REGISTRATION FORM – DOSSIER D’ISCRIPTION

Vendredi 23 février 2018

Je quitte l’hôtel dans la matinée après avoir dormi difficilement. Décalage horaire, stress de ma recherche de studio, difficulté peut-être aussi à gérer cette nouvelle période de ma vie et aussi, surtout, cette soif de tout connaître de Taïpei, de ce pays, d’apprendre sa langue et ses caractères traditionnels dont on m’a dit en France qu’ils étaient si complexes que cela en déroutait plus d’un.

Je me renseigne à la réception de l’hôtel. Il faut que je prenne la ligne rouge du métro, direction Xiangshan, changer à la station Chiang Kai-Shek Memorial Hall, puis prendre la ligne verte direction Xindian et descendre à Guting.

Maintenant que je suis parti, cela va mieux, je me sens plus détendu. Et puis, le métro n’a plus vraiment de secret pour moi, depuis mon premier voyage à Taïpei en juillet 2016

Je découvre avec étonnement l’université, de beaux bâtiments en brique rouge de part et d’autre d’une large avenue, des espaces verts bien entretenus, une atmosphère agréable. 

Université

Mandarin Training Center

Mais j’arrive trop tard, les bureaux sont fermés et il faut que je revienne à 14 heures.
J’en profite pour faire le tour du quartier, très bourgeois, avec de petites rues où les maisons sont souvent très coquettes. J’irai manger au starbucks tout proche.

Autour de l'université

Rue près de l'université

De retour à l’université, je fais la queue comme tous les autres étudiants pour prendre l’ascenseur. Je remarquerai plus tard qu’à chaque fois que l’ascenseur se remplit, il y a toujours quelqu’un pour appuyer sur le bouton qui permet de maintenir la porte ouverte, pour faciliter l’entrée de chacun.
Je rentre dans un amphithéâtre où le personnel de l’université nous présente la formation en chinois, il y des occidentaux mais aussi et surtout beaucoup d’asiatiques. Tout le discours se fait en chinois et en anglais, et j’avoue ne pas comprendre grand-chose à ce qui est énoncé. Heureusement, à la sortie une étudiante volontaire pour l’accueil des nouveaux se présente avec un drapeau français ; cela me rassure, tout comme de jeunes étudiants français, aussi perdus que moi je pense.

Passage devant une responsable pédagogique pour évaluer le niveau de chacun. Pour moi, ce sera le cours basique. Cela me convient parfaitement car mes bases en chinois sont incertaines. J’ai enfin ma carte d’étudiant international !!

Le soir, j’ai rendez-vous à la réception de l’hôtel avec Kevin, taïwanais, ami de James, un ami taïwanais que j’avais rencontré lors de mon précédent voyage, afin qu’il soit présent lors de la signature du contrat de location. Je le remercie très chaleureusement pour sa présence.

Tout se passera bien lors de cette signature, et je rentrerai le soir, fatigué par ma journée, mais content d’avoir dans ma poche les clefs de mon logement à Taïwan.

Gilbert Sanslaville

ARRIVAL IN TAÏWAN – LOOKING FOR AN APARTMENT ARRIVEE A TAÏWAN – RECHERCHE D’UN APPARTEMENT

Mercredi 21 février

Arrivée vers 7 heures du matin avec près d’un quart d’heure d’avance sur l’horaire annoncé.
Passage au contrôle de police avec mon visa obtenu voilà quelques jours à Paris, puis à la douane. Direction le MRT, métro qui va me conduire à Taïpei où j’ai réservé une chambre d’hôtel pour trois jours, près de la station de métro Xi Men 西 門 ; l’aventure commence.

Je passe mon après-midi à rechercher un peu désespérément un studio meublé avec cuisine, car il n’est pas facile de consulter les offres de logement sur internet publiées en chinois, parfois aussi en anglais mais ma connaissance de la langue de Shakspeare n’est pas fameuse. Il faut ensuite téléphoner aux propriétaires, mais je n’ai pas encore de numéro de téléphone à Taïwan et de toutes les façons une conversation en anglais s’avèrerait des plus difficiles pout moi et aussi pour mon interlocuteur qui aurait les plus grandes difficultés à me comprendre. Je réussis toutefois à communiquer par messagerie et je visite tout de même environ 7 studios près de la station Xi Men, ils ne me plaisent pas, étant notamment dépourvus de cuisine.

