RETOUR EN ALGERIE

Alger, 31 mars 2019

Retour en Algérie, sur la terre de mes ancêtres où j’ai vu le jour voilà déjà si longtemps…

J’ai choisi de faire cette traversée par bateau, sur la compagnie Algérie Ferries en compagnie d’un de mes fils, Antoine, et d’Edouard, un ami né également en Algérie. Le voyage est prévu du dimanche 31 mars au vendredi 12 avril. A bord, nous retrouvons de façon fortuite un ami, Abdel, qui se rend aussi en Algérie.

En 1962, c’était l’exil par bateau ou par avion au départ d’Alger ou d’Oran. Un sauve qui peut. La fuite sans retour. Un billet simple.

Nous partons de Marseille vers midi, sous un ciel bleu et froid. C’est l’excitation depuis que nous sommes arrivés la veille, le temps aussi des interrogations sur le pourquoi de ce voyage. Retrouver notre terre et aussi la découvrir, tant l’éloignement peut être source d’incompréhension.

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Vers minuit, le navire est passé entre les îles Baléares de Majorque et Minorque, sans que je puisse observer, caché par la côte, le port de Port Mahon d’où certains de mes ancêtres sont partis bien avant les années 1858. Sans le vouloir, je prends la route de leur exil, comme pour remonter le temps afin de mieux comprendre ce qu’a pu être leur vie.

Mais je veux aussi tout savoir de cette Algérie qui s’éveille à un vent de liberté depuis quelques semaines. Retrouver le fil de ma vie, mais aussi et peut-être surtout plonger dans la vie du pays, marcher dans ses rues, goûter sa cuisine, admirer son architecture. Et puis aussi, regarder du sud cette mer Méditerranée qui au fil des années était devenue frontière au point que beaucoup se sont interdit de revenir là où ils sont nés.

Le commandant nous a permis pendant la traversée d’entrer dans le poste de pilotage. Magnifique paysage où je peux observer la puissance du navire, la beauté de la mer. J’imagine aussi ce qu’a pu représenter ce voyage pour mes ancêtres, partagés entre la douleur de leur exil et l’espérance d’une vie nouvelle. Car tout au long du dix-neuvième siècle, de nombreux habitants de l’île de Minorque, appelés aussi Minorquins ou Mahonnais ont été chassés de leur pays par la misère. Pour eux, l’Algérie était l’opportunité de changer de vie.

Au petit matin, Alger s’offre à nous dans toute sa beauté resplendissante, avec un vent frais et des nuages qui obscurcissent ce paysage saisissant de beauté. J’aime profondément ma ville natale.

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Gilbert Sanslaville 桑吉伯

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