NOSTALGIE DU TEMPS QUI PASSE

FB_IMG_1528241582007
Nostalgie du temps qui passe, file, s’enfuit et me laisse pantois ; comme j’aime ces moments qui deviennent alors une éternité, là où le bleu du ciel l’emporte sur toute autre considération.
Grain de poussière que nous sommes dans l’infini espace, que restera t’il de nous quand les flots du temps se creuseront en se fracassant sur le rivage, là où, jeunes gens, nous courrions, sandales à la main, insouciants, le cœur ouvert sur la vie, si éloignés de cette vieillesse encore lointaine mais déjà prête à nous dévorer…
Gilbert Sanslaville 桑吉伯

Miyajima, Japon

AU PAYS DU SOLEIL LEVANT 日本 /2 ARRIVEE A TOKYO HANEDA

VOYAGE AU JAPON
Mercredi 25 mars 2015

Réveil vers 11h20 heure de Tokyo. J’aurai dormi moins de trois heures. Nous survolons ce qui doit être le sud de la Sibérie. Le sol est gelé ; c’est un spectacle magnifique que je filme avec ma petite caméra. Miracle de la technique qui permet de partager avec les autres une émotion forte.

A mon réveil je me sens très fatigué mais cela s’estompe lentement. Mon regard accroche une rivière qui serpente avec paresse, je m’aperçois bien vite qu’elle est gelée.
Je ne suis jamais allé aussi loin à l’est. C’est un spectacle extraordinaire que mes yeux contemplent jusqu’à la ligne d’horizon qui se perd entre terre et ciel, épinglée par la course des nuages. Nous sommes à 10 668 mètres, haut, si haut qu’un sentiment de plénitude m’étreint.

14 heures : nous passerons en fait très loin de la ville chinoise de Shenyang où résident mes amis chinois et que je reverrai dans quelques mois à Dalian lors de mon voyage en Chine. Nous allons bientôt survoler la ville russe de Khabarovsk. Le temps est dégagé. Les autres passagers semblent se réveiller, l’avion s’anime tout doucement. Une hôtesse nous amène une petite serviette blanche pour nous humidifier le visage et nous essuyer les mains.

Je commence à remplir la « disembarkation card for foreigner » et la « Customs declaration ».
L’avion se dirige vers la mer du Japon que je confonds au début avec l’océan pacifique. Mais non, nous nous dirigeons bien vers la mer du Japon. Que de chemin parcouru depuis la vieille Europe.

Le petit déjeuner s’annonce avec un verre de jus d’orange. Je me sens brusquement en appétit ce matin et je choisis un petit déjeuner à la japonaise avec du « rice porridge with chicken breast and vegetables ». Le temps est magnifique, le ciel très bleu à l’unisson de la mer et je ne sais plus très bien parfois où se situe leur frontière.

J’ai envie de tout connaître du Japon, ses traditions séculaires mais aussi son modernisme échevelé, ses cerisiers en fleurs qui sont, je le pressens déjà, un hymne à la vie pour chasser le vent d’hiver et célébrer les noces des retrouvailles du pays tout entier avec le printemps qui s’annonce.

Je discute avec deux voyageuses françaises qui sont assises derrière moi.

Nous allons bientôt arriver au-dessus de l’archipel et nous devrions passer tout près de Nikko. La mer du Japon est saupoudrée de petits nuages, flocons qui s’épaississent par endroit, offrant un paysage moutonné. On y découvre des vallées qui se creusent jusqu’à la surface de l’eau. C’est un paysage magnifique que je ne me lasse pas d’admirer.

15h37 : nous voici au-dessus de l’archipel du Japon, enfin ! Le Japon est sous mes pieds. Je réalise un rêve vieux de trente ans dont je me suis longtemps demandé si je le vivrais un jour. La couverture nuageuse est impressionnante. Je devine parfois, entre deux nuages, un coin de vallée.
Nous amorçons notre descente sur Tokyo. Pression sur les tympans. Le Japon est enfin à portée de main.
Nous avons quitté l’altitude d’un peu plus de 10 000 mètres pour descendre à 3000 mètres. Tokyo est là avec ses gratte-ciels, ses maisons, ses parcs, sa rivière Sumida ; c’est une immense agglomération bâtie sur le bord de l’océan pacifique, accrochée à l’île de Honshu.

16h20. Nous venons de nous poser sur l’aéroport de Tokyo-Haneda, altitude 4 mètres. Il fait 12 degrés à l’extérieur.
Je vais fouler dans quelques minutes l’archipel du Japon et sa capitale Tokyo.

