Étonnant pays que TAIWAN

17 mai 2018

今天早上在大安站 Ce matin à la station Da An, j’ai rencontré une situation qui serait quasiment impossible de trouver en France et que je n’ai d’ailleurs jamais vue jusqu’à ce jour, sauf aujourd’hui à Taïpei.

J’attends le métro pour me rendre à la station Dongmen, rangé sagement à l’emplacement réservé pour monter dans la rame, quand je vois apparaître ce que je pense être une employée du métro et qui, elle, se pose là où justement il ne faut pas se mettre, à l’emplacement réservé pour les sorties de rame. Grand étonnement de ma part car les taïwanais sont très disciplinés comme je le constate tous les jours.
Mais très vite je comprends car, dès que le métro s’immobilise, elle entre et prend en charge une personne en fauteuil roulant qui l’attend.

Mais l’histoire n’est pas finie. Je rentre dans la rame, m’assieds sur un siège, quand brusquement des voix s’élèvent, mon voisin se redresse et se lève, d’autres personnes s’animent, tout converge vers un vieux monsieur qui se trouve sur le quai et hésite à monter. Manifestement, ce monsieur n’est pas très sûr que cette ligne de métro soit la ligne qu’il doit emprunter. On le conseille à force d’arguments et je comprends qu’on lui indique la ligne précise qu’il doit prendre. Tout cela dans une grande bienveillance à son égard.

Jamais, au grand jamais je n’ai rencontré une telle situation en France. Un grand nombre de nos concitoyens, et aussi l’administration du métro parisien, devraient venir à Taïwan pour se rendre compte de ces comportements très civiques et de l’organisation remarquable du transport en commun qui existe ici.

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Mais ma journée d’étonnement n’était pas finie. Ce soir, après avoir quitté l’université, je me suis promené avant de prendre le métro à la station Guting. J’ai découvert un nouveau quartier tout proche, et pris un jus d’orange au Mos Burger. Très vite on m’a demandé ma nationalité, une dame s’est enquis de mes conditions d’existence, m’a offert des frites et s’en est allée.

Cerise sur le gâteau, en arrivant à ma station Xinhai, il est alors un peu plus de 19 heures, en sortant de la rame je remarque une dame de nettoyage laver, gratter le sol pour lui rendre sa propreté.

Pays étonnant que Taïwan où le sens de l’hospitalité n’est pas un vain mot. C’est de plus un pays où collectivement les gens croient en leur avenir, en l’avenir de leur futur, à la grande différence de la France où depuis longtemps le pays a abandonné toute ambition collective.

Gilbert Sanslaville

HAPPY DAY IN TAMSUI – JOUR TRANQUILLE A TAMSUI

Tamsui, 7 avril 2018

Pluie matinale qui habille de sa fraîcheur le gris du ciel et du coeur. Vivre loin de son pays n’est pas toujours une chose facile, et pourtant c’est aussi une chance de découvrir une nouvelle façon de penser le monde, dans les rapports sociaux, humains, près d’une nature toujours omniprésente. Combien d’arbres ai-je pu ici côtoyer, tout comme au Japon d’ailleurs, abîmés par le temps, par l’âge, les attaques de la vie, mais soutenus par des poteaux, des câbles, restés debout grâce à la main de l’homme, et cela en est d’un spectacle totalement banal, habituel. Je ne m’étonne plus de voir ici cette osmose entre les êtres humains et la nature à laquelle nous appartenons et que nous oublions si souvent.

La fatigue du travail à la maison pendant cette semaine de vacances où l’université est fermée commence à me peser, ce matin je n’ai pas mis les pieds dehors, excepté sur mon balcon pour étendre le linge, et c’est en début d’après-midi que je décide de prendre le métro pour me rendre à Tamsui, à une demi-heure de Taïpei.

