時間的流逝 – Le temps qui passe

時間的流逝

讓頭髮多了幾縷白絲

讓記憶時而消逝

讓熱情逐漸衰退

這僅是溜滑梯的開始

對我而言,我估量著今後在溜滑梯上的每一天

就這樣溜著

人們嘗試著抓著樹枝為減緩滑落的速度

但仍然滑行著

我們若能偶爾停下,那便是最好的了。

Le temps qui passe…
Quelques cheveux blancs,
La mémoire qui s’enfuit parfois,
Le goût fané,
C’est le début du toboggan.
Pour moi, je mesure tous les jours que je suis désormais sur le toboggan,
ça glisse,
On essaie de se retenir aux branches pour limiter la descente.
Mais ça glisse quand même,
Au mieux on peut faire parfois du surplace.

桑吉伯

DE LA SENIORITE

Les chemins de la soixantaine sont sans doute parmi les plus ardus et ingrats de la vie, sentiers semés d’embûches et à l’horizon désormais incertain. La ligne de crête qu’ils empruntent côtoie souvent un abîme inquiétant, celui de la vieillesse inéluctable, mais aussi des falaises très escarpées, par où il est difficile de s’échapper .

Chacun s’efforce d’y avancer à son rythme, s’aventurant parfois, au gré de son parcours, sur des pistes étroites qui s’offrent à lui, pour déboucher, qui sait, sur des clairières où les choses de la vie semblent prendre des couleurs inédites…

Entre une jeunesse ardente aux futurs prometteurs, et une vieillesse bien trop souvent tombée, sous le regard des autres, dans un fossé stérile, se situe ce que j’appellerais la « séniorité », en transformant le sens initial de ce joli mot. La séniorité, cet âge ultime pour rester dans le mouvement, la créativité, s’inventer un nouvel avenir, parfois à contre-temps de son propre passé, malgré le temps qui se retrécit bien trop vite. C’est peut-être de l’inconscience que de s’essayer à ouvrir d’autres portes, à un âge où elles se referment sans que l’on n’y puisse grand-chose, à moins tout simplement d’être porté par une résilience qui prend sa source aux racines les plus profondes de son être.

Voyager dans des aventures au long cours, s’éveiller à la beauté de paysages inconnus et de cultures que l’on ne connaît pas vraiment, rencontrer de nouvelles personnes dans un échange fructueux ; ou tout simplement re-découvrir les joies simples de la vie, son quartier, sa ville en renouvellant son regard sur les choses. A chacun sa liberté !

Voilà qui peut ensemencer nos vies d’énergies inattendues et nous donner de la force face à notre propre vieillesse. Avec ce regard attentif, bienveillant, curieux qui pousse sans cesse à apprendre pour, au soir de notre vie, mieux comprendre et aimer ce monde dans lequel nous sommes ce maillon si fragile, et pourtant si essentiel entre les générations qui nous ont précédés et celles qui nous suivront…

† Gilbert Sanslaville

National Museum of Modern and Contemporary Art, Korea29 mai 2018

Abstractions, quand l’aventure commence dans son esprit

RETOUR EN ALGERIE – BACK TO ALGERIA

Alger, 31 mars 2019 – Algiers, march 31st 2019

Retour en Algérie, sur la terre de mes ancêtres où j’ai vu le jour voilà déjà si longtemps…

J’ai choisi de faire cette traversée par bateau, sur la compagnie Algérie Ferries en compagnie d’un de mes fils, Antoine, et d’Edouard, un ami né également en Algérie. Le voyage est prévu du dimanche 31 mars au vendredi 12 avril. A bord, nous retrouvons un ami de mon fils, Abdel, qui se rend aussi en Algérie.

Nous sommes partis de Marseille vers midi, sous un ciel bleu et froid.

Back to Algeria, on the land of my ancestors where I was born a so long time ago …

I choosed to make the crossing by boat, on the company Algeria Ferries with one of my sons, Antoine, and a friend, Edouard, also born in Algeria. The trip is scheduled from Sunday, March 31st to Friday, April 12. On the boat we find a friend of my son, Abdel, who also makes this trip.