YuChin, une amie taïwanaise m’a trouvé deux offres de studio, nous les visitons un peu plus tard dans l’après-midi mais je suis très difficile et cela ne me convient toujours pas.
Le soir, en allant dîner tous les trois avec un de ses amis, Tristan, elle trouve sur internet deux autres offres ; je me décide pour celle qui correspond le mieux à ce que je recherche, au moins sur la photo et nous appelons le propriétaire pour le visiter le soir même. Il se trouve sur la ligne 1, Wenhu Line, près de la station Xinhai, pas très loin du zoo de Taïpei, dans une petite maison mitoyenne à d’autres maisons, au premier étage, avec une minuscule cuisine qui me permettra de cuisiner pour moi bien sûr, mais aussi pour mes amis taïwanais. Le quartier est très plaisant, la rue conviviale et chaleureuse.

Photo rue appartement Taïpei

Je ne serais jamais assez reconnaissant à ces deux amis qui me permettent de dormir tranquille ce soir dans mon hôtel.

Gilbert Sanslaville

DESTINATION TAÏWAN


Mercredi 21 février

Départ par le vol d’Air Eva, compagnie nationale taïwanaise à 11h20 de Paris Charles-de-Gaulle. C’est mon quatrième voyage en Asie et la magie qui présidait aux précédents a disparu, peut-être parce que celui-ci est plus réfléchi, plus construit, avec un objectif bien précis, apprendre le chinois et ses caractères traditionnels, écrire un vrai journal de voyage avec la découverte de cette culture taïwanaise et de ce pays qui me rappelle étonnamment mon Algérie natale. Je reviendrai plus tard sur ce point très précis car c’est pour cela que je suis aussi revenu à Taïwan.

Je suis assis près d’une famille qui vient de Calais et il ressort de ma discussion auprès de mon voisin que, selon lui, l’épouvantail des migrants est agité par une certaine classe politique à des fins électorales, même s’il ne faut pas minimiser l’importance de cette question. Mais souvenons-nous qu’en 1962, notamment à Marseille, certains hommes politiques très connus voulaient ramener les Rapatriés en Algérie pour s’en débarrasser. Il y a cette phrase malheureusement célèbre et cruelle prononcée en juillet 1962 par Gaston Defferre : « Qu’ils aillent se réadapter ailleurs » (Publié par l’Obs le 6 juillet 2012). C’est peut-être pour cela que les Pieds-Noirs ont eu à coeur de parfaitement s’intégrer à la société française dont ils étaient des membres à part entière malgré leur statut de rapatrié. Ils avaient certainement à prouver quelque chose, montrer qu’ils étaient tout à fait respectables, loin de l’image qu’on voulait bien en donner.
Beaucoup de métropolitains ont la mémoire très courte, ils ont oublié ce qu’est l’exil loin du pays natal pour cause de guerre ou de catastrophe économique. On ne part jamais de gaîté de coeur de chez soi. Et bientôt, nous verrons aussi apparaître l’exil climatique, il a commencé d’ailleurs ; alors sachons nous organiser pour accueillir tous ces flots de réfugiés qui, la plupart du temps, quittent leur pays pour sauver tout simplement leur peau.

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Nous survolons l’Europe, Istamboul, plus tard le nord de l’Inde, tout en prenant nos plateaux repas peu après notre départ et avant notre arrivée à Taïpei. Je ne résiste pas à un verre de vin rouge et à un camenbert. C’est parfois dur la vie…

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La nuit va bientôt régner en maître au sein de l’avion, d’abord par les hublots qu’il faudra rapidement baisser, et puis avec le décalage horaire lorsque nous rencontrerons la vraie nuit avec l’entrée progressive en Asie. Il faut en effet rajouter sept heures à l’heure française pour avoir l’heure de Taïpei.

Gilbert Sanslaville

DEPART POUR TAÏWAN – DEPARTURE FOR TAIWAN

Mardi 20 février

Train pour Paris, destination Taïwan, aboutissement d’une longue réflexion pour apprendre le mandarin, avec ses caractères traditionnels, au Mandarin Training Center de Taïpei pour une période de trois mois, en République de Chine. C’est aussi un au-revoir avec ma famille qui a la générosité de me laisser ainsi partir pendant une longue période.

