LOVE BETWEEN GENERATIONS – L’AMOUR ENTRE GENERATIONS

17 avril 2018

Les galets roulent, ils s’entrechoquent dans le lit de la rivière, emportés par le flot tumultueux du courant, musique joyeuse et lumineuse sous ce ciel de printemps que le soleil réchauffe après les frimas de l’hiver ; semblables pour moi à tous ces mots qui se cherchent dans une course éperdue pour trouver le ton juste, l’émotion peut-être éphémère, mais authentique quand brusquement le temps semble s’arrêter, gouttes de rosée du petit matin, avant de basculer sur ces nouvelles petites feuilles qui s’ouvrent à la vie, à l’image d’une journée nouvelle où rien n’est écrit…

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Photo d’une maman et de son bébé, Koya-San en juillet 2017

Tout cela évoque pour moi un récit que j’ai lu autrefois sur une tradition du Japon. Mais peut-être n’est ce qu’une fable. Autrefois, disais-je, les japonais allaient chercher dans l’estuaire des rivières et des fleuves des galets, pas encore bien arrondis et polis par l’eau. Ils remontaient ensuite le cours d’eau qui les avaient transportés et les remettaient à l’eau pour que l’usure du temps, de la course folle de la vie, les ramènent à la mer afin que leurs decendants puissent les ramasser, juste avant qu’ils ne basculent dans les profondeurs de celle-ci, bien ronds, bien polis afin d’agrémenter leurs jardins, comme une marque d’amour dans la ronde infinie des générations…

Gilbert Sanslaville

LA VIE EST AUSSI UN VOYAGE…

C’est un véritable mystère que la vie ; pourquoi naissons nous ? Pourquoi ici ou là-bas ? Serions nous là si un autre spermatozoïde avait fécondé un autre ovule de notre mère ? Et cette course pour la vie de ces millions de spermatozoïdes dont un seul sera élu – à l’image de l’amour parfois cruel, dans une compétition permanente qui ne dit pas son nom.

Et la mort dans tout cela ? Quel gâchis que cette disparition cruelle qui ruine parfois des années de labeur, d’étude, de relations humaines.

Dejà dans l’Ecclésiaste, le roi de Jérusalem se posait la question du pourquoi de la vie, du pourquoi de la disparition, de la vanité de tout ce que nous faisons et qui disparaîtra un jour, comme les feuilles vertes des arbres qui commencent à jaunir et à se dessécher à l’automne, pour finir rabougries, tordues sur le sol, comme un cri pour que l’on ne les oublie pas, mêlées les unes aux autres sur le sol et que plus rien de différenciera bientôt…transformées en humus pour faire renaître la vie, pour qu’elle continue sous d’autres cieux, dans un temps différent, renouvelé.

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Cimetière de Koya San au Japon

Tout cela est un mystère, quelque chose d’incompréhensible. Mais ce que nous savons tous, c’est que c’est cruel, très cruel. Peut-être que nous en comprendrons un jour la signification réelle, profonde lorsque nous mêmes – le plus tard possible – nous deviendrons ces feuilles mortes tombées sur le sol…

C’est peut être aussi la raison pour laquelle les Hommes ont autrefois créé l’écriture, pour transmettre à leurs descendants et aux autres Hommes, de communautés différentes, leurs pensées gravées ici sur ce qui reste d’un arbre, autrefois plein de vie et de force…

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Au hasard d’une promenade à Koyasan.

Gilbert Sanslaville
20 décembre 2017