Voyage au coeur de l’humain…

Abidjan, le 14 janvier 2020

Voyager pour découvrir, pour s’intéresser à la différence, parfois pour s’interroger sur la trajectoire d’autres peuples, afin de mieux comprendre ce qui nous sépare des autres, mais aussi ce qui nous rassemble. Car l’humain est un…

Hier soir, j’ai changé de trottoir en allant faire mes courses, ça me semblait intéressant de voir de l’autre côté du boulevard les petits jardins où s’affairent des vendeurs pour proposer leurs plantes, leurs fleurs aussi. Cela dégage une odeur printanière, apaisante. C’est un jardin éphémère qui peut permettre à certaines populations de vivre.

J’ai traversé, fait une centaine de mètres et brusquement, j’ai rencontré sur le côté le regard un peu perdu de deux petits garçons, d’environ 6 et 9 ans, apparemment occupés à garder tous ces pots offerts au regard des passants.

Ils m’ont regardé avec ce qui me semblait être une certaine détresse, du moins c’est ainsi que je l’ai compris, ou interprété. Ils étaient seuls, debout. Ils m’ont suivi avec leurs yeux d’enfants qui auraient bien aimé aller jouer ou prendre leur goûter. Mais il n’y avait rien de cela, simplement deux solitudes dans cette grande ville affairée, où l’on rencontre une foultitude de taxis. Des taxis rouges individuels, des taxis jaunes collectifs que des milliers de gens empruntent tous les jours.

J’ai continué mon chemin, un peu désemparé par ce que je percevais. La dureté de la vie, où il faut se battre pour survivre, ramener de quoi manger. Pour le reste, j’imagine que tout était à l’avenant pour eux. Il n’est qu’à voir l’habitat précaire que l’on rencontre le long des routes. 

Certains enfants aident leurs parents, ont des petits boulots en plus de l’école, ou qui sait, parfois des petits boulots tout court. Distribuer les journaux, de l’eau le long des grands voies routières comme je l’ai vu en rentrant chez moi, et c’est parfois dangereux de s’infiltrer dans le trafic quand les voitures ralentissent pour cause de bouchon, et repartent quand la circulation reprend. Garder des plantes, laver des voitures, cirer des chaussures, vendre de la menue vaisselle, la liste est longue et affligeante pour le devenir de ces enfants.

Que faire ? Leur sourire, leur témoigner de la sympathie, échanger un regard, leur montrer notre humanité. Peut-être aussi, surtout oui je pense, apporter notre modeste contribution par notre engagement pour véhiculer des idées qui peuvent être reprises par les adultes d’ici, afin que les choses changent.

Pour que la vie s’humanise, pour que les rêves chantent, aient des couleurs et dessinent un monde où chacun aura sa place.

Gilbert SANSLAVILLE 桑吉伯

Un commentaire sur « Voyage au coeur de l’humain… »

  1. Que d’émotions à lire ces lignes si joliment écrites. Ces regards d’enfants en détresse, je les ai aussi croisés lors de mes voyages; Peut-être est-ce pour cette raison que je ne voyage plus. Mon impuissance me révolte.

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