Le chinois, écriture mystérieuse, ésotérique pour un occidental, avec ses traits, ses courbes, ses points qui s’inscrivent dans une histoire plongeant ses racines dans un passé lointain, à l’heure où les hommes inventaient cette forme d’écriture en s’inspirant de ce qu’ils observaient dans la nature, dans le monde du vivant, où toutes les combinaisons sont possibles. D’ailleurs, il n’y a ni majuscule, ni séparation entre les mots, ce qui impose à l’esprit de trouver le bon assemblage et développe ainsi la capacité d’observation de chacun, et aussi une sensibilisation à l’art et à la poésie, tant ces caractères sont harmonieux et beaux.

Comme très souvent, le train est affiché à l’heure mais il partira finalement avec 6 minutes de retard ; je me demande parfois si, en France, le rapport au temps et à l’exactitude, toujours en décalage avec ce qui est prévu, n’est pas devenu quelque chose de culturellement établi, et il faudra sans doute beaucoup de patience pour qu’enfin les choses se fassent telles qu’elles sont annoncées.

Rendez-vous le soir avec un de mes fils dans un restaurant marocain à Paris, Le Tajine, où nous dégustons un délicieux couscous qui me rappelle cette cuisine algérienne et pied-noir que ma mère, aujourd’hui disparue, nous faisait toujours avec beaucoup d’amour.

Gilbert SANSLAVILLE

JAPON et TAÏWAN, été 2017, AU-DELA DE MES REVES…

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Japon, Kagoshima, le port

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Taïwan, Taïpei, grands magasins de la Tour 101

Comment résumer en quelques mots, parce qu’il se fait tard, une heure 45 du matin à Taïchung sur l’île de Taïwan, ce que représente pour moi ce double voyage au Japon et à Taïwan que je vis cette année au mois de juillet et d’août…

Certainement pas un simple voyage de tourisme ou d’agrément, même si la découverte de musées, de monuments ou de paysages est importante et essentielle pour moi ; je dirais que c’est plutôt une aventure humaine où j’ai pu partir à la rencontre de femmes et d’hommes qui m’ont très bien accueilli, que ce soit des amis au Japon ou à Taïwan, ou des personnes que je ne connaissais pas et que j’ai pu rencontrer grâce à mon réseau d’amis ou, tout simplement encore par le fait du hasard ; et je ne veux pas oublier les personnes qui m’ont renseigné alors que je cherchais mon chemin et que je pouvais être dans la difficulté.

Je pense aussi à Kohei, petit japonais que j’ai revu avec ses parents à Osaka et à Yoyo, petit taïwanais dont j’ai fait la connaissance avec sa maman et un ami à Taïpei ; cela a aussi été pour moi un grand moment de bonheur, tant la jeunesse est l’avenir du monde.

A tous, je dis un grand merci. Car si mon voyage est pour moi très réussi et surtout très heureux, c’est grâce à eux que je le dois. Oui, essentiellement à eux que je le dois.

Il est difficile d’écrire sa journée de voyage en rentrant le soir à son hôtel, parfois très tard. Je continuerai de le faire jusqu’à mon retour en France et, bien sûr en France afin de partager avec tous ce que j’ai vécu, tant est intellectuellement gratifiante la découverte d’un pays différent, de son histoire, de sa culture, de tout ce qui le constitue et, par dessus-tout, la richesse de toutes les personnes qui m’ont accompagné, accueilli et m’ont ouvert les portes de leur coeur.

Un dernier mot.
Le Japon est un pays extraordinaire à plus d’un titre, j’en rêvais depuis mes 20 ans. Taïwan, je ne connaissais pas ce très beau pays, accueillant et très courageux.
Je conseille à tous de vous y rendre, vous ne serez pas déçus et, c’est certain, vous aurez pour beaucoup d’entre vous le désir et le besoin d’y retourner pour mieux comprendre leurs habitants tournés résolument vers l’avenir dans le respect de leurs traditions et de leurs valeurs.

Gilbert
Samedi 5 août 2017

RONDE DE HAÏKUS SUR UN REVE D’ENFANCE

Théâtre National de Taïpei, juillet 2017. On reste confondu par l’élégance de ce théâtre où j’ai rencontré de nombreux étudiants qui tout autour dansaient, sous le regard de leur professeur. J’ai senti chez eux une vraie joie de vivre sous un beau ciel d’été et une chaleur comme j’en ai peu souvent rencontrée.