We left Marseille towards noon, under a blue and cold sky.

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Vers minuit, le navire est passé entre les îles Baléares de Majorque et Minorque, sans que je puisse observer, caché par la côte, le port de Port Mahon d’où certains de mes ancêtres sont partis bien avant les années 1858. Sans le vouloir, je prends la route de leur exil, comme pour remonter le temps afin de mieux comprendre ce qu’a pu être leur vie.

Mais je veux aussi tout savoir de cette Algérie qui s’éveille depuis quelques semaines à un vent de liberté.

Le commandant nous a permis pendant la traversée d’entrer dans le poste de pilotage. Magnifique paysage où je peux observer la puissance du navire, la beauté de la mer. J’imagine aussi ce qu’a pu représenter ce voyage pour mes ancêtres, partagés entre la douleur de leur exil et l’espérance d’une vie nouvelle. Car tout au long du dix-neuvième siècle, de nombreux habitants de l’île de Minorque, appelés aussi Minorquins ou Mahonnais ont été chassés de leur pays par la misère.

Au petit matin, Alger s’offre à nous dans toute sa beauté resplendissante, avec un vent frais et des nuages qui obscurcissent ce paysage saisissant de beauté. J’aime profondément ma ville natale.

Around midnight, the ship passed between the Balearic Islands of Mallorca and Menorca, without me being able to observe, hidden by the coast, the port of Port Mahon from where some of my ancestors left well before 1858.

But I also want to know everything about Algeria, which has been awakening for a few weeks to a wind of freedom.

The captain allowed us during the crossing to enter the cockpit. Beautiful landscape where I can observe the power of the ship, the beauty of the sea. I also imagine what could represent this trip for my ancestors, shared between the pain of their exile and the hope of a new life . For throughout the nineteenth century, many inhabitants of the island of Menorca, also called Minorquins or Mahonnais were driven out of their country by misery.

In the early morning, Algiers offers itself to us in all its resplendent splendor, with a fresh wind and clouds which darken this striking landscape of beauty. I deeply love this city.

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Gilbert Sanslaville

SUR LES CHEMINS ESCARPES DE LA SOIXANTAINE

Je côtoie désormais les chemins escarpés de la soixantaine, là où le temps se rétrécit immanquablement, mais je reste toujours aussi épris par les voyages, la littérature et la poésie.

Passionné par l’Asie, par la calligraphie japonaise et chinoise, j’ai décidé d’apprendre le chinois mandarin pour mieux voyager et comprendre ces cultures si différentes de la nôtre.

Toujours aussi attaché à l’Algérie, mon pays natal, la terre de mon enfance, j’y ai découvert dès mon plus jeune âge tout ce que ce pays pouvait avoir de commun avec ces cultures asiatiques dans lesquelles je me suis plongé depuis quelques années, que ce soit au Japon, en Chine, à Taïwan ou en Corée du Sud.

J’espère pouvoir, au travers de ce blog, vous faire découvrir et aimer ces cultures si attachantes.

NOSTALGIE DU TEMPS QUI PASSE

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Nostalgie du temps qui passe, file, s’enfuit et me laisse pantois ; comme j’aime ces moments qui deviennent alors une éternité, là où le bleu du ciel l’emporte sur toute autre considération.
Grain de poussière que nous sommes dans l’infini espace, que restera t’il de nous quand les flots du temps se creuseront en se fracassant sur le rivage, là où, jeunes gens, nous courrions, sandales à la main, insouciants, le cœur ouvert sur la vie, si éloignés de cette vieillesse encore lointaine mais déjà prête à nous dévorer…
Gilbert Sanslaville 桑吉伯

Miyajima, Japon

Étonnant pays que TAIWAN

17 mai 2018

今天早上在大安站 Ce matin à la station Da An, j’ai rencontré une situation qui serait quasiment impossible de trouver en France et que je n’ai d’ailleurs jamais vue jusqu’à ce jour, sauf aujourd’hui à Taïpei.

