REGISTRATION FORM – DOSSIER D’ISCRIPTION

Vendredi 23 février 2018

Je quitte l’hôtel dans la matinée après avoir dormi difficilement. Décalage horaire, stress de ma recherche de studio, difficulté peut-être aussi à gérer cette nouvelle période de ma vie et aussi, surtout, cette soif de tout connaître de Taïpei, de ce pays, d’apprendre sa langue et ses caractères traditionnels dont on m’a dit en France qu’ils étaient si complexes que cela en déroutait plus d’un.

Je me renseigne à la réception de l’hôtel. Il faut que je prenne la ligne rouge du métro, direction Xiangshan, changer à la station Chiang Kai-Shek Memorial Hall, puis prendre la ligne verte direction Xindian et descendre à Guting.

Maintenant que je suis parti, cela va mieux, je me sens plus détendu. Et puis, le métro n’a plus vraiment de secret pour moi, depuis mon premier voyage à Taïpei en juillet 2016

Je découvre avec étonnement l’université, de beaux bâtiments en brique rouge de part et d’autre d’une large avenue, des espaces verts bien entretenus, une atmosphère agréable. 

Université

Mandarin Training Center

Mais j’arrive trop tard, les bureaux sont fermés et il faut que je revienne à 14 heures.
J’en profite pour faire le tour du quartier, très bourgeois, avec de petites rues où les maisons sont souvent très coquettes. J’irai manger au starbucks tout proche.

Autour de l'université

Rue près de l'université

De retour à l’université, je fais la queue comme tous les autres étudiants pour prendre l’ascenseur. Je remarquerai plus tard qu’à chaque fois que l’ascenseur se remplit, il y a toujours quelqu’un pour appuyer sur le bouton qui permet de maintenir la porte ouverte, pour faciliter l’entrée de chacun.
Je rentre dans un amphithéâtre où le personnel de l’université nous présente la formation en chinois, il y des occidentaux mais aussi et surtout beaucoup d’asiatiques. Tout le discours se fait en chinois et en anglais, et j’avoue ne pas comprendre grand-chose à ce qui est énoncé. Heureusement, à la sortie une étudiante volontaire pour l’accueil des nouveaux se présente avec un drapeau français ; cela me rassure, tout comme de jeunes étudiants français, aussi perdus que moi je pense.

Passage devant une responsable pédagogique pour évaluer le niveau de chacun. Pour moi, ce sera le cours basique. Cela me convient parfaitement car mes bases en chinois sont incertaines. J’ai enfin ma carte d’étudiant international !!

Le soir, j’ai rendez-vous à la réception de l’hôtel avec Kevin, taïwanais, ami de James, un ami taïwanais que j’avais rencontré lors de mon précédent voyage, afin qu’il soit présent lors de la signature du contrat de location. Je le remercie très chaleureusement pour sa présence.

Tout se passera bien lors de cette signature, et je rentrerai le soir, fatigué par ma journée, mais content d’avoir dans ma poche les clefs de mon logement à Taïwan.

Gilbert Sanslaville

ARRIVAL IN TAÏWAN – LOOKING FOR AN APARTMENT ARRIVEE A TAÏWAN – RECHERCHE D’UN APPARTEMENT

Mercredi 21 février

Arrivée vers 7 heures du matin avec près d’un quart d’heure d’avance sur l’horaire annoncé.
Passage au contrôle de police avec mon visa obtenu voilà quelques jours à Paris, puis à la douane. Direction le MRT, métro qui va me conduire à Taïpei où j’ai réservé une chambre d’hôtel pour trois jours, près de la station de métro Xi Men 西 門 ; l’aventure commence.

Je passe mon après-midi à rechercher un peu désespérément un studio meublé avec cuisine, car il n’est pas facile de consulter les offres de logement sur internet publiées en chinois, parfois aussi en anglais mais ma connaissance de la langue de Shakspeare n’est pas fameuse. Il faut ensuite téléphoner aux propriétaires, mais je n’ai pas encore de numéro de téléphone à Taïwan et de toutes les façons une conversation en anglais s’avèrerait des plus difficiles pout moi et aussi pour mon interlocuteur qui aurait les plus grandes difficultés à me comprendre. Je réussis toutefois à communiquer par messagerie et je visite tout de même environ 7 studios près de la station Xi Men, ils ne me plaisent pas, étant notamment dépourvus de cuisine.

