L’humanité est-elle un homme ?

Nous vivons encore sous le poids de cette culture plus que millénaire du triomphe sans vergogne de l’homme, qui n’a cessé de mettre sous son joug la moitié de l’humanité, celle de la femme, et qui ramène tout à lui, à sa lignée, remontant en cela toute la chaîne des générations jusqu’à l’apparition du premier homme. Et il n’y avait pas de femme ?… Tiens donc.

C’est peut-être là le grand malheur de l’humanité, plus exactement des hommes qui se sont coupés de leur autre moitié, les femmes, les reléguant à n’être que leur auxiliaire, les niant dans leur intégrité de membre à part entière de la communauté humaine. Sinon, comment pourrait-on expliquer l’ostracisme qui les frappe encore dans de nombreux domaines, politique, économique, social… Les soumettant à une situation inégalitaire. Où l’homme reste le maître des situations de pouvoir.

C’est ce que nous apprennent et nous confirment les voyages, toujours cette prétention des hommes à vouloir régenter les rêves, les aspirations des femmes, à en faire leur chose.

Ainsi, comment comprendre aussi que dans la religion catholique qui se veut pourtant universelle et fraternelle, les femmes soient exclues de la prêtrise ? Et que l’on interdise aux prêtres de prendre femme, comme si celles-ci pouvaient les détourner de leur engagement, comme si elles étaient intrinsèquement un péché… Les théologiens nous expliqueront avec moult arguments les fondements de la doctrine de l’Église en la matière. Mais rien ne pourra justifier que la femme ne soit pas l’égale de l’homme, y compris dans ce domaine. Celui de la prêtrise.

Je pourrais encore en écrire beaucoup sur ce sujet.

Gilbert SANSLAVILLE 桑吉伯