J’attends le métro pour me rendre à la station Dongmen, rangé sagement à l’emplacement réservé pour monter dans la rame, quand je vois apparaître ce que je pense être une employée du métro et qui, elle, se pose là où justement il ne faut pas se mettre, à l’emplacement réservé pour les sorties de rame. Grand étonnement de ma part car les taïwanais sont très disciplinés comme je le constate tous les jours.
Mais très vite je comprends car, dès que le métro s’immobilise, elle entre et prend en charge une personne en fauteuil roulant qui l’attend.

Mais l’histoire n’est pas finie. Je rentre dans la rame, m’assieds sur un siège, quand brusquement des voix s’élèvent, mon voisin se redresse et se lève, d’autres personnes s’animent, tout converge vers un vieux monsieur qui se trouve sur le quai et hésite à monter. Manifestement, ce monsieur n’est pas très sûr que cette ligne de métro soit la ligne qu’il doit emprunter. On le conseille à force d’arguments et je comprends qu’on lui indique la ligne précise qu’il doit prendre. Tout cela dans une grande bienveillance à son égard.

Jamais, au grand jamais je n’ai rencontré une telle situation en France. Un grand nombre de nos concitoyens, et aussi l’administration du métro parisien, devraient venir à Taïwan pour se rendre compte de ces comportements très civiques et de l’organisation remarquable du transport en commun qui existe ici.

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Mais ma journée d’étonnement n’était pas finie. Ce soir, après avoir quitté l’université, je me suis promené avant de prendre le métro à la station Guting. J’ai découvert un nouveau quartier tout proche, et pris un jus d’orange au Mos Burger. Très vite on m’a demandé ma nationalité, une dame s’est enquis de mes conditions d’existence, m’a offert des frites et s’en est allée.

Cerise sur le gâteau, en arrivant à ma station Xinhai, il est alors un peu plus de 19 heures, en sortant de la rame je remarque une dame de nettoyage laver, gratter le sol pour lui rendre sa propreté.

Pays étonnant que Taïwan où le sens de l’hospitalité n’est pas un vain mot. C’est de plus un pays où collectivement les gens croient en leur avenir, en l’avenir de leur futur, à la grande différence de la France où depuis longtemps le pays a abandonné toute ambition collective.

Gilbert Sanslaville

LOVE BETWEEN GENERATIONS – L’AMOUR ENTRE GENERATIONS

17 avril 2018

Les galets roulent, ils s’entrechoquent dans le lit de la rivière, emportés par le flot tumultueux du courant, musique joyeuse et lumineuse sous ce ciel de printemps que le soleil réchauffe après les frimas de l’hiver ; semblables pour moi à tous ces mots qui se cherchent dans une course éperdue pour trouver le ton juste, l’émotion peut-être éphémère, mais authentique quand brusquement le temps semble s’arrêter, gouttes de rosée du petit matin, avant de basculer sur ces nouvelles petites feuilles qui s’ouvrent à la vie, à l’image d’une journée nouvelle où rien n’est écrit…

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Photo d’une maman et de son bébé, Koya-San en juillet 2017

Tout cela évoque pour moi un récit que j’ai lu autrefois sur une tradition du Japon. Mais peut-être n’est ce qu’une fable. Autrefois, disais-je, les japonais allaient chercher dans l’estuaire des rivières et des fleuves des galets, pas encore bien arrondis et polis par l’eau. Ils remontaient ensuite le cours d’eau qui les avaient transportés et les remettaient à l’eau pour que l’usure du temps, de la course folle de la vie, les ramènent à la mer afin que leurs decendants puissent les ramasser, juste avant qu’ils ne basculent dans les profondeurs de celle-ci, bien ronds, bien polis afin d’agrémenter leurs jardins, comme une marque d’amour dans la ronde infinie des générations…