YuChin, une amie taïwanaise m’a trouvé deux offres de studio, nous les visitons un peu plus tard dans l’après-midi mais je suis très difficile et cela ne me convient toujours pas.
Le soir, en allant dîner tous les trois avec un de ses amis, Tristan, elle trouve sur internet deux autres offres ; je me décide pour celle qui correspond le mieux à ce que je recherche, au moins sur la photo et nous appelons le propriétaire pour le visiter le soir même. Il se trouve sur la ligne 1, Wenhu Line, près de la station Xinhai, pas très loin du zoo de Taïpei, dans une petite maison mitoyenne à d’autres maisons, au premier étage, avec une minuscule cuisine qui me permettra de cuisiner pour moi bien sûr, mais aussi pour mes amis taïwanais. Le quartier est très plaisant, la rue conviviale et chaleureuse.

Photo rue appartement Taïpei

Je ne serais jamais assez reconnaissant à ces deux amis qui me permettent de dormir tranquille ce soir dans mon hôtel.

Gilbert Sanslaville

DESTINATION TAÏWAN


Mercredi 21 février

Départ par le vol d’Air Eva, compagnie nationale taïwanaise à 11h20 de Paris Charles-de-Gaulle. C’est mon quatrième voyage en Asie et la magie qui présidait aux précédents a disparu, peut-être parce que celui-ci est plus réfléchi, plus construit, avec un objectif bien précis, apprendre le chinois et ses caractères traditionnels, écrire un vrai journal de voyage avec la découverte de cette culture taïwanaise et de ce pays qui me rappelle étonnamment mon Algérie natale. Je reviendrai plus tard sur ce point très précis car c’est pour cela que je suis aussi revenu à Taïwan.

Je suis assis près d’une famille qui vient de Calais et il ressort de ma discussion auprès de mon voisin que, selon lui, l’épouvantail des migrants est agité par une certaine classe politique à des fins électorales, même s’il ne faut pas minimiser l’importance de cette question. Mais souvenons-nous qu’en 1962, notamment à Marseille, certains hommes politiques très connus voulaient ramener les Rapatriés en Algérie pour s’en débarrasser. Il y a cette phrase malheureusement célèbre et cruelle prononcée en juillet 1962 par Gaston Defferre : « Qu’ils aillent se réadapter ailleurs » (Publié par l’Obs le 6 juillet 2012). C’est peut-être pour cela que les Pieds-Noirs ont eu à coeur de parfaitement s’intégrer à la société française dont ils étaient des membres à part entière malgré leur statut de rapatrié. Ils avaient certainement à prouver quelque chose, montrer qu’ils étaient tout à fait respectables, loin de l’image qu’on voulait bien en donner.
Beaucoup de métropolitains ont la mémoire très courte, ils ont oublié ce qu’est l’exil loin du pays natal pour cause de guerre ou de catastrophe économique. On ne part jamais de gaîté de coeur de chez soi. Et bientôt, nous verrons aussi apparaître l’exil climatique, il a commencé d’ailleurs ; alors sachons nous organiser pour accueillir tous ces flots de réfugiés qui, la plupart du temps, quittent leur pays pour sauver tout simplement leur peau.

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Nous survolons l’Europe, Istamboul, plus tard le nord de l’Inde, tout en prenant nos plateaux repas peu après notre départ et avant notre arrivée à Taïpei. Je ne résiste pas à un verre de vin rouge et à un camenbert. C’est parfois dur la vie…

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La nuit va bientôt régner en maître au sein de l’avion, d’abord par les hublots qu’il faudra rapidement baisser, et puis avec le décalage horaire lorsque nous rencontrerons la vraie nuit avec l’entrée progressive en Asie. Il faut en effet rajouter sept heures à l’heure française pour avoir l’heure de Taïpei.

Gilbert Sanslaville

DEPART POUR TAÏWAN – DEPARTURE FOR TAIWAN

Mardi 20 février

Train pour Paris, destination Taïwan, aboutissement d’une longue réflexion pour apprendre le mandarin, avec ses caractères traditionnels, au Mandarin Training Center de Taïpei pour une période de trois mois, en République de Chine. C’est aussi un au-revoir avec ma famille qui a la générosité de me laisser ainsi partir pendant une longue période.