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C’était au 19ème siècle un port important qui, par la suite, a été détrôné par Keelung. Et pourtant, le passé y a laissé son empreinte avec les vagues d’occupations successives d’Espagnols, de Hollandais, de Japonais, et on retrouve cela aussi dans l’architecture. C’était pour moi une première visite, je n’ai pas tout vu, je n’ai d’ailleurs pas cherché à tout voir ; je voulais simplement aujourd’hui ressentir l’atmosphère de cette côte, d’une ville dont je vois tous les jours le nom dans le métro et dont on m’a dit que c’est un incontournable. Il y a aussi une autre raison plus personnelle, c’est que nous sommes au bord de la mer, face la Chine, et respirer les embruns marins, sentir l’air iodé dans les poumons me ravit toujours ; c’est une sorte de retour à l’enfance pour moi qui suis né dans la Haute Casbah d’Alger, face à la mer Méditerranée, dans un décor inoubliable, balcon ouvert sur la vie…

Avant d’arriver à Tamsui, dans la rame de métro je suis interpellé en anglais par une dame qui me demande où je vais ; ma réponse ne semble pas la rassurer et je comprends vite, à son regard, que je ne suis pas dans la bonne rame de métro. Un peu avant Tamsui, la ligne se sépare en effet en direction de deux terminus différents, Tamsui et Xinbeitou. Evidemment, avec mon sens de l’orientation, j’ai pris Xinbeitou. S’ensuit alors toute une discussion entre cette dame et des étudiants ; l’heure est grave, je suis le seul européen, tous ces gens semblent se préoccuper de mon sort, et allez savoir si je ne vais pas me perdre, sans retour possible. Une autre dame prend les choses en main et m’indique qu’elle descendra avec moi à Shipai, pour que je prenne le métro suivant, ce qui me permettra d’atteindre sans encombre Tamsui. Patiemment, une fois descendus, elle attendra avec moi, et dès que je serai monté en voiture, elle s’éclipsera sur le quai, sans doute pour rentrer chez elle, non sans m’avoir demandé une nouvelle fois si je vais bien à Tamsui.

Etonnant pays où les gens sont attentifs lorsqu’ils constatent une difficulté, sans jamais s’imposer, tout en restant en retrait, mais en n’abandonnant pas l’étranger qui est perdu ou qui risque de l’être.

J’imagine la même situation à Paris, dans un métro sale, déjà bien vétuste, qui craque de partout, malodorant où généralement on se un fraie un chemin, au besoin en jouant des coudes, sans trop se poser de question, avec comme décor une quête sauvage, improvisée qui chercherait à vous culpabiliser, ou une guitare se mettant brusquement à vouloir étouffer le bruit de la rame, comme un contre-feu à un Métropolitain parisien bien fatigué et surtout fatiguant pour ses usagers.

Le long de la rivière Tamsui, beaucoup de monde, de familles avec enfants, d’échoppes, sous un ciel toujours gris. Temps de week-end, comme le temps arrêté sur les choses toutes simples de la vie.

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Sur l’eau, des canoés tout jaunes qui donnent une touche de lumière.

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Et aussi des bateaux qui relient le petit village de Bali en face de Tamsui.

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Et beaucoup de jeunes gens.

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Des cafés ou restaurants aussi, à l’occidental. Un métissage des terriens, cela fait toujours du bien, contrairement à ce que l’on voit de plus en plus en Europe et en France, comme un sale retour aux années 30 qui ne pense qu’à exclure !!! Mes jeunes années en Algérie m’ont prémuni à jamais de tout ostracisme ou racisme, tant j’aime la diversité, le métissage, la culture des autres, et quand cette culture est différente, et bien je m’enrichis de cette différence !

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Un peu plus tard, je m’attablerai façe à la rivière avec des pastas aux fruits de mer, une bière taïwanaise, un crayon car il faut bien noter ces petits moments futiles mais ô combien précieux.que C’est une gorgée de bonheur que je sirote dans ce beau pays taïwanais…

