D’OSAKA à KAGOSHIMA

Le voyage, c’est pour moi l’arpentage de territoires sur lesquels je n’ai aucune ou si peu d’expérience ou de connaissances, dont je n’ai pas encore déchiffré le terrain, c’est à dire que je ne l’ai pas encore compris. En ce sens, l’apprentissage de la langue chinoise est aussi une façon de découvrir un monde inconnu et dont les caractères remontent très loin dans le temps, si loin que la mémoire ne se souvient qu’imparfaitement de ces traits tracés sur la carapace des tortues, des pierres, du bois et plus tard sur du papier ; c’était sans doute une façon de graver dans la matière l’expérience de quelque chose pour la retenir et la partager avec les membres du groupe. Peut-être est-ce la véritable raison pour laquelle j’ai entrepris l’apprentissage de cette belle langue, si difficile mais qui parle de la mémoire des hommes.

J’aime beaucoup ce terme d’arpentage ; il décrit la situation où l’on prend la mesure de quelque chose, sa consistance en tant que telle et par rapport à son environnement.

Arrivé à l’aéroport d’Osaka Kansai, après avoir récupéré mes bagages, il me faut prendre le shuttle bus, la navette, pour rejoindre l’autre aéroport d’Osaka, Osaka Itami. Mais avant cela je dois passer au contrôle de la douane. Contrôle du passeport, empreintes digitales de chaque index, photo d’identité dans une grande salle où il est strictement interdit de prendre des photos et où est rappelé en anglais et en japonais que des mesures contre le terrorisme sont édictées pour la sécurité de tous
.
Une fois ma valise récupérée, je passe au contrôle de police où se trouvent des policiers en tandem avec des chiens qui viennent renifler les bagages. Au Japon, les choses sont toujours faites avec beaucoup de sérieux et de rigueur, on ne plaisante pas sur ce qui ne se fait pas, entendons nous bien, sur ce qui ne doit pas se faire, puisque l’on me demande si je je transporte pas de la drogue, des armes, si je n’ai pas déjà été condamné. Et nous passons bientôt aux travaux pratiques avec la fouille minutieuse de ma valise, le déplacement des vêtements pour vérifier que rien d’illicite ne s’y trouve, avec aussi des questions sur les raisons de mon déplacement au Japon et les motifs des cadeaux que j’ai amenés pour mes amis japonais et taïwanais.
Passage réussi. Tout cela est dans le fond très rassurant et se fait avec un grand sourire. Au Japon, on est vraiment très bien accueilli comme je l’ai toujours constaté lors de mon premier séjour.

Je quitte le contrôle de police pour rejoindre le départ des bus à destination d’Osaka Itami.

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Afin de pouvoir prendre la navette, je dois m’acquitter dans un appareil automatique du prix indiqué pour Osaka Itami, et ce grâce à une hôtesse chargée d’aider les voyageurs comme moi qui arrivent un peu perdus, ignorant tout de la façon de procéder.

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Puis je pose ma valise le long du bord du trottoir, de façon très ordonnée à la demande du conducteur, les bagages se suivant les uns derrière les autres. Pas question de tout déposer en vrac ; j’ai ainsi remarqué qu’au Japon, une certaine harmonie devait prévaloir, jusque dans les choses les plus simples de la vie.

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Après une heure de transport pendant laquelle nous longeons la côte, avec à ma gauche la mer, ainsi qu’une multitude de ports, petits et grands, leurs quais encombrés, des activités industrielles nombreuses et des bâtiments qui s’échelonnent tout au long de mon parcours… Osaka ouverte sur le monde.

Je rencontrerai souvent pendant mon voyage une architecture un peu avant-gardiste, qui semble défier les constructions traditionnelles.

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La mer pour horizon…

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Et aussi la mer qui relie…

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Qui permet les échanges…

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Les images d’Osaka défilent et je ne me lasse pas de découvrir ces paysages maritimes sans cesse changeants…

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A ma droite, c’est la ville proprement dite qui semble s’étaler à l’infini.

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Plongée dans les artères nourricières d’Osaka. Ces photos ne sont pas toujours très nettes, elles abritent des reflets dus aux rayons de soleil sur les vitres de la navette. Néanmoins, je les ai placées à l’intérieur de mon texte pour faire partager au lecteur l’étonnement qui a été le mien face à cette ville si différente de nos villes européennes.

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Osaka, une ville qui se donne aux voyageurs curieux de tout connaître d’elle…

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Au Japon, on roule à gauche et cela me rappelle l’Irlande où nous avions loué une voiture il y a une bonne dizaine d’années; le premier quart d’heure avait été assez difficile à appréhender, en particulier lorsque j’avais dû prendre un carrefour sur ma gauche, grosse émotion et, l’instant d’après, le sourire de m’en être tiré.

Je redécouvre avec émotion ce Japon qui m’avait tant ému la première fois, en particulier cette retenue qu’ont la plupart des japonais, une délicatesse de tous les instants, la pudeur, la distance à garder pour ne pas gêner l’autre, tout en répondant présent lorsque l’on demande un renseignement.
Il fait beau, très chaud. C’est vraiment une très belle journée.

A mon arrivée, je présente au conducteur du bus le ticket que l’on m’a remis à Osaka Kansai afin de récupérer ma valise.

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Et je me dirige bientôt vers le bureau de la compagnie aérienne ANA pour demander à partir sur le prochain vol de 13h10 au lieu de 17h, puisque je suis arrivé plus vite que prévu à Osaka Itami. Inquiet, j’avais en effet pris mes précautions lors de ma réservation pour ne pas me précipiter sur le premier vol à Itami, le billet étant non échangeable. Et petit miracle, comme cela se passe très souvent au Japon, l’échange qui ne pouvait pas se faire, et bien, il se fait avec le plus grand sourire et, comme le temps est compté, une hôtesse m’attend un peu avant la porte d’embarquement pour me guider.

Il s’agit en fait d’un billet d’avion « ANA Experience » à tarif réduit pour étrangers, à condition de le prendre au moins trois jours avant le départ. Cela permet de voyager moins cher et aussi plus rapidement. Je le recommande.

J’ai vraiment l’impression d’être sur une autre planète et je me sens mieux accueilli qu’en France, les japonais étant très serviables, accommodants, regardant les étrangers avec beaucoup de bienveillance.

Sur le tarmac.

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Décollage pour Kagoshima. Je dois dire aussi qu’au moment où l’avion s’est placé sur la piste pour amorcer son décollage, les deux employés de l’aéroport chargés au sol de le guider nous ont fait un signe de la main pour nous saluer, puis ils se sont légèrement inclinés, par respect ou politesse.

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Osaka vu du ciel.

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Gilbert SANSLAVILLE

Mardi 11 juillet 2017

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