Le chinois, écriture mystérieuse, ésotérique pour un occidental, avec ses traits, ses courbes, ses points qui s’inscrivent dans une histoire plongeant ses racines dans un passé lointain, à l’heure où les hommes inventaient cette forme d’écriture en s’inspirant de ce qu’ils observaient dans la nature, dans le monde du vivant, où toutes les combinaisons sont possibles. D’ailleurs, il n’y a ni majuscule, ni séparation entre les mots, ce qui impose à l’esprit de trouver le bon assemblage et développe ainsi la capacité d’observation de chacun, et aussi une sensibilisation à l’art et à la poésie, tant ces caractères sont harmonieux et beaux.

Comme très souvent, le train est affiché à l’heure mais il partira finalement avec 6 minutes de retard ; je me demande parfois si, en France, le rapport au temps et à l’exactitude, toujours en décalage avec ce qui est prévu, n’est pas devenu quelque chose de culturellement établi, et il faudra sans doute beaucoup de patience pour qu’enfin les choses se fassent telles qu’elles sont annoncées.

Rendez-vous le soir avec un de mes fils dans un restaurant marocain à Paris, Le Tajine, où nous dégustons un délicieux couscous qui me rappelle cette cuisine algérienne et pied-noir que ma mère, aujourd’hui disparue, nous faisait toujours avec beaucoup d’amour.

Gilbert SANSLAVILLE

LA VIE EST AUSSI UN VOYAGE…

C’est un véritable mystère que la vie ; pourquoi naissons nous ? Pourquoi ici ou là-bas ? Serions nous là si un autre spermatozoïde avait fécondé un autre ovule de notre mère ? Et cette course pour la vie de ces millions de spermatozoïdes dont un seul sera élu – à l’image de l’amour parfois cruel, dans une compétition permanente qui ne dit pas son nom.

Et la mort dans tout cela ? Quel gâchis que cette disparition cruelle qui ruine parfois des années de labeur, d’étude, de relations humaines.

Dejà dans l’Ecclésiaste, le roi de Jérusalem se posait la question du pourquoi de la vie, du pourquoi de la disparition, de la vanité de tout ce que nous faisons et qui disparaîtra un jour, comme les feuilles vertes des arbres qui commencent à jaunir et à se dessécher à l’automne, pour finir rabougries, tordues sur le sol, comme un cri pour que l’on ne les oublie pas, mêlées les unes aux autres sur le sol et que plus rien de différenciera bientôt…transformées en humus pour faire renaître la vie, pour qu’elle continue sous d’autres cieux, dans un temps différent, renouvelé.

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Cimetière de Koya San au Japon

Tout cela est un mystère, quelque chose d’incompréhensible. Mais ce que nous savons tous, c’est que c’est cruel, très cruel. Peut-être que nous en comprendrons un jour la signification réelle, profonde lorsque nous mêmes – le plus tard possible – nous deviendrons ces feuilles mortes tombées sur le sol…

C’est peut être aussi la raison pour laquelle les Hommes ont autrefois créé l’écriture, pour transmettre à leurs descendants et aux autres Hommes, de communautés différentes, leurs pensées gravées ici sur ce qui reste d’un arbre, autrefois plein de vie et de force…

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Au hasard d’une promenade à Koyasan.

Gilbert Sanslaville
20 décembre 2017

AUTOMN OF LIFE – L’AUTOMNE DE LA VIE…

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Maybe the autumn of life is the season that gives things all its flavour, probably because time is henceforth counted and the depths of our real-life with their difficult moments permit us to reach the most important of our way. With lucidity to better appreciate beauty and poetry that life offers still us, specially when we accept to live new experiences to accomplish us in spite of our age…

L’automne de la vie est peut-être la saison qui donne le plus de saveur aux choses, sans doute parce que le temps y est désormais compté et que la profondeur de notre vécu, avec ses moments forts et difficiles, nous permet enfin d’atteindre l’essence de l’essentiel. Avec cette lucidité pour mieux goûter la beauté et la poésie de ce que la vie veut bien nous offrir et que l’on accepte de vivre…