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Taïwan, le temps ici
arrêté sur un rêve
lointain d’enfance

Pour parcourir
la terre d’Asie, partout,
en saisir l’âme

Avec la floraison
des cerisiers au Japon,
le Changbaishan

En pays de Chine
et son écriture remontant
aux origines,

Comme un parfum
d’Algérie où ce rêve
est autrefois né…

Gilbert
31 juillet 2017

* * * * * * * *
Tori de Miyajima, avril 2015. C’était mon premier voyage en Asie ; j’ai été profondément touché par la beauté du Japon, par son esthétique. Le jour de ma visite, il pleuvait mais j’ai quand même visité jardins et temples.

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Beijing, Cité interdite, août 2015. Il faisait très chaud. Une amie chinoise m’a fait la visite en me commentant l’histoire de ce joyau d’architecture. C’était aussi un moment très fort.

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Vue de la Haute Casbah d’Alger où je suis né. C’était à l’époque la clinique de la Croix Rouge. C’est maintenant l’hôpital Ait Idir. J’en ai été tellement ému que j’ai failli rater une marche et tomber. Octobre 2004. J’ai pu fleurir la tombe de ma grand-mère paternelle et de ses parents au cimetière de Saint-Eugène, ainsi que celle de ma grand-mère maternelle au cimetière d’Ouled-Fayet ; c’était un moment très émouvant, un façon de renouer le fil coupé depuis mars 1963, date de mon arrivée en France où je n’avais jamais mis les pieds jusque là.

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EN IMMERSION A TAÏPEI…

Me voici donc jusqu’à lundi à Taïpei puisqu’un typhon est annoncé pour samedi sur Taitung. J’ai regardé ce qui s’était passé il y a quelques années dans cette ville cotière installée sur les rivages de l’Océan Pacifique, et l’énormité des vagues qui s’étaient abattues sur le rivage m’a vraiment convaincu que c’était une décision sage que de ne pas aller taquiner les éléments naturels.

Après avoir réservé un hôtel tout proche, je me suis mis en route pour y déposer ma valise car généralement les chambres ne sont disponibles ici qu’à partir de 15 heures. Une fois de plus, les habitants de Taïpei sont très serviables ; un chauffeur de taxi m’a renseigné et, après avoir fait quelques pas, je l’ai entendu accourir pour me montrer où était précisément cet hôtel. Etonnant et plein de bienveillance !

Une fois libéré de cette tâche matérielle, quoi de mieux que de s’enfoncer dans les rues avoisinantes et de partir, affranchi de tout guide touristique, pour y découvrir, à l’aventure, sans idées préconçues, comment est constituée une ville, quelles sont ses caractéristiques profondes, loin de toute représentation que l’on pourrait s’y faire a priori. Il est vrai que les grandes tendances actuelles sont toujours de visiter monuments, musées, lieux branchés et j’y souscrit parfaitement ; et pourtant avec quel étonnement je parcours ces rues qui ne sont dans aucun guide mais qui révèlent parfaitement l’état d’esprit, l’âme d’une ville dans sa vie quotidienne, bien réelle. J’y découvre un Taïpei exotique pour moi qui suis européen, une ville chaleureuse, où l’on y rencontre aussi des personnes simples, parfois très pauvres, dont on se demande pour certains où ils dorment le soir. Et pourtant jamais de gens agressifs. L’architecture y est résolument moderne, avec lorsque l’on rentre plus avant dans certains quartiers, des immeubles très modestes et d’autres dont on voit qu’ils sont comme lancés dans l’aventure du développement de la ville et du pays. La République de Chine s’y construit, lancée dans son devenir et je sens combien les taïwanais sont fiers de leur pays, de son développement dans une Asie où tant de pays veulent avancer dans une modernité qui reste à définir, dans un futur où rien n’est écrit. Oui, ce futur qui se dessine partout dans le monde et dont on voit mal ses contours, y compris dans notre Europe qui me paraît parfois si inquiète pour son avenir, ce qui s’y traduit par cette montée constante d’une extrême droite dont l’unique moteur est la peur des étrangers, la peur de l’autre.

