LE VOYAGEUR ET L’ENFANCE

Il faut bien l’appeler ainsi, le voyageur, celui qui quitte le nid douillet, le cocon bien connu et confortable où tout est rassurant, quand il s’élance pour quelque chose qui le met en permanence en déséquilibre, dès ce moment bien précis où il se concentre sur lui-même pour se projeter vers un ailleurs, au-delà de son horizon habituel, pour tenter d’étreindre ce monde qu’il connaît si mal et qu’il voudrait mieux comprendre dans sa complexité, son histoire, sa culture et, par dessus-tout dans sa richesse humaine.

Le voyageur connaît des moments d’intense bonheur lorsqu’il ouvre des portes, des fenêtres sur la vie, sur ces choses inédites dont il ne soupçonnait même pas l’existence ; mais ce sont aussi des moments de solitude, de doute, oui pourquoi partir au bout du monde avec la barrière de la langue où tout devient affreusement compliqué, difficile, avec sa valise à traîner, l’hôtel à réserver pour ne pas être pris de court et, quelques jours plus tard, reprendre la route en laissant à leurs occupations tous ceux et toutes celles qu’il a pu rencontrer.

Oui, pourquoi rechercher la difficulté alors que la simplicité, la routine sont tellement plus faciles à vivre au quotidien pour la majorité des personnes. Tout simplement je pense, parce que le voyage est lié à l’enfance. Quand on est un enfant, on a soif d’apprendre, de découvrir, d’essayer les choses, de démonter pour remonter, de comprendre. Et le voyageur quand il arpente le monde, ré-apprend tout de la condition humaine, de ses espoirs, du désespoir même, de l’espérance que Jean-François Deniau définissait comme la volonté d’espoir. Pour essayer de changer, bien modestement, le cours des choses, la trajectoire du soleil et de la lune…

Oui on peut rêver de vouloir apporter sa petite contribution pour que le monde soit plus humain, et cela passe aussi par la connaissance des autres, de ceux qui sont étrangers, différents de nous, à la couleur de peau si éloignée de la nôtre que certains agitent un chiffon rouge pour nous affoler et nous exciter à les chasser.

Les étrangers, les métèques, les réfugiés sont pour les pourfendeurs vindicatifs et haineux que l’on rencontre encore malheureusement, des gens à chasser, niant en cela leur humanité, notre humanité commune.

Je pense que tous les citoyens du monde devraient voyager, près de chez eux, en Europe, en Afrique, dans les Amériques, en Océanie, en Asie, partout sur cette Terre si fragile afin de repousser les barrières, de faire tomber les murs.

Quand on devient voyageur, que l’on se met en route, c’est d’abord par fidélité à l’enfant que l’on a été et aux rêves qui nous bercés pour faire de nous des femmes et des hommes libres.

Gilbert SANSLAVILLE

Mercredi 19 juillet 2017

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