Gilbert Sanslaville

HAPPY DAY IN TAMSUI – JOUR TRANQUILLE A TAMSUI

Tamsui, 7 avril 2018

Pluie matinale qui habille de sa fraîcheur le gris du ciel et du coeur. Vivre loin de son pays n’est pas toujours une chose facile, et pourtant c’est aussi une chance de découvrir une nouvelle façon de penser le monde, dans les rapports sociaux, humains, près d’une nature toujours omniprésente. Combien d’arbres ai-je pu ici côtoyer, tout comme au Japon d’ailleurs, abîmés par le temps, par l’âge, les attaques de la vie, mais soutenus par des poteaux, des câbles, restés debout grâce à la main de l’homme, et cela en est d’un spectacle totalement banal, habituel. Je ne m’étonne plus de voir ici cette osmose entre les êtres humains et la nature à laquelle nous appartenons et que nous oublions si souvent.

La fatigue du travail à la maison pendant cette semaine de vacances où l’université est fermée commence à me peser, ce matin je n’ai pas mis les pieds dehors, excepté sur mon balcon pour étendre le linge, et c’est en début d’après-midi que je décide de prendre le métro pour me rendre à Tamsui, à une demi-heure de Taïpei.

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C’était au 19ème siècle un port important qui, par la suite, a été détrôné par Keelung. Et pourtant, le passé y a laissé son empreinte avec les vagues d’occupations successives d’Espagnols, de Hollandais, de Japonais, et on retrouve cela aussi dans l’architecture. C’était pour moi une première visite, je n’ai pas tout vu, je n’ai d’ailleurs pas cherché à tout voir ; je voulais simplement aujourd’hui ressentir l’atmosphère de cette côte, d’une ville dont je vois tous les jours le nom dans le métro et dont on m’a dit que c’est un incontournable. Il y a aussi une autre raison plus personnelle, c’est que nous sommes au bord de la mer, face la Chine, et respirer les embruns marins, sentir l’air iodé dans les poumons me ravit toujours ; c’est une sorte de retour à l’enfance pour moi qui suis né dans la Haute Casbah d’Alger, face à la mer Méditerranée, dans un décor inoubliable, balcon ouvert sur la vie…

Avant d’arriver à Tamsui, dans la rame de métro je suis interpellé en anglais par une dame qui me demande où je vais ; ma réponse ne semble pas la rassurer et je comprends vite, à son regard, que je ne suis pas dans la bonne rame de métro. Un peu avant Tamsui, la ligne se sépare en effet en direction de deux terminus différents, Tamsui et Xinbeitou. Evidemment, avec mon sens de l’orientation, j’ai pris Xinbeitou. S’ensuit alors toute une discussion entre cette dame et des étudiants ; l’heure est grave, je suis le seul européen, tous ces gens semblent se préoccuper de mon sort, et allez savoir si je ne vais pas me perdre, sans retour possible. Une autre dame prend les choses en main et m’indique qu’elle descendra avec moi à Shipai, pour que je prenne le métro suivant, ce qui me permettra d’atteindre sans encombre Tamsui. Patiemment, une fois descendus, elle attendra avec moi, et dès que je serai monté en voiture, elle s’éclipsera sur le quai, sans doute pour rentrer chez elle, non sans m’avoir demandé une nouvelle fois si je vais bien à Tamsui.

Etonnant pays où les gens sont attentifs lorsqu’ils constatent une difficulté, sans jamais s’imposer, tout en restant en retrait, mais en n’abandonnant pas l’étranger qui est perdu ou qui risque de l’être.

J’imagine la même situation à Paris, dans un métro sale, déjà bien vétuste, qui craque de partout, malodorant où généralement on se un fraie un chemin, au besoin en jouant des coudes, sans trop se poser de question, avec comme décor une quête sauvage, improvisée qui chercherait à vous culpabiliser, ou une guitare se mettant brusquement à vouloir étouffer le bruit de la rame, comme un contre-feu à un Métropolitain parisien bien fatigué et surtout fatiguant pour ses usagers.

