pouvoir partager ces émotions dans un langage universel.

IMG_20170711_204929.jpg

Le restaurant dans toute son esthétique intérieure…

21191977_781397862030065_8703852350902791971_n

21078655_781398018696716_1109488227298847475_n

21034347_781397882030063_6244231472408284556_n

20953497_781397932030058_2443917887930931749_n

Mes amis.

21105502_781398088696709_2820209438156757902_n

21077812_781398118696706_6723539329737657977_n

Avec la patronne du restaurant. With the boss of the restaurant. This dinner was a very pleasant time with my friends.

21083324_781402198696298_2202431385767953205_o

La nuit fut une peu difficile en raison de la fatigue et du décalage horaire. Mais la journée fut très belle !!

Gilbert SANSLAVILLE

Mardi 11 juillet 2017

D’OSAKA à KAGOSHIMA

Le voyage, c’est pour moi l’arpentage de territoires sur lesquels je n’ai aucune ou si peu d’expérience ou de connaissances, dont je n’ai pas encore déchiffré le terrain, c’est à dire que je ne l’ai pas encore compris. En ce sens, l’apprentissage de la langue chinoise est aussi une façon de découvrir un monde inconnu et dont les caractères remontent très loin dans le temps, si loin que la mémoire ne se souvient qu’imparfaitement de ces traits tracés sur la carapace des tortues, des pierres, du bois et plus tard sur du papier ; c’était sans doute une façon de graver dans la matière l’expérience de quelque chose pour la retenir et la partager avec les membres du groupe. Peut-être est-ce la véritable raison pour laquelle j’ai entrepris l’apprentissage de cette belle langue, si difficile mais qui parle de la mémoire des hommes.

J’aime beaucoup ce terme d’arpentage ; il décrit la situation où l’on prend la mesure de quelque chose, sa consistance en tant que telle et par rapport à son environnement.

Arrivé à l’aéroport d’Osaka Kansai, après avoir récupéré mes bagages, il me faut prendre le shuttle bus, la navette, pour rejoindre l’autre aéroport d’Osaka, Osaka Itami. Mais avant cela je dois passer au contrôle de la douane. Contrôle du passeport, empreintes digitales de chaque index, photo d’identité dans une grande salle où il est strictement interdit de prendre des photos et où est rappelé en anglais et en japonais que des mesures contre le terrorisme sont édictées pour la sécurité de tous
.
Une fois ma valise récupérée, je passe au contrôle de police où se trouvent des policiers en tandem avec des chiens qui viennent renifler les bagages. Au Japon, les choses sont toujours faites avec beaucoup de sérieux et de rigueur, on ne plaisante pas sur ce qui ne se fait pas, entendons nous bien, sur ce qui ne doit pas se faire, puisque l’on me demande si je je transporte pas de la drogue, des armes, si je n’ai pas déjà été condamné. Et nous passons bientôt aux travaux pratiques avec la fouille minutieuse de ma valise, le déplacement des vêtements pour vérifier que rien d’illicite ne s’y trouve, avec aussi des questions sur les raisons de mon déplacement au Japon et les motifs des cadeaux que j’ai amenés pour mes amis japonais et taïwanais.
Passage réussi. Tout cela est dans le fond très rassurant et se fait avec un grand sourire. Au Japon, on est vraiment très bien accueilli comme je l’ai toujours constaté lors de mon premier séjour.

Je quitte le contrôle de police pour rejoindre le départ des bus à destination d’Osaka Itami.

IMG_3864.JPG

Afin de pouvoir prendre la navette, je dois m’acquitter dans un appareil automatique du prix indiqué pour Osaka Itami, et ce grâce à une hôtesse chargée d’aider les voyageurs comme moi qui arrivent un peu perdus, ignorant tout de la façon de procéder.

IMG_3862.JPG

Puis je pose ma valise le long du bord du trottoir, de façon très ordonnée à la demande du conducteur, les bagages se suivant les uns derrière les autres. Pas question de tout déposer en vrac ; j’ai ainsi remarqué qu’au Japon, une certaine harmonie devait prévaloir, jusque dans les choses les plus simples de la vie.

IMG_3870

Après une heure de transport pendant laquelle nous longeons la côte, avec à ma gauche la mer, ainsi qu’une multitude de ports, petits et grands, leurs quais encombrés, des activités industrielles nombreuses et des bâtiments qui s’échelonnent tout au long de mon parcours… Osaka ouverte sur le monde.