C’est aussi dans de tels moments que l’on peut s’interroger sur la finalité de l’existence, sur les choses importantes. Oui, ne passe t’on généralement pas à côté de sa vie, occupés à la gagner pour la perdre sans que l’on ne s’en rende vraiment compte. Et tout cela asservis aux marchés, à la rentabilité à tout prix, au libéralisme pour le plus grand profit des grands financiers et capitalistes qui ne laissent au petit peuple que des miettes, tandis qu’eux se gavent sans honte et sans retenue ; plus, toujours plus, jamais assez, un appétit insatiable pour s’enrichir ; certains sont d’ailleurs si riches qu’ils pourraient vivre des milliers d’années sans travailler, assis sur des rentes qu’ils ont forcément dépouillées à des millions de gens partout dans le monde, en les exploitant avec des salaires de misère, et pour ces derniers, c’est une lutte permanente afin de survivre ! Et non, l’argent ne pousse pas tout seul, il a bien fallu que des petites mains le produisent avec abnégation.

Toutes les entreprises ne sont pas ainsi, bien sûr ; mais c’est le système libéral à outrance qui produit de telles monstrueuses énormités où les laissés pour compte sont de plus en plus nombreux de par le monde, et aussi en France.

Toute cela m’éloigne de Tamsui, me direz-vous. Mais non, pas du tout vous répondrais-je.

Un paysage habité par les palmiers et une végétation luxuriante.

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Oxord Collège, fondé par Leslie Mackay, missionnaire canadien, arrivé à Taïwan en 1871.

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Au contraire, immergé dans ce fleuve humain qui prend plaisir à déambuler, à se faire des selfies, à goûter à tout ce qu’il est possible de dénicher dans les petites échoppes alimentaires, chez les vendeurs ambulants ou dans les restaurants que l’on trouve partout, avec ce sentiment de liberté, d’harmonie avec la nature si bien protégée ici, on a ce privilège rare de ralentir le temps, peut-être même de l’arrêter quelques instants pour respirer toute la beauté et la poésie d’un pays que je découvre chaque jour un peu plus, et dans lequel je me sens si bien.

Gilbert Sanslaville

TOWER 101, JOYAU ARCHITECTURAL de TAÏPEI 台灣

Vendredi 6 avril 2018

La Tour 101 à Taïpei se remarque de loin par son esthétique, sa pureté de ligne, son caractère très asiatique qui se relie à la grande histoire de la culture chinoise et, bien sûr, taïwanaise.
Pays étonnant que Taïwan, avec la beauté de ses paysages, son sens de l’accueil, sa vitalité économique et le désir de ses habitants de toujours progresser, d’améliorer leur cadre de vie.

Ici, le métro est d’un modernisme et d’une propreté que la France est loin, mais vraiment très loin d’égaler.

Voici quelques jours, je me suis rendu au pied de la Tour 101 en utilisant le métro, ligne rouge, direction Xiangshan, station Taipei 101 World Trade Center.

On reste ébloui par l’esthétique de cette tour qui semble monter à l’assaut du ciel avec ses 509 mètres et ses 101 étages.

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De l’année 2004 à l’année 2010, elle était la plus haute tour du monde avant d’être supplantée par la Tour de Dubaï. Mais les records ne m’intéressent vraiment pas ; c’est une très belle tour, pleine d’harmonie, scintillante sous le soleil et j’espère ne pas me tromper en précisant qu’on distingue des têtes de dragons aux encoignures extérieures. C’est une beauté asiatique, taïwanaise, sûre d’elle même qui se laisse admirer avec volupté.

Sa structure s’inscrit dans l’art chinois avec une forme futuriste qui s’inspire du bambou. Oui, je ne me suis pas lassé, pendant ces quelques heures, d’admirer la Tour 101.

C’est aussi une beauté qui se protège des tremblements de terre au-delà de 7 sur l’échelle de Richter ; nous sommes ici sur une faille très active du Pacifique et, dans mon studio, j’ai toujours une lampe frontale près de moi pour le cas, comme lorsque j’étais au Japon, où il faudrait évacuer en urgence les lieux suite à un tremblement de terre ; on n’est jamais assez trop prudent, et il faut aussi vivre ici en tenant compte des risques telluriques. A la station de métro 大安 Daan sur la ligne rouge, tout comme dans d’autres stations d’ailleurs, un écran de télévision rappelle les gestes à faire en cas de séisme, se recroqueviller tout en se déplaçant pour évacuer, se protéger la tête avec ses bras, rester calme et cette information est très pédagogique avec un personnel qui se tient à la disposition des voyageurs pour les aider.