Le long de la rivière Tamsui, beaucoup de monde, de familles avec enfants, d’échoppes, sous un ciel toujours gris. Temps de week-end, comme le temps arrêté sur les choses toutes simples de la vie.

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Sur l’eau, des canoés tout jaunes qui donnent une touche de lumière.

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Et aussi des bateaux qui relient le petit village de Bali en face de Tamsui.

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Et beaucoup de jeunes gens.

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Des cafés ou restaurants aussi, à l’occidental. Un métissage des terriens, cela fait toujours du bien, contrairement à ce que l’on voit de plus en plus en Europe et en France, comme un sale retour aux années 30 qui ne pense qu’à exclure !!! Mes jeunes années en Algérie m’ont prémuni à jamais de tout ostracisme ou racisme, tant j’aime la diversité, le métissage, la culture des autres, et quand cette culture est différente, et bien je m’enrichis de cette différence !

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Un peu plus tard, je m’attablerai façe à la rivière avec des pastas aux fruits de mer, une bière taïwanaise, un crayon car il faut bien noter ces petits moments futiles mais ô combien précieux.que C’est une gorgée de bonheur que je sirote dans ce beau pays taïwanais…

C’est aussi dans de tels moments que l’on peut s’interroger sur la finalité de l’existence, sur les choses importantes. Oui, ne passe t’on généralement pas à côté de sa vie, occupés à la gagner pour la perdre sans que l’on ne s’en rende vraiment compte. Et tout cela asservis aux marchés, à la rentabilité à tout prix, au libéralisme pour le plus grand profit des grands financiers et capitalistes qui ne laissent au petit peuple que des miettes, tandis qu’eux se gavent sans honte et sans retenue ; plus, toujours plus, jamais assez, un appétit insatiable pour s’enrichir ; certains sont d’ailleurs si riches qu’ils pourraient vivre des milliers d’années sans travailler, assis sur des rentes qu’ils ont forcément dépouillées à des millions de gens partout dans le monde, en les exploitant avec des salaires de misère, et pour ces derniers, c’est une lutte permanente afin de survivre ! Et non, l’argent ne pousse pas tout seul, il a bien fallu que des petites mains le produisent avec abnégation.

Toutes les entreprises ne sont pas ainsi, bien sûr ; mais c’est le système libéral à outrance qui produit de telles monstrueuses énormités où les laissés pour compte sont de plus en plus nombreux de par le monde, et aussi en France.

Toute cela m’éloigne de Tamsui, me direz-vous. Mais non, pas du tout vous répondrais-je.

Un paysage habité par les palmiers et une végétation luxuriante.

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Oxord Collège, fondé par Leslie Mackay, missionnaire canadien, arrivé à Taïwan en 1871.

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Au contraire, immergé dans ce fleuve humain qui prend plaisir à déambuler, à se faire des selfies, à goûter à tout ce qu’il est possible de dénicher dans les petites échoppes alimentaires, chez les vendeurs ambulants ou dans les restaurants que l’on trouve partout, avec ce sentiment de liberté, d’harmonie avec la nature si bien protégée ici, on a ce privilège rare de ralentir le temps, peut-être même de l’arrêter quelques instants pour respirer toute la beauté et la poésie d’un pays que je découvre chaque jour un peu plus, et dans lequel je me sens si bien.

Gilbert Sanslaville

TOWER 101, JOYAU ARCHITECTURAL de TAÏPEI 台灣

Vendredi 6 avril 2018

La Tour 101 à Taïpei se remarque de loin par son esthétique, sa pureté de ligne, son caractère très asiatique qui se relie à la grande histoire de la culture chinoise et, bien sûr, taïwanaise.
Pays étonnant que Taïwan, avec la beauté de ses paysages, son sens de l’accueil, sa vitalité économique et le désir de ses habitants de toujours progresser, d’améliorer leur cadre de vie.