Je ne ressens pas ici cette peur ; sans doute je ne détiens pas toutes les clefs pour comprendre cette société, et mes yeux étonnés et infiniment curieux se délectent de tout ce qui j’y découvre. Au hasard de mon entrée dans un grand magasin, je remarque un restaurant plutôt branché avec une musique et des chanteurs que l’on pourrait trouver en Europe. Je m’y installe, prends de ces crudités que je ne mange pas suffisamment et, entre deux bouchées, je travaille sur mon petit ordinateur qui m’accompagnait déjà lors de mon premier voyage au Japon en mars 2015 pour la fête des cerisiers. C’est certain, je ne voyage pas léger. Et pourquoi devrait-t’on voyager léger alors qu’il y a tant de choses à découvrir, à comprendre, et aussi parfois à ramener chez soi, comme un témoignage des émotions ressenties ; et il y a aussi tous ces mots à débusquer pour qu’ils réussissent à traduire ce que l’on peut éprouver devant la beauté des choses, la nouveauté des situations.
Je ne voyage pas pour rester à la surface des choses, mais au contraire je voyage pour aller au coeur de ce qui me paraît important parce que je dispose, pour ce temps limité, contraint, de la liberté d’aller et de venir comme je l’entends.

Je sens un pays tourné vers l’avenir, une jeunesse avide de découverte, sans trop de tabou je pense, mais avec toujours beaucoup de retenue.

En fin d’après-midi, je m’en vais visiter le temple de Longshan, situé Guangzhou Lu. C’est un temple très connu à Taïpei. Son nom signifie « la montagne des dragons ». Bâti une première fois en 1638, il a été rebâti trois fois, d’abord suite à un tremblement de terre en 1815 où il s’est effondré, puis suite à un typhon en 1867, et enfin victime d’un bombardement par les alliés en 1945, sa restauration s’est achevée en 1957. Il ne reste pas grand chose du premier temple construit. On retrouve de très nombreux dragons, que ce soit sur son toit ou autour de ses piliers.

Pendant que je commence ma visite, la pluie se met à tomber, suffisamment fort pour gâcher un peu la visite. Des gens prient, ils sont recueillis, récitent des textes, s’inclinent, font brûler de l’encens ; certains jettent sur le sol deux petits morceaux de bois qui, si on les réunissaient ensemble, ressembleraient me semble t’il à un cercle, celui du yin et du yang, du moins je le pense. Des offrandes sont déposées. J’essaie de comprendre ce rituel tout en respectant par mon silence ces personnes venues dans ce temple pour se recueillir et prier.

Je ne connais pas vraiment la différence entre se recueillir dans une église et se recueillir dans un temple bouddhiste. Pour cela, il me faudrait mieux comprendre ce qu’est le bouddhisme ; j’en ai une vague idée, mais c’est très insuffisant.

C’était un moment de calme, de sérénité, de paix intérieure. Dans ces moments, je pense toujours à mes parents aujourd’hui disparus. Le voyage permet aussi cela, aller plus en profondeur dans ses racines, surtout quand une situation nous ramène à ce que nous sommes, à ce que notre famille a été et à ce qu’elle a porté dans ses valeurs, son humanité.

Gilbert
28 juillet 2017

NB : j’avais fais une erreur sur l’histoire du temple de Longshan, je viens de rectifier ce qui était erroné.

TAÏWAN entre passé et présent – TAÏWAN between past and present

J’aime ces allers et retours entre passé et présent, comme une respiration sur l’essentiel de la vie, pour ne pas oublier que tout est mouvement, que le passé est aussi ce qui a pu nous structurer dans une fidélité à nos valeurs, à notre histoire, à tout ce qui nous a construit parce que nous sommes des héritiers, les héritiers de nos ancêtres et de la culture de cette foule innombrable qui nous a précédé et sans qui nous ne serions pas là.

Mais nous ne pouvons pas nous figer sur ce passé, aussi estimable qu’il puisse l’être parfois ; nous nous construisons aussi dans le présent, dans ces relations familiales et sociales qui font de nous un être appartenant à l’humanité où tout se transforme dans un perpétuel développement.

C’est pourquoi j’ai décidé d’aller visiter aujourd’hui le Musée National du Palais et que j’ai eu la chance de rencontrer un petit garçon prénommé YoYo en compagnie de sa maman et d’un ami de la famille sachant parfaitement parler anglais, ma connaissance de la langue de Shakespeare étant d’un niveau assez faible.