La Tour est aussi conçue pour résister aux typhons fréquents dans cette région du monde, grâce à sa structure et à une énorme boule d’acier de 800 tonnes au 88ème étage pour limiter ses mouvements en cas de très fortes rafales.

Au pied et autour de la Tour, a été aménagé un magnifique centre commercial où les boutiques rivalisent de luxe, avec des vitrines somptueuses de bijoux, de vêtements, des vasques d’orchidées que je ne me suis pas lassé de contempler et de photographier.

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Brunch

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En montant dans les étages supérieurs, je me suis offert un montant de détente dans quelque chose qui pourrait ressembler à un bistrot, un salon de thé et, en levant les yeux, on peut remarquer toute l’architecture intérieure de la Tour 101 qui supporte les étages que, lors de mon voyage précédent à Taïpei en 2017, j’avais allègrement montés par un ascenseur ultra-rapide pour arriver à sa terrasse panoramique d’où on peut admirer toute la ville.

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En sous-sol, j’y ai découvert un nombre incalculable de boutiques, de restaurants, et cela m’a brusquement ouvert l’appétit pour y déguster des noodles que j’ai eu le plaisir de porter à mon palais avec des baguettes 筷子 – Kuàizi – que je maîtrise, à défaut de maîtriser la langue chinoise.

Il y a beaucoup de monde autour de la Tour, aussi de jeunes élégantes qui ont accepté que je les photographie, la beauté de cette prouesse architecturale due à l’architecte C.Y. Lee, de nationalité chinoise, né en 1938 dans la Province du Guangdong rivalisant avec la beauté des taïwanaises qui savent jouer de la mise en scène.

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On trouve aussi au pied la Tour une magnifique œuvre d’art de Kang Muxiang, artiste taïwanais, constituée de câbles d’acier ayant servi pour l’ascenseur le plus rapide jusqu’au 89ème étage de janvier 2005 à mai 2010 et qui ont servi à transporter 6,6 millions de visiteurs. La longueur totale de ces fils de cables est de 500 kilomètres, soit la distance de la côte de Taïwan du nord au sud.

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J’aime beaucoup cette approche spécifiquement asiatique qui s’attache aux objets ayant servi aux hommes, aux femmes, aux enfants et, par ce fait, ont quelque chose d’humain de par leur fréquentation avec nous. On retrouve aussi cela dans l’oeuvre de Jirô Taniguchi, mangaka japonais.

C’était un moment de respiration, un sentiment de plénitude après mon cours intensif au Mandarin Training Center, et si j’ai choisi la Tour 101 pour écrire ce court texte, c’est aussi pour m’associer au volontarisme de ce pays où le sentiment de sécurité et de respect est très fort, où on joue collectif, où jamais depuis mon arrivée je n’ai vu quelqu’un essayer de tricher pour prendre le métro ou le train. On peut s’y promener à peu près partout, même de nuit sans éprouver un sentiment d’appréhension.

C’est tard le soir que j’ai regagné mes pénates, dans mon quartier près de la station Xinhai.

Gilbert Sanslaville

ESCAPADE A YINGGE

Dimanche, 1er avril, c’est une douce journée qui s’annonce avec un temps déjà chaud, un ciel très bleu, haut, une sensation de plénitude. Je me lève tôt ce matin, premier jour de vacances pour une semaine. J’en ai bien besoin avec tous ces efforts et ce travail mené à l’université. Apprendre le chinois n’est pas chose facile pour moi. Is is hard to study chinese langage, but I don’t give up !

J’ai rendez-vous avec trois amies taïwanaises à la gare de Yinge, petite ville mais haut lieu de la poterie taïwanaise.