Gilbert

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

Au-dessus de la mer du Japon saupoudrée de nuages

IMG_5428

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

Arrivée sur TokyoIMG_5454

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

Atterrissage à Tokyo-HanedaIMG_5465

AU PAYS DU SOLEIL LEVANT 日本 /1

Mardi 24 mars 2015.

Départ de Poitiers par le train de 9h06. Le ciel est gris, il fait froid. Je vais bientôt quitter la vieille Europe pour me rendre au Pays du Soleil Levant avec en tête toutes ces lectures sur son histoire, sa culture, son mode de vie qui m’ont accompagné pendant ces dernières années.

Je suis plutôt chargé avec ma grosse valise grise, mon sac à dos qui abrite mon matériel photo et vidéo.

Déjeuner à Paris Avenue de Wagram avec mon fils Antoine dans un restaurant dont la décoration en bois invite à la décontraction et au voyage.
Station opéra, je rencontre par un pur hasard un ami perdu de vue. Le monde est vraiment petit ; je vais de ce pas le raccourcir en me précipitant dans un grand oiseau blanc aux couleurs de la compagnie japonaise ANA pour atteindre au cours d’un périple de 9 480 kilomètres Tokyo et la magie de ses temples, de ses jardins, de son architecture lancée très haut à la rencontre des nuages et du ciel de printemps si bleu en cette saison de floraison des cerisiers. Car je n’ai pas choisi par hasard la date de mon voyage.

L’avion se lance sur la piste à 21h37 avec un léger retard, il pousse ses feux et se cabre avec majesté pour partir à l’assaut de la haute atmosphère et se diriger vers l’est. Direction le Japon et sa capitale, Tokyo. Cet envol est un beau moment, un peu magique. L’aventure commence !

La carte du vol s’affiche sur le dos du siège qui se trouve devant moi : nous passerons au dessus de Copenhague, de la Finlande, de la Russie et au nord de la ville de Shenyang en Chine où habitent des amis.
Les hôtesses de l’air distribuent de petites serviettes blanches toutes chaudes pour s’éponger le visage et s’essuyer les mains brusquement moites.
A 22h08 nous passons au-dessus de l’Allemagne. Une collation nous est servie. Je suis assis sur le côté droit de l’appareil, près du hublot et je me régale d’apercevoir parfois dans la nuit noire des agglomérations éclairées, telles un sapin qui nous chuchoterait au creux de l’oreille : Noël est là.

Le repas est servi un peu plus tard, vers 23 heures. Je choisis un Japanese meal avec du saumon grillé, une miso soup mais un vin blanc français, du Colombard-Chardonnay, réserve de la Baume. Voyageur déjà plus tout jeune, aux tempes légèrement grisonnantes, le regard tourné vers l’est depuis ma jeunesse, mais fidèle aux traditions culinaires françaises pour lesquelles un vin est toujours important afin d’accompagner un repas, de lui permettre d’exprimer toute sa richesse.

Nous passons bientôt entre Stockholm et Kaliningrad. Ce repas est vraiment agréable.
La température extérieure est de – 58 degrés.
Nous dépassons Riga qui était très loin sur notre droite, nous devrions bientôt atteindre la ville de Saint-Pétersbourg (Sankt Peterburg) en la contournant par le sud.

De temps en temps, l’avion semble glisser sur de petits trous d’air. Je commence à avoir sommeil. Mais je ne réalise véritablement pas encore que dans quelques heures je foulerai la terre japonaise, si longtemps rêvée.

Il est près de minuit. Le siège sur ma gauche est vide et l’avion n’est pas complètement rempli.
Les hôtesses sont charmantes, vêtues de bleu, robe et chemisier avec de petits motifs.
Nous passons au sud du Lac Ladoga.

Pendant ce voyage en avion, je me ferai à plusieurs reprises la réflexion de savoir pourquoi l’être humain éprouve parfois le besoin de voyager, de dépasser les limites fermées de son univers, de se mettre en danger puisqu’il sort alors de ce qu’il connaît et qu’il va aborder une terre inconnue, ici le Japon, avec cette volonté de tout voir, de tout comprendre ou, à tout le moins, d’essayer de comprendre. Soyons modeste.

Minuit 25, heure de Paris. Il est 7h25 à Tokyo. La température extérieure est de – 54 degrés, l’altitude de 10 058 mètres. Nous sommes entre deux mondes, la terre et l’espace. Nous avons déjà parcouru 2 766 km. Il est temps de dormir pour être en forme demain à l’arrivée.
Mais avant je me mets à l’heure de Tokyo : 7h31 du matin. Ce sera aussi le temps des premières photos.

 

Gilbert