Ici, le métro est d’un modernisme et d’une propreté que la France est loin, mais vraiment très loin d’égaler.

Voici quelques jours, je me suis rendu au pied de la Tour 101 en utilisant le métro, ligne rouge, direction Xiangshan, station Taipei 101 World Trade Center.

On reste ébloui par l’esthétique de cette tour qui semble monter à l’assaut du ciel avec ses 509 mètres et ses 101 étages.

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De l’année 2004 à l’année 2010, elle était la plus haute tour du monde avant d’être supplantée par la Tour de Dubaï. Mais les records ne m’intéressent vraiment pas ; c’est une très belle tour, pleine d’harmonie, scintillante sous le soleil et j’espère ne pas me tromper en précisant qu’on distingue des têtes de dragons aux encoignures extérieures. C’est une beauté asiatique, taïwanaise, sûre d’elle même qui se laisse admirer avec volupté.

Sa structure s’inscrit dans l’art chinois avec une forme futuriste qui s’inspire du bambou. Oui, je ne me suis pas lassé, pendant ces quelques heures, d’admirer la Tour 101.

C’est aussi une beauté qui se protège des tremblements de terre au-delà de 7 sur l’échelle de Richter ; nous sommes ici sur une faille très active du Pacifique et, dans mon studio, j’ai toujours une lampe frontale près de moi pour le cas, comme lorsque j’étais au Japon, où il faudrait évacuer en urgence les lieux suite à un tremblement de terre ; on n’est jamais assez trop prudent, et il faut aussi vivre ici en tenant compte des risques telluriques. A la station de métro 大安 Daan sur la ligne rouge, tout comme dans d’autres stations d’ailleurs, un écran de télévision rappelle les gestes à faire en cas de séisme, se recroqueviller tout en se déplaçant pour évacuer, se protéger la tête avec ses bras, rester calme et cette information est très pédagogique avec un personnel qui se tient à la disposition des voyageurs pour les aider.

La Tour est aussi conçue pour résister aux typhons fréquents dans cette région du monde, grâce à sa structure et à une énorme boule d’acier de 800 tonnes au 88ème étage pour limiter ses mouvements en cas de très fortes rafales.

Au pied et autour de la Tour, a été aménagé un magnifique centre commercial où les boutiques rivalisent de luxe, avec des vitrines somptueuses de bijoux, de vêtements, des vasques d’orchidées que je ne me suis pas lassé de contempler et de photographier.

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Brunch

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En montant dans les étages supérieurs, je me suis offert un montant de détente dans quelque chose qui pourrait ressembler à un bistrot, un salon de thé et, en levant les yeux, on peut remarquer toute l’architecture intérieure de la Tour 101 qui supporte les étages que, lors de mon voyage précédent à Taïpei en 2017, j’avais allègrement montés par un ascenseur ultra-rapide pour arriver à sa terrasse panoramique d’où on peut admirer toute la ville.

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En sous-sol, j’y ai découvert un nombre incalculable de boutiques, de restaurants, et cela m’a brusquement ouvert l’appétit pour y déguster des noodles que j’ai eu le plaisir de porter à mon palais avec des baguettes 筷子 – Kuàizi – que je maîtrise, à défaut de maîtriser la langue chinoise.

Il y a beaucoup de monde autour de la Tour, aussi de jeunes élégantes qui ont accepté que je les photographie, la beauté de cette prouesse architecturale due à l’architecte C.Y. Lee, de nationalité chinoise, né en 1938 dans la Province du Guangdong rivalisant avec la beauté des taïwanaises qui savent jouer de la mise en scène.

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On trouve aussi au pied la Tour une magnifique œuvre d’art de Kang Muxiang, artiste taïwanais, constituée de câbles d’acier ayant servi pour l’ascenseur le plus rapide jusqu’au 89ème étage de janvier 2005 à mai 2010 et qui ont servi à transporter 6,6 millions de visiteurs. La longueur totale de ces fils de cables est de 500 kilomètres, soit la distance de la côte de Taïwan du nord au sud.