Métro jusqu’à New Taïpei Station, puis train pour Yingge, avec un trajet d’un peu moins de 30 minutes. J’aime cette ambiance bon enfant que l’on rencontre dans les trains taïwanais qui sont toujours très propres et surtout à l’heure, avec un chef de train qui donne le départ. Ici, en un peu plus d’un mois, je n’ai vu aucun contrôleur ni dans le métro, ni dans un train. Non, vraiment, rien à voir avec cette France où la resquille est pour certains un sport national. A Taïwan, où je l’ai déjà constaté lors de mon premier voyage, chacun paie son ticket, personne ne saute au dessus d’une borne pour passer sans tricher. Ici, j’ai le sentiment que l’on joue collectif.

Ce matin, j’ai confectionné des pans bagnats, et aussi des sandwiches au fromage, pour faire découvrir à mes amies ce que l’on mange en France.

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Après être arrivés, nous nous rendons dans un parc, au pied d’une immense statue où a lieu une cérémonie du thé, avec de très nombreuses personnes qui nous font l’honneur de partager leur savoir. Il fait très chaud, l’ambiance est attentive et je suis curieux de découvrir ce rite, comment pourrais-je l’appeler, cet art du thé où les gestes sont lents, réfléchis, dans une osmose entre la femme ou l’homme et le thé.
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Je déguste plusieurs thés, dont Wulong Cha 烏龍茶, ce thé que les taïwanais apprécient particulièrement.

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Nous allons visiter un peu plus tard le Yingge Ceramics Museum, musée moderne depuis les céramiques traditionnelles jusqu’à leur utilisation dans l’industrie.

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Je ne me lasse pas de cette céramique qui nous parle de ces temps reculés, avec l’écriture comme une parole qui se fraie un chemin pour parvenir jusqu’à nous…

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En fin d’après-midi, collation dans un espace dédié du musée, où il fait bon se poser et discuter, beaucoup en anglais et un peu en chinois dont les bases sont pour moi encore très incertaines.

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Un peu plus tard, promenade dans les rues de Yingge ; je ne me lasse pas de toutes ces boutiques et vendeurs de plats.

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Et l’art au coin d’une rue…

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Le soir, retour en train puis en métro dans mon petit studio, avec une pointe de nostalgie devant la fuite du temps…

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Gilbert Sanslaville
桑吉伯

REGISTRATION FORM – DOSSIER D’ISCRIPTION

Vendredi 23 février 2018

Je quitte l’hôtel dans la matinée après avoir dormi difficilement. Décalage horaire, stress de ma recherche de studio, difficulté peut-être aussi à gérer cette nouvelle période de ma vie et aussi, surtout, cette soif de tout connaître de Taïpei, de ce pays, d’apprendre sa langue et ses caractères traditionnels dont on m’a dit en France qu’ils étaient si complexes que cela en déroutait plus d’un.

Je me renseigne à la réception de l’hôtel. Il faut que je prenne la ligne rouge du métro, direction Xiangshan, changer à la station Chiang Kai-Shek Memorial Hall, puis prendre la ligne verte direction Xindian et descendre à Guting.

Maintenant que je suis parti, cela va mieux, je me sens plus détendu. Et puis, le métro n’a plus vraiment de secret pour moi, depuis mon premier voyage à Taïpei en juillet 2016

Je découvre avec étonnement l’université, de beaux bâtiments en brique rouge de part et d’autre d’une large avenue, des espaces verts bien entretenus, une atmosphère agréable. 

Université

Mandarin Training Center

Mais j’arrive trop tard, les bureaux sont fermés et il faut que je revienne à 14 heures.
J’en profite pour faire le tour du quartier, très bourgeois, avec de petites rues où les maisons sont souvent très coquettes. J’irai manger au starbucks tout proche.

Autour de l'université

Rue près de l'université

De retour à l’université, je fais la queue comme tous les autres étudiants pour prendre l’ascenseur. Je remarquerai plus tard qu’à chaque fois que l’ascenseur se remplit, il y a toujours quelqu’un pour appuyer sur le bouton qui permet de maintenir la porte ouverte, pour faciliter l’entrée de chacun.
Je rentre dans un amphithéâtre où le personnel de l’université nous présente la formation en chinois, il y des occidentaux mais aussi et surtout beaucoup d’asiatiques. Tout le discours se fait en chinois et en anglais, et j’avoue ne pas comprendre grand-chose à ce qui est énoncé. Heureusement, à la sortie une étudiante volontaire pour l’accueil des nouveaux se présente avec un drapeau français ; cela me rassure, tout comme de jeunes étudiants français, aussi perdus que moi je pense.