Pour me rendre au Musée National, il m’a fallu prendre le métro jusqu’à la station Shihlin, puis un bus, le 255. J’ai bien aimé ce combiné métro-bus qui, au début, me semblait hors d’atteinte. Mais non, voyager devient parfois relativement facile à condition de pouvoir s’immerger dans une société humaine afin de s’imprégner de ses règles de fonctionnement. Et pour cela, il faut que la société dans laquelle on se trouve soit bienveillante envers nous, pour nous accueillir, ce que j’ai constaté ici.

Ce musée renferme plusieurs milliers d’années de civilisation chinoise, en particulier dans le domaine de la calligraphie avec l’enseignement de Confucius, aussi dans le mobilier, les objets de culte, la poterie, la porcelaine. Je trouve assez émouvant d’avoir le privilège de regarder tous ces objets qui ont été portés, aimés par des êtres de chair et de sang, qui sont le témoignage vivant de millions d’hommes, de femmes et d’enfants aujourd’hui disparus. Et nous, saurons nous laisser à tous nos descendants des objets de nos existences qui auront une durée de vie aussi longue que celle que j’observe dans ce musée où beaucoup de monde se presse.

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J’ai été me restaurer après la visite dans ce qui pourrait être à la fois une maison de thé et un café. A l’entrée, une personne qui fait la régulation des entrées et me demande, comme je suis seul, si j’accepte de partager une table avec d’autres personnes. J’acquiesce, bien évidemment. Il faut choisir sur une carte ce que l’on désire consommer, puis aller payer à la caisse, donner son numéro de table, la 18 pour moi, et attendre que l’on nous serve ; c’est en fait une dame et son fils qui sont à la même table que la mienne et qui m’expliquent tout cela en anglais. Elle est professeur de biologie, lui est élève en lycée et veut devenir un « docteur » comme son oncle, comme il me le précise avec conviction. Les voyages permettent aussi ces échanges, souvent parcellaires et fugitifs, éphémères même, mais sur le moment ils rompent l’isolement et donnent matière à s’ancrer dans la réalité d’un pays.

Retour à Taïpei pour me préparer à rencontrer YoYo, sa maman Lin Pi Ling et un ami de son frère, Hu Chun An. Nous allons dîner dans un restaurant près de mon hôtel, au numéro 91 de Kunming Street, quartier de Wanhua et que je recommande. Pour ma part, je commande une soupe aux pâtes, avec légumes coupés tranchés. Moment un peu étrange que cette rencontre de personnes que je n’ai vues que sur internet pour YoYo et sa maman, et jamais vu pour l’ami de son frère.
Je reconnais tout de suite la vivacité de YoYo, son intelligence curieuse de tout ce qui se passe autour de lui, son calme réfléchi aussi. Mon anglais est vraiment peu avancé, j’ai encore beaucoup de progrès à faire. Nous nous présentons mutuellement, parlons de la vie à Taïwan, de l’éducation des enfants, du travail et de beaucoup de sujets, et bien sûr de YoYo tant cet enfant m’a ému lorsque je l’ai vu pour la première fois sur la page d’un réseau social où sa maman poste régulièrement photos, vidéos et commentaires. C’est une soirée très agréable, et j’étais heureux de faire la connaissance de ce petit garçon, aussi de pouvoir le prendre sur moi quand sa maman a proposé de nous prendre en photo.

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Nous avons poursuivi la soirée en changeant d’établissement et j’ai pu découvrir un dessert aux graines de lotus. C’est absolument délicieux.

Sur les conseils de Hu Chun An, j’ai modifié mon programme de voyage en le reportant à plus tard pour ce qui concerne la visite de Taitung en raison de l’arrivée prochaine d’un cyclone, phénomène assez effrayant pour ceux qui l’on vécu. Je l’ai remercié pour ses traductions en anglais, aussi pour l’aide qu’il m’a apportée afin d’annuler la réservation de ma chambre d’hôtel et d’obtenir le remboursement de mon billet de train, sans oublier ses commentaires sur des bâtiments construits par les japonais lorsque Taïwan était sous la domination impériale du Japon. Heureusement, les relations se sont pacifiées entre tous ces Etats.

Gilbert
27 juillet 2017

TAÏWAN, République de Chine, un nouveau visage de l’Asie

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Après mon petit périple au Japon d’une quinzaine de jours, mon second voyage dans ce pays dont je rêvais depuis l’adolescence et qui me fascine toujours autant, j’ai souhaité mieux comprendre comment s’articulaient tous ces pays que l’on qualifie d’asiatiques. Pour cela, quoi de mieux que de continuer à se déplacer dans d’autres pays, et en particulier à Taïwan dont le nom officiel est la République de Chine.

