LE SOUFFLE DU VENT ET LE HERISSON…

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Suzhou, China, 2015 September

On est parfois surpris des détours que la vie nous fait entreprendre pour atteindre ce qui nous fait tant défaut, et à quoi nous avons souvent fini par renoncer, soit par manque de courage et d’obstination parce que la pente est abrupte et rude, soit par ce lâcher prise qui guette chacun d’entre nous quand l’existence n’a plus cette saveur unique et originelle, le goût de vivre et d’aimer…

Et pourtant, il suffit d’écouter tout ce qui nous entoure pour découvrir les mystères cachés des choses qui sont autant de portes ouvertes sur un présent prêt à se renouveler ; le hérisson recroquevillé sur lui, peu engageant, bousculé par le choc des particules élémentaires de la vie quand le vent se lève et balaie tout sur son passage ; l’étang dont les profondeurs sont riches d’une faune et d’une flore en interaction permanente, dans un métissage où rien n’est écrit par avance et où tout se construit ; le plouf inattendu d’une grenouille dans des eaux parfois sombres et sans relief, quand il faut oser rompre une harmonie apparente devenue rigidité afin d’écrire ce qui n’est encore qu’un rêve éveillé mais que l’on porte au fond de soi…

Et à la lisière d’une clairière, on peut parfois apercevoir parmi les chênes centenaires de la forêt une lumière ténue. Elle ne cesse alors de grandir et de s’épanouir à mesure que l’on se fraye un chemin parmi les taillis. Non, il ne faut jamais désespérer…

Le souffle du vent
dans les buissons, hérisson
en boule, étonné.

Nature en éveil
rayon de soleil matinal,
un plouf dans l’étang.

Chant envoûtant
croassement de mots d’amour,
chaumière dans les bois…

La vie est bien là…

Gilbert SANSLAVILLE 吉伯

CHANGBAI SHAN (长白山) et TIAN SHI (天池)

Province de JILING 吉林 au Nord-Est 东 北 du Pays du Milieu 中国,

2015年8月 août 2015.

Dans cette province, on trouve les vestiges d’un royaume coréen et cela se ressent dans les villes et villages traversés, avec des informations en langue coréenne. Au début des années 30, la province subira l’occupation japonaise, avec le dernier empereur fantoche de la dynastie Qing. Elle sera plus tard sur la ligne de front lors de la guerre civile entre le Guomindang et le Parti communiste chinois.

Je découvre la plus grande réserve naturelle de Chine, le CHANGBAI SHAN (Monts des Neiges éternelles), réserve naturelle aux confins de la Corée du Nord avec le Hot Spring Square, ses cascades et sources d’eau chaude où l’on peut faire très facilement cuire un oeuf en le plongeant dans l’eau. Impressionnant.

Paysage étonnant et extraordinaire du Tian Chi (Lac Céleste) au fond d’un cratère volcanique situé à 2 194 mètres d’altitude qu’il faut pouvoir atteindre après un transport en petit bus et une marche très revigorante.

Le tourisme se développe très fortement en Chine, tourisme de masse, populaire. Le Nord-Est de la Chine avec ses trois provinces est certainement une des régions parmi les moins visitées et pourtant, comme je vous le montrerai dans d’autres articles, on y rencontre beaucoup de choses intéressantes dans le domaine des paysages et de la géographie, de la culture, de l’histoire, des traditions avec toujours un très bel accueil pour les étrangers.

Ce jour là, il faisait très froid mais le ciel était dégagé, d’un joli bleu et la vue extraordinaire. Impression de tutoyer les dieux et cette nature triomphante dans sa beauté étincelante, semblable à la jeunesse qui s’ouvre à la vie. De nombreux touristes s’y pressaient et la mode du selfie y faisait aussi rage ; j’ai rencontré la même chose au Japon devant le Pavillon d’or à Kyoto. Le monde s’uniformise de plus en plus, c’est une des conséquences très banales de la mondialisation.

J’ai beaucoup apprécié ce lac et sa beauté, les nuages qui s’accrochaient aux éperons rocheux et aux sommets montagneux ; cette poésie de l’instant qui semblait se prolonger depuis la nuit des temps… Comme si tout était immuable.

Si l’eau n’avait pas été aussi froide, quelle tentation de plonger dans ces eaux métissées entre bleu et émeraude, dans une nature si loin des oripeaux de la vacuité humaine…

CHANGBAI SHAN 1

Chemins aménagés sur pilotis pour se protéger des sources d’eau chaude. Quel spectacle cette découverte d’une nature laissée à son état vierge, avec cet artifice pour marcher dans les airs sans souiller les sols de nos pas qui n’auraient de toutes les façons pas résisté aux brûlures inévitables.

CHANGBAI SHAN 2

Spectacle étrange d’être enveloppé par des rubans de nuages, aux confins de la Chine et si près de la Corée du Nord où l’on pénètrerait si l’on faisait le tour du lac de cratère. L’entrée inopinée dans ce pays n’est vraiment pas à recommander. Elle se serait sans doute très mal terminée.

CHANGBAI SHAN 3

Ciel et eaux froides, parfois gelées du lac de cratère, nuages et rochers, au sein d’une nature où l’emprise humaine se dérobe comme pour mieux nous faire ressentir la poésie du moment présent, de la découverte de cette nature semblable à un écrin…

TIAN CHI 1

TIAN CHI 3

Après cette sortie en montagne, quel plaisir à découvrir la cuisine locale où les influences coréennes sont toujours très fortes. A la sortie du restaurant, ce sont des artisans en plein travail que nous avons rencontrés.

Gilbert SANSLAVILLE 桑吉伯

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