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J’aime beaucoup cette approche spécifiquement asiatique qui s’attache aux objets ayant servi aux hommes, aux femmes, aux enfants et, par ce fait, ont quelque chose d’humain de par leur fréquentation avec nous. On retrouve aussi cela dans l’oeuvre de Jirô Taniguchi, mangaka japonais.

C’était un moment de respiration, un sentiment de plénitude après mon cours intensif au Mandarin Training Center, et si j’ai choisi la Tour 101 pour écrire ce court texte, c’est aussi pour m’associer au volontarisme de ce pays où le sentiment de sécurité et de respect est très fort, où on joue collectif, où jamais depuis mon arrivée je n’ai vu quelqu’un essayer de tricher pour prendre le métro ou le train. On peut s’y promener à peu près partout, même de nuit sans éprouver un sentiment d’appréhension.

C’est tard le soir que j’ai regagné mes pénates, dans mon quartier près de la station Xinhai.

Gilbert Sanslaville

ESCAPADE A YINGGE

Dimanche, 1er avril, c’est une douce journée qui s’annonce avec un temps déjà chaud, un ciel très bleu, haut, une sensation de plénitude. Je me lève tôt ce matin, premier jour de vacances pour une semaine. J’en ai bien besoin avec tous ces efforts et ce travail mené à l’université. Apprendre le chinois n’est pas chose facile pour moi. Is is hard to study chinese langage, but I don’t give up !

J’ai rendez-vous avec trois amies taïwanaises à la gare de Yinge, petite ville mais haut lieu de la poterie taïwanaise.

Métro jusqu’à New Taïpei Station, puis train pour Yingge, avec un trajet d’un peu moins de 30 minutes. J’aime cette ambiance bon enfant que l’on rencontre dans les trains taïwanais qui sont toujours très propres et surtout à l’heure, avec un chef de train qui donne le départ. Ici, en un peu plus d’un mois, je n’ai vu aucun contrôleur ni dans le métro, ni dans un train. Non, vraiment, rien à voir avec cette France où la resquille est pour certains un sport national. A Taïwan, où je l’ai déjà constaté lors de mon premier voyage, chacun paie son ticket, personne ne saute au dessus d’une borne pour passer sans tricher. Ici, j’ai le sentiment que l’on joue collectif.

Ce matin, j’ai confectionné des pans bagnats, et aussi des sandwiches au fromage, pour faire découvrir à mes amies ce que l’on mange en France.

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Après être arrivés, nous nous rendons dans un parc, au pied d’une immense statue où a lieu une cérémonie du thé, avec de très nombreuses personnes qui nous font l’honneur de partager leur savoir. Il fait très chaud, l’ambiance est attentive et je suis curieux de découvrir ce rite, comment pourrais-je l’appeler, cet art du thé où les gestes sont lents, réfléchis, dans une osmose entre la femme ou l’homme et le thé.
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Je déguste plusieurs thés, dont Wulong Cha 烏龍茶, ce thé que les taïwanais apprécient particulièrement.

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Nous allons visiter un peu plus tard le Yingge Ceramics Museum, musée moderne depuis les céramiques traditionnelles jusqu’à leur utilisation dans l’industrie.

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Je ne me lasse pas de cette céramique qui nous parle de ces temps reculés, avec l’écriture comme une parole qui se fraie un chemin pour parvenir jusqu’à nous…

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En fin d’après-midi, collation dans un espace dédié du musée, où il fait bon se poser et discuter, beaucoup en anglais et un peu en chinois dont les bases sont pour moi encore très incertaines.

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Un peu plus tard, promenade dans les rues de Yingge ; je ne me lasse pas de toutes ces boutiques et vendeurs de plats.

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Et l’art au coin d’une rue…

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Le soir, retour en train puis en métro dans mon petit studio, avec une pointe de nostalgie devant la fuite du temps…

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Gilbert Sanslaville
桑吉伯