LA CRISE DE TROP AVANT LE DESASTRE

Je pensais, comme tant d’autres de mes concitoyens, que la France était un pays ouvert sur les autres, où l’égalité républicaine avait encore un sens.

La crise du Covid-19 nous démontre le contraire avec les inégalités sociales qui explosent, les quartiers pauvres relégués depuis longtemps à n’être plus qu’un champ d’illusions perdues, les enfants qui ne peuvent pas s’insérer dans la continuité pédagogique en raison de leurs conditions économiques, sociales et culturelles qui les maintiennent à l’écart de toute évolution.
Sans parler de cette stigmatisation des soignants par une minorité imbécile qui entache nos valeurs républicaines et fraternelles.

Déjà presque oubliés tous ceux qui ont assuré la continuité du pays, boulangers, épiciers, caissières, éboueurs, routiers, soignants, travailleurs de tous les secteurs et qui sont partis au charbon sans masque, sans gant, sans gel hydro-alcoolique. Alors même qu’en Allemagne, à Taïwan, en Corée du Sud, en Nouvelle Zélande et dans d’autres pays, il y a eu depuis le début de l’épidémie une véritable gouvernance.

Et que dire de l’attitude de la porte-parole du gouvernement sur les masques. S’ils n’ont pas été donnés aux gens, c’est tout simplement parce qu’il n’y en avait pas suffisamment. Et là, elle nous a donné de faux-arguments pour ne pas les distribuer à l’ensemble de la population. Difficile paraît-il de les mettre. Les miens viennent de Taïwan et je n’ai pas eu besoin de cours ou de tutoriel pour les mettre sur mon visage.

Et déjà, on observe des tentatives réactionnaires pour faire peser sur les seuls salariés le poids de la catastrophe économique et sociale qui arrive à grand pas. Sans parler des retraités qu’on va encore ponctionner, et je m’étonne que personne n’en ait fait allusion ; déjà que certains veulent continuer à les confiner, alors même que ce sont des gens responsables qui ont travaillé pendant toute leur vie à la création des richesses actuelles du pays. Quelle honte !

Sont épargnés les détenteurs de la rente, du capital qu’il soit financier ou patrimonial, des évadés fiscaux. Ce qui fait que l’égalité républicaine déjà si malmenée depuis les gouvernements précédents et par l’actuel gouvernement, va s’en trouver encore diminuée.

Et c’est une crise sociale sans précédent qui nous attend si les plus aisés s’enferment dans leur tour d’ivoire et refusent de partager.

Que deviendra, dans une telle tempête économique, sociale, culturelle et morale, le contrat social sur lequel est fondée la société française ?
Que va devenir notre pays dans un contexte européen et mondial où le réchauffement climatique, où le respect de la biodiversité est à chaque fois une variable d’ajustement.

Tous les jours des espèces animales et végétales disparaissent, la Terre continue à se réchauffer, la pollution poursuit son oeuvre et tue des milliers de gens. Et le monde s’en accommode !
Cela ne serait-il pas un suicide collectif, le suicide d’une espèce, la nôtre, incapable de se ressaisir pour tout simplement survivre.

Gilbert Sanslaville