Gilbert Sanslaville

DERNIER JOUR A KAGOSHIMA

Ce samedi matin est la dernière journée de mon séjour à Kagoshima. Après avoir visité le marché aux poissons de la ville, qui m’a aussi ramené à mon premier séjour au Japon en 2015 tel que je l’ai relaté dans mon article précédent, je vais passer tout ce temps qui me reste pour courir les rues, afin de ressentir en moi, pour mieux tenter de la comprendre, cette âme japonaise si proche et respectueuse de la nature, de ses traditions millénaires. Parce que le peuple de ce pays s’inscrit dans une histoire qui plonge ses racines dans les temps les plus reculés, et qu’il fait sans cesse vivre dans son quotidien et le respect de sa culture ancestrale. Ce qui n’est pas toujours le cas dans tous les pays.

Un beau couple en tenue traditionnelle.
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C’est ce que j’aime profondément au Japon, cet appétence pour la vie, le goût du beau, de l’esthétique, de l’organisation, du respect des choses ; une façon de continuer l’oeuvre de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui ont construit et développé ce pays avec la fidélité à des valeurs inscrites au plus profond de chacun.

Et quand la nature se cabre et modifie, parfois brutalement, cet équilibre précaire entre terre, mer et ciel par ses caprices aveugles et dramatiques, alors ce peuple courageux montre sa capacité à faire face avec détermination, pour tout reconstruire et, au-delà de ses malheurs, pour lancer de nouveaux ponts sur l’avenir et sans cesse se réinventer.

J’admire ce pays et son esthétique que l’on retrouve partout, dans ses paysages et son organisation urbaine, dans ses gratte-ciels dont beaucoup ont une beauté à couper le souffle, dans ses jardins et sa vie sociale où chacun s’efforce de ne pas empiéter sur la liberté des autres, avec ce respect mutuel quand, de façon tacite et non nommée, l’intimité de chacun dans les lieux publics est garantie par une distance qui en devient la norme.

C’est peut-être pourquoi je trouve que le Japon est un pays où le silence s’entend véritablement, même lorsqu’il est en pleine activité, dans une sorte de balancier entre une vie sociale intense et le retour sur soi, comme s’il fallait se protéger au coeur même de la cité des excès de toutes sortes et, en premier de lieu, d’une exubérance déplacée qui s’apparenterait à un non-respect des autres.

Elle est bien loin, cette France que je trouve si souvent étriquée à force de se couper de ses racines naturelles, et de ne pas avoir compris qu’elle est devenue une puissance moyenne, loin de son empire colonial dont elle garde, de façon très inconsciente, une nostalgie douloureuse.

Mais loin de toutes ces considérations, me voici de retour en fin de matinée à mon hôtel où, après un petit temps de repos, je repars me promener en début d’après-midi dans les galeries commerciales. C’est jour de fête aujourd’hui. Et je vais aussi y retrouver mes amis.

Le temps des petits…la curiosité, l’envie de jouer.
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La bienveillance des grands.
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On mange à toute heure, et c’est très bon.
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Dans un magasin de thé.
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Lorsque j’ai sollicité des japonais pendant mon voyage afin de les prendre en photos, je ne me souviens pas avoir essuyé un refus.
Prendre des clichés, c’est aussi, dans un certain sens, tenter d’arrêter le temps, de le coincer entre deux portes pour qu’il n’arrive pas à s’enfuir trop vite afin de pouvoir entrer en résonance avec une personne, un paysage, une émotion et parfois, un sentiment…

Une belle élégante.
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Un peu plus tard, dans les rues de Kagoshima la fête bat son plein.
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La nuit tombe mais les rues sont toujours aussi animées.
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Des odeurs, l’envie de se sustenter…
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Les jeunes toujours très présents, avec leurs kimonos, ces vêtements traditionnels très beaux et élégants, comme la continuation d’un passé qui se conjugue au présent.
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La nuit est vraiment tombée, c’est une autre ambiance qui se fait jour et tout se transforme.
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Images du Japon, quand la vague et tout ce qu’elle représente dans l’imaginaire des habitants resurgit…
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Un spectacle.
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Comme une invitation à aller se coucher.
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Le Japon mystérieux qui se cache derrière un masque. Arriverai-je un jour à découvrir son âme ?

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Gilbert SANSLAVILLE

Samedi 15 juillet 2017