Voyager, c’est laisser beaucoup de soi quelque part pour mieux s’ouvrir à des cultures que je ne qualifierai pas d’étrangères, mais de différentes. Pendant mon voyage au Japon, j’ai parfois ressenti une certaine forme de solitude, tant l’écart entre ce que l’on connaît et ce que l’on ignore peut parfois être important. Et là, on se sent brusquement vulnérable, sans repère, parfois même insignifiant car on peut avoir l’impression de ne plus rien comprendre au monde, d’être à ses marges, loin de tout ; c’est un état de solitude qui gagne alors et peut menacer de nous envahir, de déborder pour nous emporter dans un déséquilibre où finalement la tentation serait très grande de rentrer à la maison.

Mais non, tel un voyageur qui croit en la vertu des voyages, non pas d’agrément mais d’immersion dans une culture autre, je suis parti en fin de matinée de mon hôtel d’Osaka pour prendre le métro afin de me rendre à l’aéroport Kansaï international. Plongée dans cette ville à la vie toujours en mouvement, croisement de gens inconnus embarqués dans leur vie professionnelle, étudiante ou scolaire, familiale, et moi, avec ma valise, mon sac à dos, l’appareil photo en bandoulière, l’œil attentif, parfois gourmand pour saisir une étincelle de vérité dans ces paysages humains toujours renouvelés entre deux stations… Que dire du métro d’Osaka, mais qu’il est d’une propreté exemplaire, très confortable, à l’image de l’archipel où le respect des autres est le gage d’une vie en commun harmonieuse, ou à tout le moins apaisée. Pendant tout mon séjour au Japon, je n’ai jamais vu une tentative de frauder pour ne pas payer ; le regard social paralyserait je pense toute personne qui essaierait de vivre au crochet de la société en ne payant pas son titre de transport. Comme la France m’a alors semblé très en retard sur ce respect des règles communes élémentaires. Quand aux tags, je n’en ai pas vu un seul, mais vraiment pas un seul.

Le vol s’est très bien passé, à vrai dire j’ai dormi une partie des trois heures et quelques du temps de parcours mais j’ai quand même trouvé le temps de goûter à mon premier repas taïwanais que j’ai accompagné, je l’avoue, d’un verre de vin blanc, cépage chardonnay. Il fait bon tout de même être français de temps à autre… Je crois d’ailleurs que j’étais le seul européen à bord du vol.

La suite, le métro pour rejoindre le centre ville de Taïpei, métro aussi exemplaire que le métro japonais, un taxi pour atteindre l’hôtel, l’inévitable wi-fi afin de me mettre en réseau avec la famille les amis, et ma première plongée dans la vie taïwanaise, un repas pris sur le pouce comme cela se fait souvent ici où les agents achètent une petite barquette de poulet, de riz ou autre et qu’ils ramènent chez eux ou qu’ils mangent en marchant.

Dernier acte de la journée, ces quelques lignes pour fixer dans ma mémoire tout ce que j’ai vécu aujourd’hui. J’oubliais quelque chose. Après ma sortie nocturne dans les rues de la capitale, j’ai eu beaucoup de mal à retrouver mon hôtel. Je me suis adressé une première fois à un policier qui portait sur la poitrine une petite caméra, cela peut éviter tout malentendu en cas d’incompréhension de part et d’autre. Il m’a aimablement renseigné, mais mon anglais étant encore à améliorer, je me suis adressé un peu plus tard à une jeune couple car je me perdais de nouveau dans ces rues pourvues de petits commerces qui finissent par se ressembler tous, surtout pour un occidental. Après que ce couple m’ait donné les indications nécessaires, moi ayant fait quelques dizaines de mètres, j’ai entendu la jeune femme qui s’était mis à courir pour me rattraper et me disait, toujours en anglais, qu’il y avait erreur et qu’il fallait que je revienne sur me pas, me montrant la direction à suivre. Je les remerciais avec effusion et je m’en fus rentrer dans mon hôtel.

Gilbert,
Lundi 24 juillet 2017

Au pays du Soleil levant et de la République de Chine aussi nommée Taïwan…

This is my second trip to Japan ; the first was in march 2015. This year, I have decided to extend this second trip to Taïwan in order to discover this country. I was very happy to return to Asia.