Passage devant une responsable pédagogique pour évaluer le niveau de chacun. Pour moi, ce sera le cours basique. Cela me convient parfaitement car mes bases en chinois sont incertaines. J’ai enfin ma carte d’étudiant international !!

Le soir, j’ai rendez-vous à la réception de l’hôtel avec Kevin, taïwanais, ami de James, un ami taïwanais que j’avais rencontré lors de mon précédent voyage, afin qu’il soit présent lors de la signature du contrat de location. Je le remercie très chaleureusement pour sa présence.

Tout se passera bien lors de cette signature, et je rentrerai le soir, fatigué par ma journée, mais content d’avoir dans ma poche les clefs de mon logement à Taïwan.

Gilbert Sanslaville

ARRIVAL IN TAÏWAN – LOOKING FOR AN APARTMENT ARRIVEE A TAÏWAN – RECHERCHE D’UN APPARTEMENT

Mercredi 21 février

Arrivée vers 7 heures du matin avec près d’un quart d’heure d’avance sur l’horaire annoncé.
Passage au contrôle de police avec mon visa obtenu voilà quelques jours à Paris, puis à la douane. Direction le MRT, métro qui va me conduire à Taïpei où j’ai réservé une chambre d’hôtel pour trois jours, près de la station de métro Xi Men 西 門 ; l’aventure commence.

Je passe mon après-midi à rechercher un peu désespérément un studio meublé avec cuisine, car il n’est pas facile de consulter les offres de logement sur internet publiées en chinois, parfois aussi en anglais mais ma connaissance de la langue de Shakspeare n’est pas fameuse. Il faut ensuite téléphoner aux propriétaires, mais je n’ai pas encore de numéro de téléphone à Taïwan et de toutes les façons une conversation en anglais s’avèrerait des plus difficiles pout moi et aussi pour mon interlocuteur qui aurait les plus grandes difficultés à me comprendre. Je réussis toutefois à communiquer par messagerie et je visite tout de même environ 7 studios près de la station Xi Men, ils ne me plaisent pas, étant notamment dépourvus de cuisine.

YuChin, une amie taïwanaise m’a trouvé deux offres de studio, nous les visitons un peu plus tard dans l’après-midi mais je suis très difficile et cela ne me convient toujours pas.
Le soir, en allant dîner tous les trois avec un de ses amis, Tristan, elle trouve sur internet deux autres offres ; je me décide pour celle qui correspond le mieux à ce que je recherche, au moins sur la photo et nous appelons le propriétaire pour le visiter le soir même. Il se trouve sur la ligne 1, Wenhu Line, près de la station Xinhai, pas très loin du zoo de Taïpei, dans une petite maison mitoyenne à d’autres maisons, au premier étage, avec une minuscule cuisine qui me permettra de cuisiner pour moi bien sûr, mais aussi pour mes amis taïwanais. Le quartier est très plaisant, la rue conviviale et chaleureuse.

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Je ne serais jamais assez reconnaissant à ces deux amis qui me permettent de dormir tranquille ce soir dans mon hôtel.

Gilbert Sanslaville

DESTINATION TAÏWAN


Mercredi 21 février

Départ par le vol d’Air Eva, compagnie nationale taïwanaise à 11h20 de Paris Charles-de-Gaulle. C’est mon quatrième voyage en Asie et la magie qui présidait aux précédents a disparu, peut-être parce que celui-ci est plus réfléchi, plus construit, avec un objectif bien précis, apprendre le chinois et ses caractères traditionnels, écrire un vrai journal de voyage avec la découverte de cette culture taïwanaise et de ce pays qui me rappelle étonnamment mon Algérie natale. Je reviendrai plus tard sur ce point très précis car c’est pour cela que je suis aussi revenu à Taïwan.