Je rencontrerai souvent pendant mon voyage une architecture un peu avant-gardiste, qui semble défier les constructions traditionnelles.

IMG_3872.JPG

La mer pour horizon…

IMG_3895.JPG

Et aussi la mer qui relie…

IMG_3900.JPG

Qui permet les échanges…

IMG_3912.JPG

Les images d’Osaka défilent et je ne me lasse pas de découvrir ces paysages maritimes sans cesse changeants…

IMG_3921.JPG

IMG_3946.JPG

A ma droite, c’est la ville proprement dite qui semble s’étaler à l’infini.

IMG_3965

Plongée dans les artères nourricières d’Osaka. Ces photos ne sont pas toujours très nettes, elles abritent des reflets dus aux rayons de soleil sur les vitres de la navette. Néanmoins, je les ai placées à l’intérieur de mon texte pour faire partager au lecteur l’étonnement qui a été le mien face à cette ville si différente de nos villes européennes.

IMG_3976.JPG

Osaka, une ville qui se donne aux voyageurs curieux de tout connaître d’elle…

IMG_3979.JPG

Au Japon, on roule à gauche et cela me rappelle l’Irlande où nous avions loué une voiture il y a une bonne dizaine d’années; le premier quart d’heure avait été assez difficile à appréhender, en particulier lorsque j’avais dû prendre un carrefour sur ma gauche, grosse émotion et, l’instant d’après, le sourire de m’en être tiré.

Je redécouvre avec émotion ce Japon qui m’avait tant ému la première fois, en particulier cette retenue qu’ont la plupart des japonais, une délicatesse de tous les instants, la pudeur, la distance à garder pour ne pas gêner l’autre, tout en répondant présent lorsque l’on demande un renseignement.
Il fait beau, très chaud. C’est vraiment une très belle journée.

A mon arrivée, je présente au conducteur du bus le ticket que l’on m’a remis à Osaka Kansai afin de récupérer ma valise.

IMG_3873

Et je me dirige bientôt vers le bureau de la compagnie aérienne ANA pour demander à partir sur le prochain vol de 13h10 au lieu de 17h, puisque je suis arrivé plus vite que prévu à Osaka Itami. Inquiet, j’avais en effet pris mes précautions lors de ma réservation pour ne pas me précipiter sur le premier vol à Itami, le billet étant non échangeable. Et petit miracle, comme cela se passe très souvent au Japon, l’échange qui ne pouvait pas se faire, et bien, il se fait avec le plus grand sourire et, comme le temps est compté, une hôtesse m’attend un peu avant la porte d’embarquement pour me guider.

Il s’agit en fait d’un billet d’avion « ANA Experience » à tarif réduit pour étrangers, à condition de le prendre au moins trois jours avant le départ. Cela permet de voyager moins cher et aussi plus rapidement. Je le recommande.

J’ai vraiment l’impression d’être sur une autre planète et je me sens mieux accueilli qu’en France, les japonais étant très serviables, accommodants, regardant les étrangers avec beaucoup de bienveillance.

Sur le tarmac.

IMG_3993

Décollage pour Kagoshima. Je dois dire aussi qu’au moment où l’avion s’est placé sur la piste pour amorcer son décollage, les deux employés de l’aéroport chargés au sol de le guider nous ont fait un signe de la main pour nous saluer, puis ils se sont légèrement inclinés, par respect ou politesse.

IMG_4009.JPG

Osaka vu du ciel.

IMG_4017.JPG

Gilbert SANSLAVILLE

Mardi 11 juillet 2017

Au pays du Soleil levant et de la République de Chine aussi nommée Taïwan…

This is my second trip to Japan ; the first was in march 2015. This year, I have decided to extend this second trip to Taïwan in order to discover this country. I was very happy to return to Asia.

* * * * * * * * * * * *

Déjà deux ans que j’avais foulé le Japon pour la première fois, c’était en mars 2015 pour trois semaines, une éternité dans le fond, moi qui avais rêvé de ce pays depuis si longtemps, depuis mes 20 ans, sans jamais prendre un billet d’avion pour faire coïncider rêves et réalité.

J’ai donc décidé de repartir à l’est du monde, vraiment très à l’est pour retrouver le Japon.
Cela a commencé par un trajet en train pour rejoindre Paris dimanche 10 juillet de cette année 2017 . Nous ne nous sommes pas trop attardés avec ma famille sur le quai à Poitiers pour nous dire au-revoir. Cela tient sans nul doute à mon origine pied-noir quand, à chaque fois que ma mère quittait ses sœurs à la fin des vacances où lors d’un séjour, elles se mettaient toutes à pleurer, tant l’exil de notre terre natale, l’Algérie leur pesait, car elles ne se résignaient pas au fond d’elles-mêmes à cette déchirure qui les avait tant fait souffrir.