* * * * * * * * * * * *

Déjà deux ans que j’avais foulé le Japon pour la première fois, c’était en mars 2015 pour trois semaines, une éternité dans le fond, moi qui avais rêvé de ce pays depuis si longtemps, depuis mes 20 ans, sans jamais prendre un billet d’avion pour faire coïncider rêves et réalité.

J’ai donc décidé de repartir à l’est du monde, vraiment très à l’est pour retrouver le Japon.
Cela a commencé par un trajet en train pour rejoindre Paris dimanche 10 juillet de cette année 2017 . Nous ne nous sommes pas trop attardés avec ma famille sur le quai à Poitiers pour nous dire au-revoir. Cela tient sans nul doute à mon origine pied-noir quand, à chaque fois que ma mère quittait ses sœurs à la fin des vacances où lors d’un séjour, elles se mettaient toutes à pleurer, tant l’exil de notre terre natale, l’Algérie leur pesait, car elles ne se résignaient pas au fond d’elles-mêmes à cette déchirure qui les avait tant fait souffrir.

Après une nuit passée à Paris chez des amis, me voici parti à l’aéroport Charles-de-Gaulle pour prendre un long courrier, destination Osaka au Japon via Hong Kong. Le départ est prévu à 13h10. C’est un long ballet d’oiseaux blancs au plumage coloré à l’effigie des compagnies qui offre aux voyageurs une chorégraphie dont je ne me lasse pas.

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L’envol, direction Osaka avec escale à Hong Kong.

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La nuit artificielle que les hôtesses de l’air vont bientôt nous procurer en nous faisant fermer les hublots, après une collation où je ne résiste pas à un verre de vin blanc qui fleure bon les plaisirs de la table, me plonge bientôt dans un sommeil où je navigue entre rêves d’Asie et ce que j’ai appris sur mes ancêtres grognards sous Napoléon, à savoir leurs longues marches, par tous les temps et sous le feu des canons, dans de très nombreuses batailles en Prusse, en Pologne et pendant la campagne de Russie. L’avion est plus confortable, plus rapide et surtout l’époque se prête moins aux instincts belliqueux, quoique l’actualité ne soit pas toujours très rassurante.

Le voyage permet de mieux se connaître, surtout lorsque l’on voyage seul ; c’est aussi le temps de la découverte des autres, de leur culture propre, de tout ce qui nous différencie d’eux et il est vraiment très réconfortant de rencontrer des façons différentes de penser, de poser les choses, d’envisager l’avenir. Pour moi, la pensée ne sera jamais unique.

Au réveil, c’est le temps d’accueillir ce nouveau continent, l’Asie, dont les premiers paysages m’enchantent. C’est aussi le moment de mettre sa montre à l’heure chinoise et un peu plus tard à celle du Japon (plus 7 heures par rapport à la France) ; et pour bien commencer la journée de prendre un petit déjeuner chinois que ma voisine, native de Chengdu, m’aide à choisir sur la carte que je déchiffre mal, ma connaissance de cette belle langue chinoise devant encore beaucoup progresser.

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Notre vol ayant environ une demi-heure de retard, je suis accueilli le lendemain 11 juillet à la descente d’avion à Hong Kong, « Port parfumé » en chinois,香 港 par une hôtesse très souriante qui me prend en charge pour rejoindre un autre avion afin de rejoindre Osaka. Je ne verrai que de très beaux paysages par un hublot de cette ancienne colonie britannique que la Chine a repris sous son drapeau voilà 20 ans sous le principe « Un pays, deux systèmes ».

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Autant il y avait beaucoup d’européens sur le vol Paris-Hong Kong, autant ils se font plus rares à destination d’Osaka et, quand je prendrai l’avion quelques heures plus tard après avoir atterri au Japon pour me rendre à Kagoshima, je serai le seul « Nez long », comme nous appellent les chinois.

Enfin, après un voyage de plus de 15 heures, notre avion se pose enfin à Osaka, je suis un peu fourbu mais pas tant que ça, tant la joie de me retrouver au Japon efface les marques de toute fatigue avec cet immense appétit de mieux comprendre ce pays, sa culture, son histoire, sa poésie des jardins et avant toute chose ses habitants.

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Gilbert SANSLAVILLE

Mardi 11 juillet 2017