Arrival in Tokyo – Arrivée à Tokyo

Mercredi 25 mars 2015 – 2015年3月25日,星期三

Réveil vers 11h20 heure de Tokyo. J’aurai dormi moins de trois heures. Nous survolons ce qui doit être le sud de la Sibérie. Le sol est gelé ; c’est un spectacle magnifique que je filme avec ma petite caméra. Miracle de la technique qui permet de partager avec les autres une émotion forte.

A mon réveil je me sens très fatigué mais cela s’estompe lentement. Mon regard accroche une rivière qui serpente avec paresse, je m’aperçois bien vite qu’elle est gelée.
Je ne suis jamais allé aussi loin à l’est. C’est un spectacle extraordinaire que mes yeux contemplent jusqu’à la ligne d’horizon qui se perd entre terre et ciel, épinglée par la course des nuages. Nous sommes à 10 668 mètres, haut, si haut qu’un sentiment de plénitude m’étreint.

14 heures : nous passerons en fait très loin de la ville chinoise de Shenyang où résident mes amis chinois et que je reverrai dans quelques mois à Dalian lors de mon voyage en Chine. Nous allons bientôt survoler la ville russe de Khabarovsk. Le temps est dégagé. Les autres passagers semblent se réveiller, l’avion s’anime tout doucement. Une hôtesse nous amène une petite serviette blanche pour nous humidifier le visage et nous essuyer les mains.

Je commence à remplir la « disembarkation card for foreigner » et la « Customs declaration ».
L’avion se dirige vers la mer du Japon que je confonds au début avec l’océan pacifique. Mais non, nous nous dirigeons bien vers la mer du Japon. Que de chemin parcouru depuis la vieille Europe.

Le petit déjeuner s’annonce avec un verre de jus d’orange. Je me sens brusquement en appétit ce matin et je choisis un petit déjeuner à la japonaise avec du « rice porridge with chicken breast and vegetables ». Le temps est magnifique, le ciel très bleu à l’unisson de la mer et je ne sais plus très bien parfois où se situe leur frontière.

J’ai envie de tout connaître du Japon, ses traditions séculaires mais aussi son modernisme échevelé, ses cerisiers en fleurs qui sont, je le pressens déjà, un hymne à la vie pour chasser le vent d’hiver et célébrer les noces des retrouvailles du pays tout entier avec le printemps qui s’annonce.

Je discute avec deux voyageuses françaises qui sont assises derrière moi.

Nous allons bientôt arriver au-dessus de l’archipel et nous devrions passer tout près de Nikko. La mer du Japon est saupoudrée de petits nuages, flocons qui s’épaississent par endroit, offrant un paysage moutonné. On y découvre des vallées qui se creusent jusqu’à la surface de l’eau. C’est un paysage magnifique que je ne me lasse pas d’admirer.

Au-dessus de la mer du Japon saupoudrée de nuages

15h37 : nous voici au-dessus de l’archipel du Japon, enfin ! Le Japon est sous mes pieds. Je réalise un rêve vieux de trente ans dont je me suis longtemps demandé si je le vivrais un jour. La couverture nuageuse est impressionnante. Je devine parfois, entre deux nuages, un coin de vallée.
Nous amorçons notre descente sur Tokyo. Pression sur les tympans. Le Japon est enfin à portée de main.

Nous avons quitté l’altitude d’un peu plus de 10 000 mètres pour descendre à 3000 mètres. Tokyo est là avec ses gratte-ciels, ses maisons, ses parcs, sa rivière Sumida ; c’est une immense agglomération bâtie sur le bord de l’océan pacifique, accrochée à l’île de Honshu.

Atterrissage à Tokyo Haneda

16h20. Nous venons de nous poser sur l’aéroport de Tokyo Haneda, altitude 4 mètres. Il fait 12 degrés à l’extérieur.
Je vais fouler dans quelques minutes l’archipel du Japon et sa capitale Tokyo.

Je vais bientôt fouler la terre japonaise.

Gilbert Sanslaville 桑吉伯