Je suis assis près d’une famille qui vient de Calais et il ressort de ma discussion auprès de mon voisin que, selon lui, l’épouvantail des migrants est agité par une certaine classe politique à des fins électorales, même s’il ne faut pas minimiser l’importance de cette question. Mais souvenons-nous qu’en 1962, notamment à Marseille, certains hommes politiques très connus voulaient ramener les Rapatriés en Algérie pour s’en débarrasser. Il y a cette phrase malheureusement célèbre et cruelle prononcée en juillet 1962 par Gaston Defferre : « Qu’ils aillent se réadapter ailleurs » (Publié par l’Obs le 6 juillet 2012). C’est peut-être pour cela que les Pieds-Noirs ont eu à coeur de parfaitement s’intégrer à la société française dont ils étaient des membres à part entière malgré leur statut de rapatrié. Ils avaient certainement à prouver quelque chose, montrer qu’ils étaient tout à fait respectables, loin de l’image qu’on voulait bien en donner.
Beaucoup de métropolitains ont la mémoire très courte, ils ont oublié ce qu’est l’exil loin du pays natal pour cause de guerre ou de catastrophe économique. On ne part jamais de gaîté de coeur de chez soi. Et bientôt, nous verrons aussi apparaître l’exil climatique, il a commencé d’ailleurs ; alors sachons nous organiser pour accueillir tous ces flots de réfugiés qui, la plupart du temps, quittent leur pays pour sauver tout simplement leur peau.

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Nous survolons l’Europe, Istamboul, plus tard le nord de l’Inde, tout en prenant nos plateaux repas peu après notre départ et avant notre arrivée à Taïpei. Je ne résiste pas à un verre de vin rouge et à un camenbert. C’est parfois dur la vie…

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La nuit va bientôt régner en maître au sein de l’avion, d’abord par les hublots qu’il faudra rapidement baisser, et puis avec le décalage horaire lorsque nous rencontrerons la vraie nuit avec l’entrée progressive en Asie. Il faut en effet rajouter sept heures à l’heure française pour avoir l’heure de Taïpei.

Gilbert Sanslaville

DEPART POUR TAÏWAN – DEPARTURE FOR TAIWAN

Mardi 20 février

Train pour Paris, destination Taïwan, aboutissement d’une longue réflexion pour apprendre le mandarin, avec ses caractères traditionnels, au Mandarin Training Center de Taïpei pour une période de trois mois, en République de Chine. C’est aussi un au-revoir avec ma famille qui a la générosité de me laisser ainsi partir pendant une longue période.

Le chinois, écriture mystérieuse, ésotérique pour un occidental, avec ses traits, ses courbes, ses points qui s’inscrivent dans une histoire plongeant ses racines dans un passé lointain, à l’heure où les hommes inventaient cette forme d’écriture en s’inspirant de ce qu’ils observaient dans la nature, dans le monde du vivant, où toutes les combinaisons sont possibles. D’ailleurs, il n’y a ni majuscule, ni séparation entre les mots, ce qui impose à l’esprit de trouver le bon assemblage et développe ainsi la capacité d’observation de chacun, et aussi une sensibilisation à l’art et à la poésie, tant ces caractères sont harmonieux et beaux.

Comme très souvent, le train est affiché à l’heure mais il partira finalement avec 6 minutes de retard ; je me demande parfois si, en France, le rapport au temps et à l’exactitude, toujours en décalage avec ce qui est prévu, n’est pas devenu quelque chose de culturellement établi, et il faudra sans doute beaucoup de patience pour qu’enfin les choses se fassent telles qu’elles sont annoncées.

Rendez-vous le soir avec un de mes fils dans un restaurant marocain à Paris, Le Tajine, où nous dégustons un délicieux couscous qui me rappelle cette cuisine algérienne et pied-noir que ma mère, aujourd’hui disparue, nous faisait toujours avec beaucoup d’amour.

Gilbert SANSLAVILLE