Après une nuit passée à Paris chez des amis, me voici parti à l’aéroport Charles-de-Gaulle pour prendre un long courrier, destination Osaka au Japon via Hong Kong. Le départ est prévu à 13h10. C’est un long ballet d’oiseaux blancs au plumage coloré à l’effigie des compagnies qui offre aux voyageurs une chorégraphie dont je ne me lasse pas.

IMG_3749.JPG

L’envol, direction Osaka avec escale à Hong Kong.

IMG_3753.JPG

La nuit artificielle que les hôtesses de l’air vont bientôt nous procurer en nous faisant fermer les hublots, après une collation où je ne résiste pas à un verre de vin blanc qui fleure bon les plaisirs de la table, me plonge bientôt dans un sommeil où je navigue entre rêves d’Asie et ce que j’ai appris sur mes ancêtres grognards sous Napoléon, à savoir leurs longues marches, par tous les temps et sous le feu des canons, dans de très nombreuses batailles en Prusse, en Pologne et pendant la campagne de Russie. L’avion est plus confortable, plus rapide et surtout l’époque se prête moins aux instincts belliqueux, quoique l’actualité ne soit pas toujours très rassurante.

Le voyage permet de mieux se connaître, surtout lorsque l’on voyage seul ; c’est aussi le temps de la découverte des autres, de leur culture propre, de tout ce qui nous différencie d’eux et il est vraiment très réconfortant de rencontrer des façons différentes de penser, de poser les choses, d’envisager l’avenir. Pour moi, la pensée ne sera jamais unique.

Au réveil, c’est le temps d’accueillir ce nouveau continent, l’Asie, dont les premiers paysages m’enchantent. C’est aussi le moment de mettre sa montre à l’heure chinoise et un peu plus tard à celle du Japon (plus 7 heures par rapport à la France) ; et pour bien commencer la journée de prendre un petit déjeuner chinois que ma voisine, native de Chengdu, m’aide à choisir sur la carte que je déchiffre mal, ma connaissance de cette belle langue chinoise devant encore beaucoup progresser.

IMG_3812

Notre vol ayant environ une demi-heure de retard, je suis accueilli le lendemain 11 juillet à la descente d’avion à Hong Kong, « Port parfumé » en chinois,香 港 par une hôtesse très souriante qui me prend en charge pour rejoindre un autre avion afin de rejoindre Osaka. Je ne verrai que de très beaux paysages par un hublot de cette ancienne colonie britannique que la Chine a repris sous son drapeau voilà 20 ans sous le principe « Un pays, deux systèmes ».

IMG_3826.JPG

Autant il y avait beaucoup d’européens sur le vol Paris-Hong Kong, autant ils se font plus rares à destination d’Osaka et, quand je prendrai l’avion quelques heures plus tard après avoir atterri au Japon pour me rendre à Kagoshima, je serai le seul « Nez long », comme nous appellent les chinois.

Enfin, après un voyage de plus de 15 heures, notre avion se pose enfin à Osaka, je suis un peu fourbu mais pas tant que ça, tant la joie de me retrouver au Japon efface les marques de toute fatigue avec cet immense appétit de mieux comprendre ce pays, sa culture, son histoire, sa poésie des jardins et avant toute chose ses habitants.

IMG_3859

Gilbert SANSLAVILLE

Mardi 11 juillet 2017

SUR LES CHEMINS ESCARPES DE LA SOIXANTAINE

Je côtoie désormais les chemins escarpés de la soixantaine, là où le temps se rétrécit immanquablement, mais je reste toujours aussi épris par les voyages, la littérature et la poésie.

Passionné par l’Asie, par la calligraphie japonaise et chinoise, j’ai décidé d’apprendre le chinois mandarin pour mieux voyager et comprendre ces cultures si différentes de la nôtre.

Toujours aussi attaché à l’Algérie, mon pays natal, la terre de mon enfance, j’y ai découvert dès mon plus jeune âge tout ce que ce pays pouvait avoir de commun avec ces cultures asiatiques dans lesquelles je me suis plongé depuis quelques années, que ce soit au Japon, en Chine, à Taïwan ou en Corée du Sud.

J’espère pouvoir, au travers de ce blog, vous faire découvrir et aimer ces cultures si attachantes.